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Eric Venturi, à la tête d'une porcherie expérimentale

Après un BEP agricole et huit ans dans une exploitation porcine, Éric a intégré l'INRA comme animalier. Aujourd'hui chef d'élevage, il met en œuvre les protocoles expérimentaux d'une dizaine de chercheurs.

Portrait Eric Venturi© INRA / Gilles Vasseur-Delaitre

En 2009, Éric Venturi va fêter ses 20 ans à l'Institut national de la recherche agronomique. Vingt ans qu’il s'occupe de la conduite d'une porcherie expérimentale, d'abord comme simple agent, aujourd'hui comme responsable d'installation. Autant vous dire qu'Éric connaît pratiquement tout sur les cochons domestiques.

Pourtant, rien ne prédisposait cet essonnien à diriger un élevage. Si ce n’est que petit, déjà, il rêvait de travailler avec les animaux. Ses parents ont d'ailleurs voulu l'en dissuader en l'envoyant à 13 ans passer des vacances chez sa marraine agricultrice dans le Finistère. Il en revient enthousiasmé. Face à son obstination, ses parents acceptent qu'il parte en internat pour réaliser un BEP agricole.
    
Diplôme en poche, il passe une annonce pour proposer ses services en tant que vacher ou porcher. Il reçoit une dizaine de réponses et choisit une grosse exploitation porcine de Bretagne. Il y passe huit ans, travaillant plus de 70h par semaine. À 27 ans, conscient qu'il ne peut continuer ainsi toute sa vie, il tourne son regard vers d’autres horizons. Il postule à l'Inra, où sans aucune connaissance scientifique au départ, il va tout apprendre sur le tas. Désormais, les chercheurs se reposent sur ses savoirs pour mettre en place leurs protocoles.

L'Inra de Tours où il travaille est l'un des plus grands pôles mondiaux de recherche sur les animaux d'élevage. Dédié aux études sur la reproduction, le troupeau d'Éric est constitué de 65 truies reproductrices, soit environ 550 têtes. Son travail correspond en partie à celui qu'il effectuait dans l'exploitation privée : aider aux mises-bas, sevrer les porcelets, nettoyer et désinfecter les salles, vacciner les animaux... Et le week-end, en rotation avec les trois autres animaliers, venir nourrir les bêtes. Il réalise tous ses travaux avec le souci "de fournir aux chercheurs des animaux homogènes et fiables d'un point de vue sanitaire et physiologique."

Le plus de son travail à l'Inra, c'est évidemment l'intérêt scientifique, la collaboration avec les chercheurs. En 2008, il a mis en œuvre 35 protocoles expérimentaux. Actuellement, il tente par exemple de mettre au point une technique pour introduire des embryons dans les cornes utérines des truies receveuses, sans passage par le bloc opératoire. Pas facile, lorsqu'on sait qu'une corne de truie est fragile et peut faire 3 m de long !

Une de ses premières tâches est l’étude de faisabilité pour déterminer si le nombre d'animaux souhaités est compatible avec le nombre de places disponibles. Il planifie ensuite le travail des animaliers et crée les fichiers pour la saisie des données, consultables en réseau par les chercheurs. Plus de la moitié de son cheptel est consacré à la mise au point d'une méthode de cryo-conservation des embryons de porc. Pour cela, il surveille la puberté des jeunes femelles et participe à leur insémination. "Cette technologie permettra de conserver les ressources génétiques et garantira une plus grande sécurité sanitaire dans les échanges internationaux basés aujourd'hui sur le transport d’animaux vivants", explique Eric.

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