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Quand les parlementaires rencontrent la science...

  • Posté le : Lundi 15 Février 2010
  • |
  • par : V. Sauvage

Chaque année, une cinquantaine de trinômes, composés d'un parlementaire, un académicien et un jeune chercheur, sont réunis par l'Académie des sciences. Objectif : échanger dans l'espoir de faire émerger un projet, une idée, pour promouvoir la science…

Académie des sciencesPromotion 2009 du jumelage organisés par l'Académie des sciences et l'OPECST.


© Académie des sciences

"Depuis le début de XXe siècle, l'image de la science s'est dégradée. Les citoyens ne sont plus certains que la science soit bénéfique pour l'humanité. Tchernobyl, le sang contaminé et tant d'autres ont crée méfiance et suspicion face à la science."

L'introduction du sénateur du Maine-et-Loire, Daniel Raoul, explique clairement le problème : science et société se boudent. Pour rompre cette relation néfaste, l’Académie des sciences (http://www.academie-sciences.fr/) propose à la société, au travers de ses parlementaires, de mieux connaître et comprendre la science ; et offre aux scientifiques une formation civique. Au dire des participants, si les scientifiques ont bien un défaut, c'est leur manque de communication, un savoir-faire qu’ils peuvent découvrir au contact des politiques. C’est donc grâce à un jumelage entre parlementaires, académiciens et chercheurs que l’institution, en duo avec l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques, a apporté sa pierre pour la troisième année consécutive.

L’Académie de la société

"À sa création en 1666, nous étions l'Académie du Roi, aujourd'hui nous sommes celle de la société et nous devons lui expliquer notre travail," informe Jean Salençon, président de l'Académie des sciences. D'où cette initiative, inspirée d’un exemple anglo-saxon, celui de la Royal Society qui, dès 2001, jumelait des membres de la Chambre des communes avec de jeunes chercheurs. Dominique Meyer, membre de l'Académie des sciences et initiatrice du projet en 2005 ajoute : "Notre seule modification a été d'inclure des académiciens à ces binômes."

Du côté des trinômes, le député de la Somme Olivier Jardé, l'académicien André Sentenac, et la jeune chercheuse Anne Peyroche, tout deux du CEA de Saclay, se réjouissent de ce jumelage. "Avec cette expérience j'ai pu mieux comprendre ce qu'est le métier de député, mais j'ai surtout l'impression que j'ai pu expliquer mes contraintes", témoigne Anne Peyroche. "Nous avons passé une journée au Parlement, une journée dans la circonscription d’Olivier Jardé, puis il est venu nous voir dans notre laboratoire." Tous les trinômes suivent cet agenda mais peuvent aussi organiser d’autres rendez-vous et rencontres. Le député de la Somme reprend : "J'aime à penser que nous avons créé une relation d'amitié que nous entretiendrons bien après la fin "officielle" de ce jumelage. En tant que rapporteur en charge du budget de la recherche, j'avais besoin d'avoir ce vécu. Un pays qui n'a pas de recherche est un pays qui n'a pas d'avenir, d'où l'importance de ce genre d'initiatives passionnantes."
 
"les scientifiques veulent de l'argent et les politiques des résultats"

Qu’ont donc apporté ces jumelages, outre la satisfaction personnelle des participants ? Tout d’abord un réseau, pierre angulaire pour mener à bien un projet. Un exemple : en septembre 2009, le député du Var, Jean-SébastienVialatte, peinait à entrer en contact avec des chercheurs américains de l'université de Stanford via les canaux officiels. Un coup de fil aux "jumelés" du CNRS et du Collège de France lui a permis de débloquer la situation. Ainsi, il a pu approfondir sa mission d'évaluation sur les recherches en matière de cellules souches. Son expérience a trouvé un prolongement au delà du trio.

En-dehors du "réseautage", l’expérience a permis de faire émerger des idées. Une réflexion commune à partir d’approches très différentes est souvent le gage d’une certaine fertilité. C’est ainsi que le trinôme essonnien de 2006, le député Pierre Lasbordes accompagné des scientifiques Alain Aspect, professeur de physique à l’École polytechnique, et Philippe Bouyer, collègue de l’Institut d’optique de Palaiseau, s’est attaché à la formation des jeunes chercheurs. Ils ont pris contact avec le Medef pour essayer de mieux valoriser les thèses dans le monde de l’entreprise. Quant au trio emporté par le sénateur des Alpes-Maritimes, c'est la possibilité d’obtenir le grand emprunt national pour leur laboratoire de géologie appliquée de l’École nationale des mines à Paris qui les a animés.

Claude Birraux, député de la Haute-Savoie et président de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) retire de cette expérience une vision, ce qui séparerait ces deux mondes : "les scientifiques veulent de l'argent et les politiques des résultats." Et de souligner de façon étonnante : "les jumelages, c'est comme les rave-party, l'important c'est l'after." Jean Salençon approuve et reformule "Nous n'avons plus qu'à attendre que les fruits de ces fleurs éclosent."

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