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Agnès Guillot, de la psychologie à la robotique

Psychophysiologue, Agnès Guillot travaille au sein d'un institut de robotique, entourée d'oiseaux virtuels volants, d'un robot-rat et d'un enfant humanoïde. Comme quoi tout peut arriver dans la vie d'un chercheur. On pourrait d'ailleurs raconter son histoire comme un conte. Il était une fois....

Agnes Guillot BioroboticienneAgnès Guillot, biorobticienne, en compagnie du robot rat Psikharpax.


© UPMC-ISIR

Il était une fois une lycéenne strasbourgeoise qui avait deux amours : les lettres et les sciences. Pour les concilier et suivre l'avis d'une conseillère d'orientation, elle s'engage dans une maîtrise en psychologie. Mais la dose de sciences dures, trop faible à son goût, l’a conduite à suivre en parallèle des cours de psychophysiologie afin de mieux comprendre les émotions à partir d’indicateurs physiologiques : rythme cardiaque, activité électrique cérébrale. Un domaine alors en vogue.

Finalement, son intérêt pour les animaux émerge lors de conférences d'éthologie dispensées par "un savant à l'ancienne". Quand celui-ci est muté à l'université de Nanterre pour créer la section de psychophysiologie, elle n'hésite pas et le suit. Elle réalisera sa thèse dans ce nouveau laboratoire. Sur quel sujet ? On lui a bien proposé d'étudier la communication chez les chimpanzés et les perroquets mais "on me demandait très sérieusement de les héberger dans ma cuisine," en rigole-t-elle encore. Elle se retrouve en fait le nez penché sur des souris blanches, passant parfois plus de onze heures d'affilée à noter leurs comportements.

Pour analyser les périodes d'activités et de repos de ses rongeurs, elle utilise des analyses comportementales reposant sur des statistiques et des modèles mathématiques. Des méthodes peu utilisées à la fin des années soixante-dix. D'ailleurs, elle soutiendra sa thèse en « biomathématiques ». Outre les mathématiques, elle s’intéresse à l'informatique, une nouvelle corde tendue à son arc.

Tous ses travaux, Agnès les réalise en collaboration avec son collègue Jean-Arcady Meyer. Prenant conscience que la robotique recoupe des sujets d’éthologie, ils sautent dans le train, déjà lancé aux États-Unis, de la robotique bioinspirée. Tournée vers la comparaison des animaux et des robots, cette discipline se base aussi bien sur les neurosciences, la psychologie, l’informatique que la robotique. L’essor des animaux artificiels pousse Jean-Arcady Meyer à créer une équipe de recherche qu’Agnès intègre aussitôt, abandonnant par la même ses modèles sur les souris.

Les voilà chefs de file en France et en Europe de la robotique bioinspirée. En 1990, ils organisent la première conférence internationale sur le sujet, puis fondent un journal scientifique. Mais tout n'est pas rose, surtout lorsqu’on traite un sujet qui exige une approche plurielle : "Même si le CNRS et les universités vantent la pluridisciplinarité, la réalité est toute autre. Avoir des financements et des postes est un combat de tous les jours," souligne-t-elle. Rattachée à l'université de Nanterre, elle y enseigne la biologie, "tentant de faire prendre conscience aux très nombreux étudiants l'importance de connaître le fonctionnement du cerveau pour comprendre la psychologie humaine."

Le reste du temps, on peut la trouver à l'Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR), au milieu de chercheurs venant de diverses disciplines : mécanique, électronique, robotique, neurosciences. Elle y coordonne la conception de son protégé : le robot-rat Psikharpax qu’elle souhaite "rendre (presque) aussi adaptatif que son modèle naturel." Avant de partir en retraite, d’ici trois ou quatre ans, elle espère que Psikharpax aura acquis un peu d'indépendance. Qui sait, tout peut arriver dans la vie d'un chercheur.

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