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Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel

Cet enseignant de français vit la science des étoiles comme une seconde nature.

Portrait de Didier LabilleEntre deux activités, Didier Labille prend la pause pour une photo. Rapidement.
© Mélanie Chaluleau

L'événement qui vous a le plus marqué ?

La naissance de ma petite fille le 15 février 2009. C’est la chair de ma chair. Sans ma famille, je n’aurais pas fait tout ce que j’ai fait : l’association Arts et Liens, le festival d’astronomie, les cafés sciences... A l’époque, c’est ma femme qui m’a donné le courage nécessaire pour aller travailler dans l’éducation nationale et suivre en parallèle des cours à la faculté.

Le lieu qui a beaucoup compté ?

Le collège Léon Jouhaux de Livry-Gargan où j’enseigne. C’est mon univers professionnel. Je m’y sens comme chez moi. Je suis professeur de français depuis trente ans et cela fait vingt-trois ans que j’y travaille. La transmission des savoirs est quelque chose de très important pour moi. J’ai bon espoir qu’un jour on pourra enfin parler d’astronomie à l’école. J’aimerais que soit créé un  brevet d’initiation à l’astronomie (BIAS) validé en fin d'école primaire (niveau 1) et en fin de 3ème (niveau 2). Plus vite les enfants découvriront l’astronomie, plus vite ils se préoccuperont de la planète. Un exemple concret : la pollution lumineuse. Il devient de plus en plus difficile d’observer les astres à cause de la lumière des villes.

Votre passion en dehors du travail ?

La passion de l’astronomie lui vient de son oncle Robert Chemin, découvreur de l’astéroïde Toutatis, avec Jean-Louis Heudier et Christian Pollas. A la mort de ce dernier, il décide de se lancer dans l’organisation de cafés-philo version astronomie : les B’Arts Sciences. L’année dernière, il a mis en place le premier festival d’astronomie de Livry-Gargan.

Les cinq dates clefs :
1953 : naissance à Pavillons-sous-Bois (Seine-St-Denis)
1974 : mariage avec Brigitte
2005 : création de l’association Arts et Liens et premier bar des sciences
2010 : lancement du festival Astrolivry avec des rencontres, expositions autour de l’astronomie et un voyage en Arménie
2011 : visite de l’observatoire de Byurakan en Arménie

L’association Arts et Liens que je préside depuis 2005. Le but est de multiplier les échanges entre personnes, mais aussi entre les disciplines. Je suis suivi par les passionnés de science, d’astronomie. Cela me pousse à continuer. J’ai deux autres passions : la grammaire et les échecs. Cet été, je vais créer une douzaine de jeux d’échecs pour apprendre aux enfants... la grammaire. Les pions seront remplacés par des prépositions pour les tours, des conjonctions de coordination pour les fous, des pronoms pour les cavaliers, des verbes pour le roi et la reine. Les pions sont positionnés sur le jeu d’échec. Les élèves doivent ensuite résoudre le problème d’échec et de grammaire.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

Mon ordinateur. Je l’utilise pour gérer l’association, les contacts... Je ne suis pas fétichiste : quand je suis avec ma femme, je le mets de côté. Mais quand je suis seul, je passe des heures dessus ! Pour chercher des idées pour fabriquer des marionnettes qui servent à enseigner Mamie Grammaire (http://d.labille.free.fr/), créer des sites Internet. J’en ai fait un pour le festival d’astronomie (http://festivalastrolivry.free.fr). Je mets en ligne aussi des comptes-rendus des conférences scientifiques avec des textes et des photos. J’adore tout ce qui touche à la technologie.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

Forcément un Victor Hugo. Probablement L’homme qui rit ou Quatre-vingt-treize. C’est le seul auteur que je lis sans oser penser à autre chose. Quand je me plonge dans un livre, en général au bout de cinquante pages je cogite sur l’association, sur tel et tel projet… Pas avec Victor Hugo. Le premier chapitre de Quatre-vingt-treize est un jeu de piste fabuleux. Un jour, un élève m’a dit : « A quoi ça sert la littérature ? » Je suis désemparé face à ce genre de question.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Daniel Duprez. Ce fût mon maître orthographe. Il était professeur à la MAFPEN (NdR : Mission Académique à la Formation des Personnels de l'Éducation Nationale). C’était un spécialiste de la grammaire et il écrivait des livres pour les éditions Nathan. C’est lui qui a inventé la méthode des lettres qui montent et qui descendent. Mon fils l’a utilisée à l’école. Grâce à Daniel Duprez, j’ai inventé Mamie Grammaire, une façon ludique d’enseigner la grammaire. Quand je l’ai rencontré, il y a quinze ans, j’avais peur de vieillir. Je me disais qu’un vieux de 60 ans qui plaisante passe pour un con. Il m’a démontré le contraire : on peut vieillir en restant jeune d’esprit.

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