logo Essonne

Paco Samb ou le parcours atypique

  • Posté le : Lundi 24 Octobre 2011
  • |
  • par : L. Salters

Originaire du Sénégal, ce technicien de laboratoire travaille chez Biosystem international, en Essonne, et possède plus d’une corde à son arc.

Paco SambPour Paco Samb, la route est toujours ouverte...
© LookatSciences.

Paco Samb ou le parcours atypique

L’événement qui a été déterminant ?

La mort de mon père. J’avais dix ans. Mais j’ai appris la nouvelle six mois après son décès. Moi je croyais qu’il était parti en voyage, c’est ce qu’on m’avait dit. Et puis mes tantes ont fini par me dire : “Ton père est mort”. Ça se passe souvent comme ça en Afrique, on protège les jeunes. Les enfants ne se mélangent pas au monde des adultes. A Dakar, mes parents étaient divorcés et je vivais entre les deux. Dans ce contexte, son absence ne m’a pas paru anormale à l’époque. Il était inspecteur Général des douanes. Il avait un cœur gros comme ça ! Je me souviens, il m’emmenait dans les bars avec lui pour rencontrer ses amis. Ce ne sont que des moments positifs. Je n’ai pas de rancœur vis-à-vis de mes tantes. Et aujourd’hui, je ne sais toujours pas de quoi il est mort.

Un lieu qui vous a marqué ?

BioSystems International

Implantée sur le bioparc Genopole! à Evry, BioSystems International (BSI) est une société de biotechnologie spécialisée dans la recherche de diagnostics innovants du cancer à base d’anticorps monoclonaux.
http://www.biosys-intl.com/

La Côte d’Ivoire. Après la mort de mon père, je suis allé vivre là-bas, à l’âge de 11 ans, chez mon grand-père maternel. J’y suis resté 6 ans. Il avait quatre femmes et 37 enfants ! C’était un homme riche, il était transporteur. J’étais turbulent et ma mère a décidé de m’y envoyer pour mon éducation. Je n’en garde pas que des bons souvenirs mais je connais très bien ce pays.

Votre passion en dehors votre travail ?

J’ai toujours peint. Quoique ces derniers temps, un peu moins. C’est ce qui m’a permis de venir en France. Mon oncle importait du riz au Sénégal en provenance de Thaïlande. J’ai dessiné un logo qui s’est retrouvé sur tous les sacs de riz qu’il achetait. Avec l’argent que j’ai gagné, j’ai pu me procurer mon billet pour la France. C’est là que j’ai commencé plus tard des études de biologie au Centre national des Arts et Métiers (Cnam). Je peins sans chevalet. En Afrique, les chevalets n’existent pas. J’ai inventé le “Pakisme”, ou l’art et la manière de promouvoir la diversité ! Mes tableaux sont à mi-chemin entre la peinture et une certaine forme de graphisme.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Les dates de Paco Samb

Paco Samb arrive en France en 1989. Il entame d’abord des études d’architecture. Il est obligé d’abandonner faute d’argent et se met à travailler dans le quartier du Sentier à Paris où il exerce différents métiers dans le prêt-à-porter et la vente de tissus. Il devient aide de laboratoire en 1995, puis suite à une formation au CNAM, technicien supérieur de laboratoire avec comme spécialité l’automatisation et la miniaturisation des tests sur système robotique.

1967 : Naissance au Sénégal.
1992 : Mariage
1993 : Naissance de sa fille aînée
2006 : Arrivée chez Biosystem international

Elle compte et comptera toujours, c’est ma femme, Hélène. Elle est d’origine cambodgienne. Je l’ai vu pour la première fois dans un clip vidéo ! Je me suis dis : “Voilà mon idéal féminin”. Destin ou hasard !!! Mon vœu s’est réalisé. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois dans une boîte de nuit par l’intermédiaire d’amis communs. Je suis tout de suite tombé amoureux d’elle. Nous avons eu trois filles. Elle est le poumon de la famille et me donne envie d’être meilleur. C’est une richesse énorme pour les enfants d’être issu d’un couple bi-culturel.

Un livre que vous emporteriez sur une île déserte ?

Je lis peu de roman. Je suis davantage intéressé par les écrits historiques ou bien de type documentaire. J’ai beaucoup aimé “En attendant le vote des bêtes sauvages”, d’Ahmadou Kourouma, un écrivain ivoirien. Il parle très bien de l’héritage de la colonisation. C’est un autoportrait de nos présidents et de leur manque de maturité. Nos dirigeants en Afrique ont tendance à reproduire ce qu’ils ont appris : la corruption, le népotisme.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

J’ai toujours mon Youssou N’Dour avec moi ! Dans l’autoradio, dans le téléphone portable, il ne me quitte jamais, je l’écoute toujours. Je continue à aller régulièrement à ses concerts. Nous avons grandi ensemble dans le même quartier à Dakar. C’était un grand frère. Il lorgnait sur ma sœur ! J’apprécie notamment l’homme parce qu’il est parti de rien. Son père était ferrailleur. Youssou donnait ses premiers concerts en cachette, il ne voulait pas que son père le sache. C’est un autodidacte talentueux et un fonceur. Il m’inspire le respect.

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel