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Michel André, un chercheur à l'écoute des baleines

  • Posté le : Mardi 16 Décembre 2008
  • |
  • par : G. Lahoreau

Engagé. Michel André est un chercheur engagé. Quand d'autres défendent les chimpanzés, les éléphants ou les requins, Michel se fait l'avocat-chercheur des cétacés. Une passion qui remonte à ses 11 ans : à un documentaire télévisé sur la communication des dauphins qui l'a fait bifurquer du métier de vétérinaire auquel il se destinait. On n'était pas loin !

Portrait de Michel André© Rolex S.A

Aucune formation au métier de bioacousticien marin n'existant, il crée lui-même sa voie. Il ne prend pas le menu, mais choisit à la carte : des études d'ingénieur en biotechnologie à l'INSA Toulouse (Institut national des sciences appliquées), une maîtrise en biochimie et une autre en physiologie animale à l'université Paul Sabatier, toujours dans la ville rose, normal pour un Toulousain.

Diplômes en poche, il s'envole en 1988 pour la Californie, vers quatre dauphins en captivité dont il va étudier le système sonar en tant que chercheur assistant. Quatre ans plus tard, il quitte le Pacifique et retraverse l'Atlantique pour rejoindre les Canaries et l'école vétérinaire de l'université Las Palmas. Objectif : comprendre l'origine des collisions des cachalots avec les bateaux et leur impact sur la colonie.

"À cette époque, on ne savait pas que les collisions résultaient de problèmes auditifs chez les cétacés, qu'elles étaient la conséquence de la pollution sonore des océans," se souvient Michel André. Initialement venu aux Canaries pour un contrat de deux ans, il y restera douze années. Pour le plus grand bonheur de sa femme espagnole et de ses deux filles.

En 2003, il crée le laboratoire d'applications bioacoustiques (LAB)et emmène toute son équipe de biologistes, mathématiciens, ingénieurs à l'université polytechnique de Catalogne, à Barcelone. Un laboratoire plus grand, avec plus de moyens, et encore plus de projets. Il collabore avec des ingénieurs de l'ENSIETA de Brest, avec des chercheurs au Canada sur les belugas (baleines blanches), avec des géophysiciens italiens dans le cadre du réseau européen ESONET ; et même avec un griot africain pour tenter de décrypter la communication des cachalots.

Loin d'être un scientifique plongé dans la théorie et focalisé sur les publications, il est à la tête d'une campagne internationale pour faire reconnaître la pollution sonore du bleu de notre planète, mais aussi pour impulser des solutions. À l'écoute des plaintes des baleines qui remontent des océans, il développe une antenne pour limiter les collisions, application qui recevra en 2002 le prix Rolex à l'esprit d'entreprise.

Toutefois, c'est avec le plus grand plaisir qu'il quitte sa casquette de "communiquant", pour partir en mer faire des missions. Son plus beau souvenir ? Il y en a tant... "Quand je navigue la nuit, que tout le monde dort et que, le casque sur les oreilles, j’entends les baleines en train de nager autour du bateau... On se sent tellement petit, mais tellement vivant. C'est une sensation inégalable." Un sentiment de plénitude face à l'océan.

Au printemps 2009, Michel André s'embarquera à bord du voilier de la fondation Antinéa pour établir la première cartographie acoustique mondiale des océans et enregistrer "20 000 sons sous les mers". Et ainsi poursuivre son métier, sa passion, sa vie. Écouter les baleines.

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