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Erwan Amice, assister les chercheurs sous l'eau

Technicien plongeur au CNRS, Erwan Amice assiste les chercheurs en écologie marine dans leurs expériences marines en Bretagne, mais aussi dans les eaux glacées de l'Antarctique.

Erwan AmiceErwan Amice, technicien plongeur au CNRS.
© Laurent Chauvaud / CNRS

Ramasser des pétoncles au pôle Sud (à lire, Les coquillages indics des océans), des plantes marines aux Glénans, carotter les sédiments de rivières bretonnes, mettre en place des sondes à température à 30 m de profondeur. Voici un échantillon des missions réalisées ces derniers mois par Erwan Amice, technicien plongeur à l’Institut universitaire européen de la mer de Brest (IUEM).

Pour repérer sans se tromper les individus à prélever ou à étudier, Erwan se base sur les cours de systématique qu'il a suivis en Deug de biologie, mais surtout sur la grande connaissance qu'il a du milieu marin. Une seconde nature pour cet enfant de Belle-Île-en-Mer et ce plongeur passionné. Dans tous les cas, Erwan est rarement seul lorsqu'il met la tête sous l'eau : un chercheur est généralement à ses côtés, en palmes et bouteilles.
 
À chaque nouvelle mission, Erwan cogite avec des écologues sur les dispositifs expérimentaux afin de les adapter au mieux à l'immersion. "J'essaye aussi d'améliorer le matériel existant, comme les enceintes benthiques, des sortes de cloches dans lesquelles on isole des mollusques pour mesurer leur respiration. Elles sont maintenant plus étanches et plus faciles à transporter," souligne-t-il. Pour ce faire, Erwan travaille avec des artisans de la région, ou s'arme parfois d'un fer à souder.

En tant que responsable du service plongée de l’IUEM et chef de plongée scientifique, il est également en charge de la logistique préparatoire des missions : vérifier le matériel, organiser son transport, commander de nouveaux équipements. Quand on plonge au pôle Sud, dans une eau à -1 °C, mieux vaut en effet être bien équipé !

Avant d'assister les chercheurs sous l'eau, Erwan a sillonné les mers, multiplié les ports d'attaches, les formations et les métiers. Après son baccalauréat, il commence un Deug biologie à Brest. On est en 1992. "Mais faire des études longues, ce n'était vraiment pas pour moi," confesse-t-il. Il s'engage alors dans la Marine Nationale  en tant que timonier. Puis il se reconvertit au métier de plongeur démineur, avant de quitter la Marine et de travailler dans les travaux publics sous-marins, notamment dans le cadre de l'agrandissement du port du Havre. Esprit insatiable, il suit en 2001 une formation lui permettant de commander une petite équipe de bateaux et passe son brevet d'officier chef de quart. La même année, un ami l'informe de l'ouverture d'un poste de technicien au CNRS, avec un profil plongeur. Il se porte candidat, passe les concours, est recruté.

En France, ils seraient aujourd'hui entre 20 et 30 à faire un tel métier, sous la houlette d'universités, du CNRS, de l'Ifremer  ou de l'IRD dans des lieux comme la station biologique de Roscoff, l'observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer ou encore le centre d'océanologie de Marseille.

Un de ses meilleurs souvenirs ? Les plongées en Antarctique dans le cadre des missions Macarbi. "Ma première plongée a été un vrai choc. Sous la glace, c'est magique, surprenant et plein de la vie. Il y a beaucoup d'invertébrés jaunes, pourpres, ocres... Et en même temps, on se sent tout petit. Le milieu est tellement agressif, avec des bruits d'explosions dus aux chocs des icebergs," raconte-t-il. Une expérience hors du temps qui l'a marqué. Cela tombe bien, une nouvelle mission l'attend cet été, de l'autre côté du globe, dans l'océan Arctique aux Spitzberg. Objectif : créer un observatoire sentinelle pour étudier comment les espèces marines s'adapteront aux changements climatiques.

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