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Alfred Galichon, mathématicien de l'économie

  • Posté le : Mardi 26 Avril 2011
  • |
  • par : O. Donnars

Jeune enseignant à l'Ecole Polytechnique, il aime les défis mathématiques et scientifiques. Et le monde qui l'entoure.

AlfredGalichonAlfred Galichon, nominé en 2010 pour le prix du meilleur économiste français.
© Claude Estèbe

L’évènement qui vous a le plus marqué ?

La chute du mur de Berlin. A cette époque, j’avais 12 ans. Mes parents n’avaient pas la télévision mais je me souviens avoir écouté en boucle France Info sur mon poste de radio. Le bloc de l’Est s’effondrait et je me demandais ce qui allait se passer après cette période de guerre froide. Si la chute du rideau de fer allait être la fin des problèmes et si on allait enfin pouvoir vivre dans un monde harmonieux et unifié. Mon parcours d’économiste est peut-être lié à cela. Car depuis la chute du bloc soviétique, le monde est plus encore confronté à des problèmes autant économiques que géopolitiques. Les problèmes de stabilité financière, d’efficacité des marchés se posent de manière  plus forte aujourd’hui qu’avant la chute du rideau de fer.

Le lieu qui a beaucoup compté ?

C’est certainement l’Ecole Polytechnique. Et pour deux raisons. J’y ai d’abord vécu des années passionnantes comme étudiant. J’ai aimé son enseignement très pluriscientifique avec ses cours d’économie, de maths appliquées, de physique et de biologie. Cela permet de se faire assez vite un jugement sur un problème scientifique. Par la suite, je suis parti étudier à Harvard aux Etats-Unis. On m’a fait des offres intéressantes pour y rester. Mais j’avais envie de revenir travailler en France. A cette époque, il était question que l’Ecole Polytechnique se rapproche de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration. J’étais enthousiasmé par ce projet de fusion qui allait permettre de renforcer le pôle économie du campus. J’ai été recruté en 2007 à Polytechnique comme enseignant et je ne le regrette pas.

Les dates d’Alfred Galichon :

Alfred Galichon est professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique, spécialiste de la quantification des risques financiers. Il a été nominé pour le Prix 2010 du Meilleur jeune économiste français.

1997 : Entre comme étudiant à l’Ecole Polytechnique
2001 : Premier voyage en Chine (Pékin, Shanghai, Hong Kong)
2003 : Départ pour Harvard aux Etats-Unis pour suivre une thèse en économie
2009 : Rencontre d’Audrey, sa compagne
2010 : Professeur invité à l’université de Chicago.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

C’est un stylo plume que m’ont offert mes parents quand j’étais adolescent. Il n’a rien de luxueux ni d’exceptionnel mais j’ai appris à l’aimer avec le temps. Il m’a accompagné tout le long de mes études et on a bossé ensemble ! Comme tous les objets du quotidien, je trouve qu’il se bonifie en vieillissant. J’aime beaucoup écrire avec lui et je suis triste quand je ne m’en sers pas. Sans lui, je ne sais pas ce que j’aurais écrit. J’ai l’impression d’écrire des choses plus intelligentes qu’avec un stylo à bille. Avec lui, ma pensée chemine plus facilement. Je rature, je relie les idées, je reviens en arrière. C’est toute la magie du stylo plume que de pouvoir faire cela.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

Sans aucun doute, La recherche du temps perdu de Marcel Proust. Son univers est vraiment un monde passionnant. Il a su décrire avec beaucoup d’acuité toutes les finesses de la vie réelle. Ce sont des choses intemporelles, des petits travers, des petites particularités chez les gens. C’est merveilleux de lire Proust parce que ses personnages me font immédiatement penser à quelqu’un que je connais. Et parfois quand je rencontre une personne, elle peut me faire songer à un des personnages de ses romans.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Le mathématicien Ivar Ekeland auprès de qui j’ai passé mon habilitation à diriger des recherches. Je connaissais ses merveilleux ouvrages de vulgarisation des maths et d’économie qui sont pour moi des classiques. Mais je n’imaginais pas un jour le rencontrer. Cela a eu lieu alors que je cherchais à répondre à une question en économie faisant appel à un problème mathématique sur lequel il a beaucoup travaillé. Je l’ai contacté par email et il a aimé discuter d’économie. Et depuis, nous collaborons. C’est quelqu’un de très curieux qui aime les belles questions et les beaux problèmes. Pour lui, il n’y a pas de barrière entre les disciplines, ce qui lui évite d’être dogmatique. Et c’est ce que j’ai aimé chez lui. Car il est toujours bon d’avoir différents éclairages sur une question.

Votre passion en dehors du travail ?

J’adore voyager. J’aime aussi bien découvrir une région de France qu’un pays très éloigné du nôtre comme la Chine que j’ai adorée. J’ai trouvé Pékin fantastique avec ses vieux quartiers, les hutongs, où on pouvait se balader à vélo avant qu’ils ne soient en partie détruits pour les Jeux Olympiques de 2008. Je prépare un peu mon voyage pour ne rien rater d’intéressant. Mais je laisse aussi la place à la découverte, à l’inattendu, à l’aventure. Pour moi, les voyages, c’est un peu comme la recherche. Il faut un peu savoir ce qu’on cherche mais pas trop non plus. Sinon, il n’y aurait pas besoin de partir pour découvrir une autre culture !

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