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Brigitte Grau, l'informatique avec le sourire

  • Posté le : Lundi 28 Mai 2007
  • |
  • par : X. Muller

Brigitte Grau manque parfois sa sortie d’autoroute en se rendant à Orsay au Limsi (Laboratoire d'informatique pour la mécanique et les sciences de l'ingénieur). La faute aux problèmes que pose le traitement informatisé de la langue, sur lesquels cette chercheuse cogite tout au long des quarante-cinq minutes que dure le trajet

Portrait de Brigitte Grau© Pierre Durand / Limsi

Le désamour de la gent féminine pour l'informatique, elle le connaît bien, elle qui porte également la casquette d'enseignante à l'ENSIIE (École nationale supérieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise). Là-bas, à peine dix pour cent des élèves sont des filles. Mais quand on lui parle de la prétendue austérité de l'informatique, elle rigole doucement : "Je ne vois pas cet aspect austère. L'informatique n'est pas technique tant qu'on ne travaille pas dans certains champs du système ou des réseaux. Il existe énormément d'autres domaines d'applications comme les finances, la réalité virtuelle et le traitement d'image, en médecine, en biologie ou en communication, etc.." Bref, l'informatique serait une petite cachottière qui dissimulerait sous des atours stricts des dessous affriolants.

Son béguin pour les "zéro" et les "un" s'est exprimé sur le tard, à la fin de ses études. Issue d'une famille d'ouvriers, elle a d'abord cherché à attraper ce fameux "ascenseur social". "Ma famille me regardait comme une extra-terrestre, plus parce que je suivais des études supérieures que parce je faisais de l'informatique", se souvient-elle. Après deux ans d'IUT, elle suivra donc l'enseignement de l'Institut d'informatique d'entreprise (l'IIE, future ENSIIE), avant d'avoir véritablement le déclic en DEA d'intelligence artificielle, où l'informatique lui dévoile la palette de ses saveurs : "Cela me semblait magique de faire faire autre chose à une machine que du calcul. En particulier du traitement automatique de la langue. J'aime la langue, jouer avec les mots." Suivra une thèse sur la compréhension automatique de textes, obtenue en 1983 à l'université Paris 6, domaine dans lequel s'inscrira par la suite sa carrière.

Comment rétablir la balance hommes-femmes dans sa discipline ? Brigitte Grau souhaiterait d'abord qu'on rende l'apprentissage moins technique : "On n'est pas obligé de tout connaître sur le fonctionnement d'une machine pour l'utiliser." Et surtout qu'on familiarise tôt les élèves avec la discipline. "C'est au niveau du collège et du lycée qu'il faudrait plus communiquer sur les voies offertes par l'informatique."

Et la chercheuse de regretter que lorsque son garçon et sa fille étaient élèves de section S, ils n'aient reçu aucune information en la matière. Au fait, que font ses enfants maintenant ? Rebutée par l'image du hacker rivé jour et nuit à son clavier, la cadette s'oriente vers la chimie, une spécialité où les femmes sont plus présentes que dans les autres matières scientifiques ; l'aîné, lui, est aussi dans une école d'ingénieur où il fait de… l'informatique. La passion de la mère n'a pas suffi à casser les clichés...


Références :
- Méthodes avancées pour les systèmes de recherche d'information, Direction Madjid Lhadjadène, Hermes Sciences Publication, 2004. Brigitte Grau : chap. 10, Systèmes de question-réponse, pp. 189-218.
- "Répondre à des questions", numéro spécial de la revue TAL (ATALA). Direction : Brigitte Grau, Bernardo Magnini, Volume 46 Numéro 3, mai 2007.

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