logo Essonne

Nicolas Mangold, un pied sur Mars

  • Posté le : Mardi 2 Janvier 2007
  • |
  • par : P. de Brem

Nicolas Mangold a tout juste 29 ans, en 2001, lorsqu’il publie un article scientifique qui aura un important retentissement. En exploitant les données acquises par la sonde américaine Mars Global Surveyor, il démontre que de l’eau sous forme de glace subsistait sur Mars ailleurs qu’aux pôles, à 40° de latitude, dans une zone où elle n’avait jamais été détectée. Il reconnaît dans la topographie de la planète rouge, une structure couverte de poussière sous laquelle il identifie certaines formes spécifiques aux glaciers.

Portrait du géophysicien Nicolas Mangold© Nicolas Mangold

La qualité de ce travail (et de certains autres) lui vaut de recevoir la médaille de bronze du CNRS en 2006, remise aux jeunes chercheurs les plus prometteurs. Il faut dire qu'avec cette publication il vient de coiffer les Américains au poteau ! En effet, toutes les données nouvellement acquises par les sondes planétaires de la Nasa sont réservées aux chercheurs d'outre-Atlantique pendant six mois. Au-delà, elles sont fournies à la communauté scientifique internationale sur un site Internet ouvert à tous, le Planetary Data System. "J'ai eu la chance de trouver dans ces données des informations qui avaient échappé aux planétologues américains", explique-t-il.


Après une maîtrise en géosciences à Strasbourg et un DEA de géodynamique à Chambéry, Nicolas Mangold choisit de se spécialiser en planétologie à partir de la thèse. A noter qu'il existe depuis 2004 une nouvelle formation inter-établissements de niveau master (1 et 2), appelée "parcours planétologie Ile-de-France"*. Géophysicien des planètes au laboratoire IDES (Interactions des environnements de surface, CNRS/Université Paris-Sud 11), Nicolas Mangold passe une bonne partie de son temps devant un ordinateur, employant des logiciels de traitement d'images qui lui permettent d'assembler les photographies de Mars entre elles, par exemple. Ou des logiciels de système d'information géographique (SIG) afin d'extraire les informations qui l'intéressent, comme l'albédo d'une région. Il a également de fréquentes relations avec des chercheurs d'autres disciplines : climatologues, chimistes, géologues terrestres, etc. "Nous ne disposons encore que d'informations partielles à propos de Mars, explique-t-il. C'est pourquoi nous avons besoin du concours de tous pour réunir les pièces du puzzle." Besoin, également, de données toutes fraîches pour améliorer la connaissance de la planète rouge. Mais, de ce côté-là, Nicolas Mangold est servi. En ce moment, pas moins de cinq rovers et satellites scrutent la surface de Mars en même temps.

Il fait également partie de l'équipe scientifique qui suit la sonde européenne Mars Express et de celle du rover américain Mars Science Laboratory - un imposant véhicule de la taille d'une automobile - qui sera lancé en 2009. Ce qui lui permet d'avoir un accès privilégié aux informations recueillies par ces deux appareils. "Il y a quelques années, on recevait peu de données ; aujourd'hui, presque trop ! " s'exclame-t-il. Et c'est tant mieux. Cela devrait lui permettre de mieux comprendre cette planète mystérieuse qui a d'abord évolué comme la Terre puis s'est figée - fin du volcanisme, disparition de l'atmosphère, etc. - voici trois milliards d'années. Pourquoi ? Comment ? La vie a-t-elle eu le temps d'y apparaître ? "Quand on a mis un pied sur Mars, on ne peut plus jamais en décoller", conclut le chercheur.



* Pour plus d'informations sur cette formation :
http://www.ipsl.jussieu.fr/formation/Planeto/Pageweb.html

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel