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David Vivanco, abolitionniste des frontières spatiales

  • Posté le : Lundi 18 Juin 2007
  • |
  • par : P. de Brem

Consultant au département des stratégies de l’ESA, l’Agence spatiale européenne, David Vivanco appartient à cette classe d’ingénieurs qui prépare le nouvel âge spatial, supposé démocratiser l’accès à la banlieue de la Terre. Quand les pionniers de l’espace parlaient carburant liquide et échangeur thermique, lui pense études de marché et simulations économiques. Spécialiste de ces dernières, il teste sur ordinateur la viabilité financière de nouveaux marchés brigués par les lanceurs Ariane.

Portrait de David Vivanco© David Vivanco

"J'aimerais que l'espace ne reste pas une frontière, explique le jeune ingénieur, que l'homme ne soit pas cloisonné à la Terre. L'accès commercial est un début". Le parcours de cet Espagnol né en 1979 est à l'image de sa vision de l'espace, sans limite géographique. Enfance sur les îles Canaries, études à l'École des mines de Madrid, puis départ aux États-Unis à la prestigieuse Colorado School of Mines. Paradoxalement, c'est en se perfectionnant dans les techniques d'exploitation minière que son simple goût pour l'espace (comme des milliers d'astronomes amateurs et professionnels, il a été initié adolescent à la beauté du ciel par les romans de Carl Sagan et les essais de Stephen Hawkins va devenir son métier. "Là-bas, il y avait un département qui étudiait la possibilité de prospecter des minéraux sur la Lune, raconte-t-il. J'y suis resté un an."

L'idée d'exploiter l'espace et plus seulement de l'explorer le fascine. Du coup, il vient suivre un master d'études spatiales à l'université internationale de l'espace de Strasbourg. Puis, il repart outre-Atlantique pour travailler notamment auprès de la Fondation X Prize , organisatrice du concours récompensant la première société qui maîtriserait les vols suborbitaux habités. Il aura d'ailleurs l'occasion d'approcher SpaceShipOne, l'avion avec lequel ScaledComposites a remporté le prix, et d'éprouver le sentiment très vif de toucher le futur du vol spatial : "SpaceShipOne est très moderne mais, à cause de sa petite taille et de son aspect rudimentaire, il ressemble plutôt à un avion de la Première Guerre mondiale. Pourtant, c'est l'avenir. Personne n'aura l'équivalent d'Ariane 5 quand il s'agira de faire le tour de la Terre avec un véhicule personnel."

Et lui, au fait, sortirait-il de son bureau d'étude pour monter à bord d'un vol spatial ? Pas pour l'instant. Ce baryton qui pousse les vocalises dans une chorale gospel préfère les montées de notes à celles d'adrénaline. "Je ne connais personne travaillant dans l'astronomie ou l'aérospatiale qui ne fasse cela parce que voyager dans l'espace, c'est cool. Ce n'est pas la finalité". Et qu'elle est donc cette finalité ? "L'humanité a aujourd'hui des problèmes auxquels il faut apporter des solutions globales. Or l'espace est par nature global. Il peut permettre aux gens de s'extraire des conflits locaux et de voir les choses d'en haut. Je sais que c'est utopique, mais on observe la même solidarité émerger dans la lutte contre des catastrophes mondiales, tel le réchauffement climatique". Manifestement, garder les yeux tournés vers les étoiles rend optimiste !

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