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Volcan Explor Action :
Aider à surveiller des volcans en colère

  • Posté le : Dimanche 1 Janvier 2006
  • |
  • par : L. Tanguy

Six membres de l’association Volcan-Explor-Action sont partis travailler pendant trois semaines au Pérou. Leur mission : améliorer la surveillance de deux volcans, le Misti et l’Ubina - tous deux situés près de centres urbains - et sensibiliser les populations aux risques d’éruption. Ils prévoient déjà d’y retourner.

Volcan UbinasLe strato-volcan Ubinas se trouve à une soixantaine de km à l’Est de la ville d’Arequipa au Pérou. Il se situe au fond d'une vallée où il domine le village d'Ubinas qui abrite près de 3 000 habitants. Il est avec le Misti, l’un des volcans les plus actifs du Pérou.
© D.R.

Elles étaient trois filles, Kathy, Laura et Marielle, à monter dans l'avion ce jour de septembre 2004. Moins d'une semaine après, les trois garçons, Geoffroy, Guillaume et Nicolas, leur emboîtaient le pas. Au total, six membres de l'association Volcan-Explor-Action (VEA) étaient en route pour une mission de trois semaines au Pérou.

Le Sud du Pérou est en effet parsemé de volcans actifs, dont sept particulièrement dangereux culminent à plus de 5 000 m d'altitude : le Misti, l'Ubinas, le Sabancaya, le Ticsani, le Tutupaca et le Yucamane, ainsi que le Huaynaputina, qui en 1600 a tué 1 500 personnes, ensevelissant 10 villages sous plusieurs mètres de cendres volcaniques. Actuellement, le Misti et l'Ubinas montrent des signes externes d'activité préoccupants. Or leurs cratères sont très proches de zones urbaines. Ainsi, dix-sept kilomètres seulement séparent le Misti du centre ville d'Arequipa, deuxième ville du pays, qui abrite 900 000 habitants.

En cas d'éruption, une catastrophe n'est pas probable mais certaine, comme cela est arrivé en 1985 en Colombie, quand l'éruption du Nevado del Ruiz a tué 23 000 personnes et laissé 6000 familles sans abri. Si ce volcan, pourtant visiblement « agité », avait été surveillé les pertes auraient probablement été moindres. « L'absence d'une surveillance systématique de volcans reconnus actifs, le manque d'une préparation des populations aux risques volcaniques, ainsi que l'inexistence de plan d'évacuation des habitants sont les causes de telles catastrophes humaines », explique Laure Benatti, membre de la mission de Volcan-Explor-Action, qui regroupe des passionnés de volcans (chercheurs en volcanologie, étudiants en géologie, en design…). Voilà pourquoi l'association a décidé de concentrer ses efforts sur les deux cas péruviens de « catastrophes annoncées ».

La mission, qui n'a pu voir le jour qu'après de longues années de recherche de partenariats financiers, a travaillé autour de trois axes. D'abord, l'étude et la surveillance volcanologique du Misti et de l'Ubinas, avec l'installation de stations d'études géophysiques aux sommets des deux géants volcaniques. Malheureusement, en 2004 la mission ne disposait pas encore de l'appareil qu'elle voulait installer et qui permet l'analyse chimique des eaux de sources, se révélant ainsi être un précieux indicateur de l'activité magmatique à l'intérieur du volcan. Toutefois, l'étude a eu lieu et a été menée en collaboration étroite avec l'Instituto Geofísico del Perù (IGP, Institut de Géophysique du Pérou) et ses étudiants. Cet institut, basé à Arequipa, est responsable de la surveillance des volcans au Pérou mais est peu financé.

Ensuite, l'équipe a planché sur la gestion des risques volcaniques. Pour cela, elle a organisé des "Journées de Sensibilisation aux Risques Volcaniques" au sein de l'Alliance Française d'Arequipa. Elle a ainsi posé les bases d'une cellule de gestion des risques volcaniques, en rassemblant pour la première fois les diverses autorités publiques compétentes locales. Les risques causés par le Misti et les actions prévues par l'association VEA durant la mission ont été présentés au public, venu en grand nombre.

Le troisième axe de travail est l'éducation aux dangers. Dans ce domaine, la mission a mis en place un "Centre de Sensibilisation aux Risques Volcaniques", inauguré en présence de 200 personnes venues le découvrir, à la mi-septembre. Durant les mois précédents la mission, des panneaux explicatifs sur diverses thématiques de la volcanologie avaient été mis au point par les étudiants de l'IGP, avec l'aide des membres de l'association VEA et de l'Osservatorio Vesuviano (Observatoire du Vésuve - Naples, Italie). Le célèbre volcanologue Tom Pfeiffer avait également fait don de 40 de ses plus belles photos de "volcans rouges". Tout cela a été rassemblé afin de créer une exposition permanente à Arequipa, accessible au grand public et aux scolaires (entrée gratuite), installée dans le musée archéologique "Sanctuarios Andinos", troisième lieu le plus visité de la région.

Par ailleurs, durant son séjour la mission multiplié les échanges entre des élèves péruviens et français. En association avec le rectorat de l'académie de Clermont-Ferrand (où est localisé le bureau de l'association) et de la société IBM France (qui a équipé les écoles hexagonales concernées), l'équipe a fait participer à sa mission des enfants français appartenant à trois collèges défavorisés de la région du Puy-de-Dôme. Toutes les semaines, les « missionnaires » étaient en contact avec une classe de chaque école par téléphone, ou en visioconférence via Internet. Sur place, de nombreuses actions auprès des scolaires péruviens ont été également été effectuées.

La mission a pris fin, mais le travail ne s'arrête pas là. L'association a enfin pu acquérir le précieux appareil d'analyse des eaux de pluies qui lui manquait en 2004. Elle prévoit de le mettre en service lors d'une prochaine mission, au cours de l'été 2006.

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