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Sabrina Krief, avec nos cousins les chimpanzés

  • Posté le : Lundi 23 Juillet 2007
  • |
  • par : G. Lahoreau

Son attirance pour le comportement des animaux et la faune sauvage, Sabrina Krief l’a depuis qu’elle est "gamine". Une attirance devenue passion, forgée par des week-ends dans la campagne normande, puis par des voyages au Kenya et à Bornéo. C’est donc tout naturellement que Sabrina se retrouve sur les bancs de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort.

Sabrina Krief observe des chimpanzésSabrina Krief observant le comportement physique et alimentaire de chimpanzés, dans le parc national de Kibale en Ouganda.
© Jean-Michel Krief

Sa thèse vétérinaire, elle la réalise au Congo, grâce à une bourse Défi jeunes et au sponsor, déniché auprès de la division santé animale de Sanofi "au dernier coup de téléphone, après une centaine d'appels passés." Pendant cinq mois, elle note le comportement alimentaire de chimpanzés orphelins, relâchés en milieu naturel par Help Congo. Ces observations la surprennent. "Dès le premier jour, les chimpanzés ont été autonomes et ont mangé les bonnes plantes. Comment des chimpanzés, élevés aux bananes, discriminaient-ils les plantes toxiques ?" Taraudée par cette question, Sabrina s'inscrit en DEA d'écologie à l'université Pierre et Marie Curie et commence ses recherches, encadrée par Claude Marcel Hladik, chercheur au CNRS et professeur au Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), spécialiste de la perception gustative des primates. Son stage de DEA ne soulèvera que plus de questions.

Tenace, Sabrina décide de poursuivre en doctorat. Sur les conseils du directeur de l'école doctorale, Robert Barbault, elle réoriente sa thèse vers l'étude de chimpanzés sauvages. Ce seront les chimpanzés du parc naturel de Kibale en Ouganda, où une équipe de primatologues internationaux travaille depuis plus de vingt ans. Thierry Sévenet, spécialiste de la pharmacologie des substances naturelles à l'Institut de chimie des substances naturelles de Gif-sur-Yvette, accepte de l'encadrer pour tester les propriétés thérapeutiques des plantes consommées par les chimpanzés. "Et là, il a fallu tout apprendre. On ne fait pas beaucoup de chimie à l'école vétérinaire !"

Après un "post-doc" au laboratoire de pharmacognosie de l'université de Reims, Sabrina décroche un poste de maître de conférence au sein des équipes d'Éco-anthropologie et ethnobiologie et de Chimie et biochimie des substances naturelles du MNHN. Désormais, c'est elle qui encadre des thèses vétérinaires. Actuellement, Sabrina continue à aller en Ouganda environ deux mois par an. À 34 ans, elle a encore une longue et brillante carrière de recherche devant elle. Mais ce qui la motive aussi, c'est de sensibiliser les populations et les gouvernements à la protection des grands singes et de la biodiversité des forêts tropicales qu'ils habitent.

À ceux qui voudraient suivre ses pas dans ceux de nos cousins, elle conseille une forte ténacité et une vraie motivation. "Certains stagiaires sont déçus. Observer les chimpanzés tous les jours, de 5h du matin à 18h30 le soir, ce n'est pas toujours passionnant. On passe la majorité de notre temps à les regarder manger". Les moments magiques se méritent !


Nota bene : avec différents partenaires, et notamment l'UNESCO pour le projet GRASP (Great Apes Survival Project / Grand projet de survie des singes), elle a réalisé une exposition itinérante "Grands Singes", qui, depuis 2006, va à la rencontre des écoliers en Afrique et en Asie.

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