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Florence Ollivet-Courtois : la passion de l’animal

Seule vétérinaire libérale française à exercer exclusivement sur la faune sauvage, cette essonienne est la quatrième d’une longue lignée de vétérinaires.

Portrait de Florence Ollivet-Courtois© Editions Belin

L’évènement qui vous a le plus marqué ?

C’est compliqué d’isoler un seul événement. Je me souviens d’une blessure physique qui m’a particulièrement marquée. Un rhinocéros, que je perfusais pour un traumatisme s’est un peu trop vite remis de son anesthésie, et s’est appuyé sur mes genoux à ce moment-là. Sinon, dans un registre moins douloureux physiquement, j’ai été très affectée par la mort, en 1997, de Siam, un éléphant d’Asie du zoo de Vincennes. C’était un vieux loulou de 52 ans qui avait bien vécu sa vie. Mais nous avons été contraints de l’euthanasier après une infection des pieds. 8 tonnes c’est une présence énorme, et un gros deuil à vivre pour un zoo.

Le lieu qui a beaucoup compté ?

La salle de consultation de mon père. J’étais tout le temps fourrée dans son cabinet vétérinaire quand j’étais enfant. Petite je n’avais que les escaliers à descendre pour passer de la chambre que je partageais avec mon frère au domaine vétérinaire. A droite, il y avait, et il y a toujours d’ailleurs, le cabinet de chirurgie et de radiologie. Le premier installé par mon arrière-grand-père et le second par mon grand-père. A gauche, se trouve le cabinet de mon père qui donne sur une salle de soins et, juste derrière, la salle d’attente. Chaque soir, en rentrant de l’école, j’allais l’aider au cabinet. Pendant qu’il travaillait à son bureau, je m’installais comme lui à une toute petite tablette, et très tôt, il m’a associée aux consultations. Et voilà comment je me suis retrouvée dans les bras d’un chimpanzé et j’ai assisté à des interventions sur les panthères. Je trouvais tout cela très naturel. Je suis la quatrième d’une longue lignée de vétérinaires et mon père a contribué à la naissance de ma vocation.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

Mon alliance. J’ai rencontré mon mari, qui est pompier animalier, lors du sauvetage d’un éléphant. Nous avons remis l’animal sur pieds. C’était notre premier relevage d’éléphant et ça nous a beaucoup rapproché ! Du coup, le nom de cet éléphant, Kuala, est gravé dans mon alliance.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

Ce ne serait pas le livre que je viens d’écrire car il est trop rapide à lire ! (1) Je ne suis pas une adepte de grande littérature. Lorsque je lis, ce sont plutôt des ouvrages en rapport avec mon métier. Donc je ne partirais pas sur une île déserte sans le Merck Veterinary Manual. La bible du vétérinaire. Il donne accès à la procédure de soin de n’importe quel animal.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Beaucoup de personnes contribuent à faire ce que l’on est. La génétique des mes arrières grands-parents participe à ce que je suis aujourd’hui. Mais mon mentor Lucy Spelman m’a permis d’être la vétérinaire que je suis aujourd'hui. Après mes études à l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort, je suis entrée en tant que stagiaire au zoo de Vincennes, où j’ai finalement été embauchée. Le zoo de Thoiry pour lequel je travaillais aussi, m’a envoyée aux Etats-Unis pour me former à l’accueil des dragons de Komodo. C’est là-bas que j’ai fait la rencontre de Lucy Spelman, directrice du zoo de Washington. Elle m’a véritablement formée aux soins de la faune sauvage.  Aujourd’hui 90 % des animaux que je soigne sont non-domestiques ou domestiques et mal commodes, comme les dromadaires et les chameaux. Excepté mon chien et quelques vaches, je traite énormément de mégaherbivores, à l’instar de l’éléphant. Mais il m’arrive aussi de soigner des tigres, des lions. Bref, toutes les espèces d’animaux que l’on peut trouver dans un parc zoologique. 

Votre passion en dehors du travail ?

Je manque de temps mais j’ai la chance d’exercer un métier-passion. Quand j’ai du temps libre, je vais visiter des zoos ! Je suis aussi commandant du groupe animalier des pompiers de l’Essonne. J’interviens sur tout le département dès qu’il y a un problème lié à un animal ou qui porte sur un chien pompier. Plus globalement dans le cadre de mon métier, je suis sollicitée par des zoos et des parcs naturels des quatre coins de la France. Je n’ai pas de journée type même si depuis quelques temps, à cause d’un changement de réglementation sur le nombre de daims qui peuvent être détenus par des particuliers, j’ai beaucoup d'opérations de stérilisations ou de transferts à assurer. Avec tout ça, je n’ai pas le temps d’avoir 25 passions !

 

(1) Florence Ollivet-Courtois, Un éléphant dans ma salle d’attente, Belin, 2012.

Les 5 dates de Florence Ollivet-Courtois :

1971 : naissance à Neuilly-sur-Marne (93)
1992 : entrée à l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort
1996 : entrée au zoo de Vincennes
1997 : premier stage au zoo de Washington
2004 : début de sa carrière de vétérinaire libérale

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