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Marc Masson ou les multiples facettes de Monsieur patate

  • Posté le : Lundi 30 Août 2010
  • |
  • par : A. Sari

On lui doit la Charlotte et d'autres variétés de pommes de terre. Cet agrogénéticien est aussi un patron heureux.

portrait marc massonMarc Masson, passionné par les biotechnologies mais aussi l'argot et les Etats-Unis.
© Akela Sari/LookatSciences

Le créateur de la Charlotte, est né à Paris dans… un panier à salade. "Je n’ai pas laissé le temps à ma mère d’arriver à la maternité, s’amuse Marc Masson, 65 ans. Je suis hyperactif, comme mon père, rond de cuir chez Saint-Gobain, qui nous a quitté quand j’avais 2 ans." Regard vif, visage buriné, silhouette d’adolescent, l’homme est chaleureux et bavard. Féru d’argot, on l’imagine volontiers dans une comédie noire des années 60…
"J’étais mauvais en tout, raconte-t-il, sauf en math, cela m’a évité de redoubler ! Ma mère, remariée, comptable à la Banque de France, avait peu de temps pour ma soeur et moi. Elle m’a m’inscrit dans un lycée agricole pour m’éloigner du pavé parisien." En 1959, près de Château-Thierry, "la ville de Jean de La Fontaine", il se découvre la main verte et une passion pour la terre.
Depuis son fauteuil de PDG, il mesure le chemin parcouru avec humilité. Il montre, affiché au mur, la devise de Montaigne : "Si haut placé que l’on soit, on n’est jamais assis que sur son cul". Il commence en 1966, chez le semencier Clause, à Bretigny-sur-Orge, comme stagiaire technico-commercial. L’ancien cancre, "avide de tendresse et de reconnaissance", se révèle travailleur, curieux et doué. Ses supérieurs le remarquent. Il gravit les échelons, tout en étudiant l’agronomie au Conservatoire National des Arts et Métiers, puis à l’université d’Orsay.

En 1967, il prend les rênes du fief de la sélection des pommes de terre du groupe, à Châteauneuf du Faou, en Bretagne. "On semait 50 000 graines de nouvelles variétés par an, pour en retenir 2 à 3." La Charlotte est ainsi née en 1970. La célèbre pomme de terre est au catalogue des variétés depuis 1981. Elle tombera dans le domaine public l’an prochain, après avoir fait la fortune de Clause (devenue entre temps Germi Copa) mais pas celle de Marc Masson : "Je suis un utopiste anti-matérialiste. Je n’ai pas pensé aux royalties". D’autres variétés naîtront : l’Amandine, la Chérie, la Samba... "Germi Copa vit encore à 80% de mes variétés."
Les Etats-Unis sont l’autre grande passion de Marc Masson. Il y séjourne avec sa femme et ses deux enfants, entre 1981 et 1985. Il passe un doctorat de génétique à Madison (Wisconsin) tout en poursuivant ses activités en France. "Une vie de fou mais un séjour déterminant, dit-il. J’ai énormément appris sur le plan scientifique et je me suis ouvert à l’esprit d’entreprise et de communication." A son retour, il devient directeur des recherches de Clause. En 1989, il fonde Biofords et fait du conseil dans le secteur des biotechnologies. Dix ans plus tard, il signe avec l’Américain Agdia pour développer, valider et vendre des kits de détection rapide pour les virus, les bactéries, les OGM et les toxines de l’eau. Agdia-Biofords est aujourd’hui implantée au cœur du Génopole d’Evry.
À l’âge où d’autres aspirent à la retraite, Marc Masson se voit bien rester capitaine de son entreprise "au moins 10 ans encore". Et devenir grand-père. Mais, "ma fille, 36 ans, et mon fils, 38 ans, ne semblent pas pressés."

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