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Antonio Tejeda, du soleil de Madrid à SOLEIL en Essonne

  • Posté le : Lundi 31 Janvier 2011
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  • par : J. Braly

Chercheur associé sur la ligne de lumière Cassiopée du Synchrotron SOLEIL de Gif-sur-Yvette, ce scientifique franco-espagnol traque les matériaux du futur.

Antonio TejedaAprès une thèse au CEA de Saclay en 1999, Antonio Tejeda décide de rester en France.
© Jean-Philippe Braly/LookatSciences.

L’évènement qui vous a le plus marqué ?

Mon arrivée d’Espagne pour effectuer ma thèse au CEA de Saclay en 1999. Jusqu’en 2003, j’y ai étudié le carbure de silicium, un matériau très intéressant pour l’électronique de haute puissance. Il est par exemple capable de supporter des conditions hostiles telles que celles des centrales nucléaires ou de l’espace. Grâce à une technique proche de celle aujourd’hui utilisée sur la ligne de lumière Cassiopée du synchrotron Soleil, nous avons réussi à résoudre une controverse sur la manière dont se disposent les atomes à sa surface. Cet événement a changé ma vie. Il m’a permis d’enchaîner sur une carrière dans l’Hexagone… et de rencontrer une jeune française devenue ma femme, et avec qui j’ai aujourd’hui quatre enfants !

Les 7 dates d’Antonio Tejeda

Avec des confrères français et américains, Antonio Tejeda a récemment démontré qu’un graphène multicouches produit à base de carbure de silicium possède des propriétés électroniques équivalentes à celle d'un feuillet unique de ce matériau, condition nécessaire pour le développement de composés électroniques à base de carbone. Un résultat obtenu par la technique de photoémission de la ligne Cassiopée.

4 novembre 1975 : Naissance à Madrid

1993-1998 : Etudes de physique à l’Université Autonome de Madrid

Octobre 2003 : Thèse européenne sur la structure de surface du carbure de silicium étudiée au CEA de Saclay

2003 -2008 : Etudie les nanostructures auto-organisées dans les laboratoires parisiens "Groupe de Physique des Solides", puis "Matériaux et phénomènes quantiques"

2006 : co-découvre et explique pourquoi le germanium recouvert d’atomes d’étain devient isolant sous une certaine température

Depuis septembre 2008 : Chargé de recherche 1ère classe CNRS à l’Institut Jean Lamour de Nancy et chercheur associé sur Cassiopée

2009 : co-découvre certaines propriétés électroniques d’un graphène multicouches

Un lieu qui a beaucoup compté ?

Le laboratoire d’optique de l’Université Autonome de Madrid dans lequel je passais la plupart de mes après-midis, notamment durant mes deux dernières années d’études en Espagne. On y travaillait sur des matériaux capables de guider les ondes lumineuses, tels ceux aujourd’hui couramment utilisés dans les fibres optiques pour transférer des données. Mon passage dans ces murs fut très formateur et m’a donné le goût de la recherche. En outre, ces travaux m’ont permis de participer à une publication scientifique alors que je n’avais que 22 ans. Ceci a fortement joué dans l’obtention d’une bourse d’études pour ma thèse. Sans cette dernière, je n’aurais pas poursuivi dans cette voie car je ne voulais pas être à la charge de mes parents. Je me serais probablement tourné vers l’informatique ou l’enseignement.

L’objet qui ne vous quitte pas ?

A Soleil, certains de mes collègues me taquinent souvent à propos de mon petit agenda noir à l’ancienne sur lequel je note tout : rendez-vous, différents objectifs fixés pour la journée, tâches à accomplir sur Cassiopée… A l’heure des smartphones et autres applications électroniques, je préfère encore la simplicité de cette méthode qui demande moins d’efforts ! C’est pour moi une manière d’être sûr que les choses avancent, même si je gomme un certain nombre d’annotations tous les soirs pour les reporter au lendemain… En outre, je n’aime pas lire sur un écran et j’aime gribouiller !

Une personne qui a beaucoup compté ?

José Vicente, mon professeur de maths et de physique en dernière année de collège. Ses explications étaient limpides, ses raisonnements très logiques, c’était un excellent pédagogue… mais très exigeant. Alors que certains élèves bloquent devant ces matières, voire les craignent, il m’a donné des bases solides, une certaine aisance et le goût de ces deux disciplines. A l’entrée à l’université, j’aurais pu me tourner vers les télécommunications, très en vogue à l’époque. Si j’ai choisi la physique et que j’ai été tenté par le métier de professeur, c’est en partie grâce à lui. Aujourd’hui, je consacre un peu de mon temps à l’enseignement, et j’essaie d’être aussi clair que lui durant mes cours !

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

Je choisirais peut-être Don Quichotte de Miguel de Cervantès, véritable chef d’œuvre de la littérature espagnole. J’aime autant la manière dont il est écrit que le contenu du récit. En outre, il est long à lire, passionnant et drôle. Mais une île déserte est aussi une occasion rêvée d’étudier les étoiles : j’hésiterais donc avec un livre d’astronomie décrivant les constellations. En outre, cela me rappellerait mes soirées d'enfance quand j’observais les anneaux de Saturne au télescope avec mon frère.

Votre passion en dehors du travail ?

Salsa, rock, flamenco… j’ai pris beaucoup de cours de danse. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai rencontré ma femme. A une époque, nous y allions quatre fois par semaine. Puis avec l’arrivée des enfants, nous avons dû réduire le rythme, mais nous avons tout de même continué le flamenco jusqu’à la naissance du troisième ! Je me suis également remis au karaté, avec là encore un professeur très pédagogue, exigeant et de très haut niveau. A chaque leçon, il réussit à nous surprendre en nous apprenant quelque chose de nouveau.

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