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Gabor Gyapay : généticien au service de l’Homme

Chef de laboratoire des ressources génomiques au Genoscope d’Evry, Gabor Gyapay a pris part au décryptage du génome humain en 2001.

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L’évènement qui vous a le plus marqué ?

Ma naissance en Hongrie ! Plus sérieusement, j’ai quitté mon pays natal pour la France en 1989. J’ai intégré le Généthon, qui héberge le laboratoire de l’Association française contre les myopathies à Evry en 1990. C’était au moment de la 4e édition du Téléthon. Quand je suis arrivé, j’étais entouré de personnes atteintes de myopathie qui pour la plupart travaillaient dans ce centre de recherche tout comme moi. Ce qui m’a beaucoup impressionné chez ces malades, c’est qu’ils sentent que leur avenir est limité mais qu’ils essaient malgré tout de vivre une vie complète. Cette ambiguïté m’a énormément marqué. Je me souviens notamment d’Akli, un jeune algérien. Je crois que c’est l’un des meilleurs standardistes que j’ai connu. Il pouvait à peine bouger ses doigts mais il était toujours souriant et aussi très efficace. Mais lorsque l’alarme incendie retentissait parfois, je me rendais bien compte à quel point ces travailleurs handicapés avaient besoin d’aide. Lorsque l’on vit avec les malades, on sait directement à qui sont destinées nos recherches et à quoi elles vont servir. 

Le lieu qui a beaucoup compté ?

Le Généthon d’abord et le centre national de séquençage (Génoscope) où j’ai travaillé ensuite, sont des lieux qui comptent beaucoup pour moi. Le Généthon, créé en 1990 est l’un des premiers laboratoires français à s’être consacré à des expériences à grande échelle. Nous investissons beaucoup dans le choix de la méthode. Nous sommes obligés de comptabiliser les erreurs afin d’avoir des résultats sûrs à quasi 100 %. Dans un laboratoire normal, les résultats des manipulations sont consignés dans un cahier de laboratoire. Chez nous au Génoscope, nous disposons d’une structure informatique très forte, permettant de contrôler les résultats en temps réel. C’est grâce à de gros investissements infrastructuraux et à la quantité de manips conduites en même temps, que nous avons été capables en 2001, de séquencer entièrement le quatorzième chromosome humain !

L'objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

Je n’arrive pas à trouver un objet. Un objet est trop éphémère pour que je puisse répondre à cette question.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?
Une bibliothèque ! L’année dernière lors d’un déplacement à New York, je me suis acheté un livre électronique. Il me permet d’accéder facilement au fonds de la bibliothèque nationale hongroise ! Je ne rentre en Hongrie que deux ou trois fois par an. A chaque fois j’en profite pour en rapporter quelques ouvrages écrits dans ma langue maternelle, mais je les lis très vite. Avec ma nouvelle acquisition, je télécharge autant de livre en Hongrois que je veux. Des auteurs comme Gogol, Tolstoï ou Tourgueniev ne me quittent jamais !

Les 5 dates de Gabor Gyapay :


1989 : quitte son pays natal, la Hongrie


1990 : entre au Généthon à Evry


1996 : publication de la carte génétique du génome humain à laquelle il a participé sous la direction de Jean Weissenbach


1997 : entre au Génoscope qui vient tout juste d’être créé


2001 : prend part au séquençage du chromosome 14 de l’Homme

Une personne qui a beaucoup compté ?

Au début de ma carrière deux personnalités m’ont influencé à travers leur littérature. Il y a d’abord le physicien allemand Werner Heisenberg. Il a inventé le principe d’incertitude et a été lauréat du prix Nobel pour la création de la mécanique quantique. Les batailles intellectuelles menées pour en arriver à ce qu’il a découvert me rendent admiratif. Ensuite il y a le médecin alsacien Albert Schweizer. Il a fait beaucoup de musique et a même consacré une monographie à Jean-Sébastien Bach. Mais pour arriver à mobiliser des gens pour sa cause, il s’est aussi rendu compte de la puissance de la parole. Il est parvenu à fonder un hôpital en Afrique. Pour moi c’est une personnalité exemplaire.

Votre passion en dehors du travail ?

Mon violoncelle. J’y joue dans le cadre d’un orchestre depuis que je suis petit. Aujourd’hui je joue dans l’orchestre symphonique de la RATP. Nous donnons quelques concerts par an de musique classique et romantique. A la fin de mon adolescence, j’ai hésité à devenir physicien, biologiste ou musicien. En Hongrie il y a un concours d’entrée à l’université.  Comme je faisais partie des 10 premiers candidats en biologie ce résultat a décidé de la suite de ma carrière professionnelle !

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