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Jean-François Roch, la physique quantique à portée de tous

  • Posté le : Lundi 18 Février 2008
  • |
  • par : M. Grousson

Son plus beau souvenir de chercheur ? En 2007, le moment où il a vu s’afficher sur un écran d’ordinateur la courbe prouvant que l’expérience étonnante sur la dualité onde / corpuscule, qu’il préparait depuis deux ans avec son équipe de l’ENS-Cachan, était une réussite. "Ça a été un grand moment, confie-t-il. Cette expérience élégante et suffisamment simple dans son principe pour être expliquée à l’homme de la rue, c’était quelque chose."

Portrait de Jean-François Roch© J.F. Roch/DR

Simple, c'est vite dit ! Car ce physicien qui dit pratiquer son art tel un artisan est tout de même spécialiste d'optique quantique. Une discipline qui plonge au cœur des plus étranges propriétés de la matière. Dans un monde où les particules se comportent parfois comme des ondes, et où les chats sont à la fois morts et vivants…

Jean-François Roch est tombé dans la mécanique quantique lorsqu'il se trouvait sur les bancs de l'École normale supérieure de Cachan, après un parcours relativement classique de bon matheux, mais plus particulièrement intéressé à la physique grâce à un professeur de lycée exceptionnel. "J'étais fasciné. Et puis c'est l'époque où Alain Aspect et Philippe Grangier ont réalisé leurs premières expériences avec des photons uniques, à l'Institut d'optique, à Orsay. Je me suis dit que c'est le genre de truc que je voudrais faire, notamment parce que cela me redonnait un contact avec le concret", explique-t-il.

La suite est toute tracée : agrégation de physique en 1987, scientifique du contingent dans un laboratoire de recherche, puis doctorat sous la direction de Philippe Grangier. Après avoir été recruté au CNRS en 1992, il passe quelques années à l'Institut d'optique, avant de rejoindre le laboratoire Kastler Brossel, à l'École normale supérieure de Paris. Il le quittera en 1998, lorsque l'ENS-Cachan le recrute comme professeur.

Si, dans son travail, Jean-François Roch tutoie au quotidien les mystères quantiques, son plaisir est d'abord ludique, et provient de l'émulsion permanente dans laquelle le plonge l'activité de chercheur. "Je crois que mon plus grand plaisir, c'est quand j'arrive à être un peu plus malin que le voisin, admet-il un brin provocateur. Mais c'est aussi le travail en équipe que permet le type de physique que je pratique. Ces liens forts qui naissent entre des gens aux compétences et aux talents différents."

C'est pourquoi il regrette le caractère parfois trop monolithique de la sélection dans les filières scientifiques, essentiellement axée sur la capacité à résoudre des problèmes rapidement. "Alors que l'imagination et la capacité de réflexion en profondeur sont tout aussi importantes", détaille-t-il. Dommage car, pour ce bricoleur, la recherche est avant tout synonyme de lenteur. "Il faut parfois du temps pour trouver la réponse à une question ; ou bien pour se convaincre qu'il n'y a pas de réponse, voire que la question est mal posée ! Et si l'on ne sait pas faire un calcul, ce n'est pas grave, l'important est de savoir trouver la bonne personne pour le faire avec vous. Si ces différents aspects étaient mieux valorisés, je pense que plus de jeunes se tourneraient vers les filières scientifiques."

Dans les prochaines années, Jean-François Roch a notamment décidé de s'intéresser aux propriétés optiques du diamant, prometteuses pour réaliser des sources lumineuses à partir d'un seul photon, voire poser les bases d'un futur ordinateur quantique. "On vit là la transition d'un sujet qui il y a encore quelques années n'intéressait personne. C'est très agréable d'avoir été précurseur, mais aussi stimulant de voir la compétition se développer." Bref, le plaisir du jeu continue. De beaux souvenirs en perspective !

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