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QuinteSciences, la cerise sur le gâteau des TPE

Loin de l’esprit du bac, le concours QuinteSciences permet aux élèves de s’initier à la recherche, en se confrontant à un vrai jury d’experts.

L'électrophorèse, une expérience de physiqueLise, Alice et Sofia ont étudié les couleurs des ailes des papillons en utilisant l’électrophorèse, une expérience de physique.
© Luisa Doplicher/LookatSciences.

"Quand on commence à creuser un sujet, on ne s’arrête plus, tellement c’est intéressant ! " déclare Claire, élève de première au lycée international de Saint-Germain-en-Laye. Voilà exactement ce que les organisateurs de QuinteSciences aiment entendre. QuinteSciences est un concours, organisé chaque année par l’Académie de Versailles : il vise à récompenser les meilleurs Travaux personnels encadrés (TPE). Mis en place en 2000 par l’Education nationale, les TPE sont des projets de groupe obligatoires pour les élèves de première. Pour beaucoup, c’est l’occasion de s’essayer à une vraie expérience de laboratoire. Mercredi 11 mai, le cadre moderne et lumineux de l’université d’Evry a vu se dérouler la finale, à laquelle ont participé quatorze groupes de deux à quatre élèves provenant de divers lycées d’Ile-de-France. Devant deux jurys composés de professeurs, inspecteurs d’académie et chercheurs, les élèves ont présenté des projets aussi variés qu’originaux. Du cinéma en 3D au siège éjectable, du chaos aux couleurs des papillons, tous les domaines de la recherche étaient à l’honneur.

"Un vrai cheminement scientifique"

Expérience de modélisation d'une avalancheChloé et Lucine ont modélisé les avalanches par des couches de farine et de sucre glissant le long d’une pente recouverte de moquette.
© Luisa Doplicher/LookatSciences.

"Pendant les cours, ils sont passifs", constate Jacqueline Deliot, professeur au lycée Eliot d’Epinay-sous-Sénart. Elle accompagne Lise, Alice et Sofia venues présenter leur projet sur la couleur des papillons. Et de poursuivre : "Dans les TPE, ils ont l’initiative, ce qui est rare ! "  Car ce sont les étudiants eux-mêmes qui choisissent le sujet du TPE. Parfois sans anticiper que la réalisation de l’expérience entraînera de façon quasi certaine des difficultés ! "On a rencontré des problèmes tout au long de la route. On ne s’imaginait pas que ce serait aussi compliqué ! " confie Arthur, du lycée international de Saint-Germain-en-Laye. Avec Nelwen et Claire, ils ont travaillé sur la technique de cinéma 3D. Une fois la lumière revenue, après leur présentation, ils ont l’air presque étonnés que tout se soit aussi bien passé.
"Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas un très bon raisonnement logique" , commentent d’une seule voix Nofoume, Alban et Maxim, du lycée Newton de Clichy. Pour la première fois, ils ont intégré ce qui fait les enjeux d’un travail de recherche. "Nous avons abouti à un vrai cheminement scientifique", enchaîne Alban, enthousiaste, sans lâcher son saxophone, partie intégrante de la présentation. Les trois garçons ont réalisé en direct l’étude de l’acoustique d’une pièce. Pour se préparer, ils ont pu compter sur l’aide du nouveau conservatoire de Clichy.
D’autres groupes ont fait appel à des scientifiques rattachés à des universités ou à des centres de recherche. Chloé et Lucine, du lycée Saint-Hilaire d’Etampes, ont eu recours à l’aide d’un nivologue, un spécialiste de la neige, pour réaliser leur maquette des avalanches.
La présentation orale devant un jury de sept ou huit experts est l’aboutissement de tout ce travail. "Ce n’est pas comme à l’école, on ne peut rien dire de travers ! " confie Nelwen, qui semble toutefois avoir bien géré le stress de l’occasion. Les élèves ont dû affronter des questions souvent inattendues. Après la présentation de l’expérience, Lucine est presque énervée : "Ils ont tant insisté sur l’aérosol, c’est vrai qu’on a employé ce mot, mais notre objectif principal c’était les avalanches !".

"Ont-ils fait preuve de curiosité ? "

Le jury de QuinteSciencesLe jury est souvent amusé, toujours intéressé.
© Luisa Doplicher/LookatSciences.

L’ouverture d’esprit manifestée par les élèves, leur capacité à aller au-delà du sujet sont justement des points sur lesquels ils ont été évalués. "On voit que certains tendent plutôt à se borner à la résolution de problèmes pratiques", observe Pierre Garnier, chercheur en physique-chimie à l’université d’Evry et membre d’un des jurys. "Or l’intérêt des ces projets est d’amener les élèves à être curieux". "Et montrer qu’on peut faire de la science gaiement ! " renchérit Françoise Tabary, professeur au lycée Eliot d’Epinay-sous-Sénart. Je pense que ça marche vraiment bien pour encourager les élèves à entreprendre une carrière scientifique".
D’ailleurs, comme le précise le mathématicien Martin Andler, président de l’association de médiation scientifique Animath et membre d’un des jurys, "on ne veut pas que tous deviennent des chercheurs, mais on veut que tous aient un contact avec la science".

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