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Le choix d’Anne Rougée : comédienne mais scientifique

Elle a abandonné la recherche en imagerie médicale pour s’adonner au théâtre et à la médiation citoyenne à travers l’association, Comédie des Ondes.

Anne-Rougee en-sceneAnne Rougée lors d’une répétition de la pièce "Les Femmes de Génie sont rares?" à la salle des fêtes de Palaiseau.
© ©Comédie des Ondes

L’évènement qui vous a le plus marqué ?


 Le fait qu’à un moment donné, je me suis sentie arriver au bout de ce que je pouvais donner de moi-même dans mon travail de chercheuse. J’ai travaillé dans la recherche en imagerie médicale à General Electric de 1986 à 2002. Je souhaitais mettre à profit mes recherches en mathématiques pour des applications nobles et utiles. Mais j’ai fini par ne plus être en phase avec les valeurs de profit et de compétitivité omniprésentes dans le monde de l’industrie. J’ai commencé à prendre des cours de théâtre. Je me suis rendue compte que la scène est un moyen d’expression unique, à travers lequel on peut construire des représentations du monde et les partager avec les autres. J’ai assisté à des spectacles tels que Les palmes de Monsieur Schultz, La vie de Galilée ou encore Copenhague, qui m’ont ouvert les yeux.
 
Le lieu qui a beaucoup compté ?


Plus qu’un lieu... c’est le quartier latin! Il fait partie de ma vie depuis mon passage en classe préparatoire au lycée Henri IV jusqu’à plus récemment pour la représentation de mon premier spectacle. C’était en 2005 à la mairie du 5ème. J’ai crée une pièce autour d’une exposition sur Marie Curie. Pour moi c’est tout un symbole d’avoir fait mes premiers pas, à la fois dans l’apprentissage des sciences et bien plus tard dans le spectacle, dans ce quartier bouillonnant.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas?

Je n’adore aucun dieu ni aucun objet. Depuis que je me suis mise à l’écriture de scénarios pour le théâtre, j’ai toujours avec moi un cahier dédié à un projet de pièce. C’est quelque chose que je dois pouvoir faire n’importe où : dans un train, en visitant une ville ou en étant chez moi. Il y a juste le papier le crayon et moi.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte?

A la recherche du temps perdu de Proust. J’avais commencé à le lire quand j’étais plus jeune. Ensuite je me suis laissée submerger par ma vie professionnelle et ne me suis pas replongée dans le roman. Je ne l’ai donc jamais parcouru dans son intégralité. Ce que j’aime dans cet ouvrage c’est que Proust l’a écrit en faisant jouer sa mémoire. Lorsque je me plonge dans l’écriture, j’essaie aussi d’être dans ce processus de “revisite” des moments vécus pour raconter des choses à mes contemporains. Plus récemment, j’ai été marquée par un autre livre : Le discours sur le bonheur d’Émilie du Châtelet. Elle n’a été reconnue que tardivement comme la première femme scientifique française.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Il s’agit de l’un de mes professeurs d’art dramatique qui s’appelle Philippe Vallepin. Il m’a accompagné pendant six années charnières, de 1998 à 2004, au moment où j’ai eu envie de passer des sciences au théâtre. J’ai commencé à travailler avec lui quand j’étais encore ingénieur de recherche en imagerie médicale. Grâce à son exigence et à sa rigueur, j’ai compris des choses fondamentales dans le théâtre.

Votre passion en dehors du travail ?

Le parti pris était de faire de ma passion mon travail. J’ai tenu le temps que j’ai tenu dans la recherche parce que j’avais cette passion qui était certes là. Elle a fini par s’essouffler parce qu’il n’y avait pas de reconnaissance. Depuis que je me suis dirigée vers le théâtre et la médiation scientifique, c’est périlleux de dire que je vais faire de ma passion mon travail. Mais ça ne change rien à mon engouement pour la scène et l’écriture de pièces. Je suis directrice de compagnie. L’administration et la gestion sont des tâches nécessaires. A côté heureusement, il me reste les moments que je consacre à l’écriture et à la comédie qui me donnent du plaisir et un grand sentiment de liberté.


Les 5 dates d’Anne Rougée :

1979 : Entre à l’ENS de Cachan dans la filière mathématiques
1985 : Thèse de physique à l’Institut de Recherche en Informatique et Systèmes Aléatoires de Rennes
De 1986 à 2002 : Travail de recherche centré sur l’imagerie médicale 3D par rayons X, à General Electric
2005 : Écriture de sa première pièce Élise ou la lumière empoisonnée en collaboration avec Lo Glasman, tirée de ses recherches sur l’histoire de la découverte des rayons X
2011 : Écriture en solo de la pièce Les Femmes de Génie sont rares? , en collaboration avec le metteur en scène Stéphane Baroux

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