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Stéphane Vaiedelich, l'homme orchestre

  • Posté le : Lundi 29 Septembre 2008
  • |
  • par : M. Julienne

Dans son bureau, une planche de cyprès qu'il doit envoyer en Angleterre pour la réalisation d'un fac-similé d'une vihuela datant du XVIIe siècle. Juste à côté, un violon en matériau composite fabriqué par l'entreprise LNM Boats qu'il a cofondée en 1995. Stéphane Vaiedelich, responsable du laboratoire de recherche et de restauration du musée de la Musique, navigue décidément sans contrainte entre la restauration des instruments anciens et la conception d'instruments nouveaux, tout comme il passe sans problème de la physique à la chimie puis à la pratique de l'alto…

Portrait Stéphane VaiedelichStéphane Vaiedelich, responsable du laboratoire de recherche et de restauration du musée de la Musique.
© Stéphane Vaiedelich

 Un parcours plein d'embranchements, qui démarre par un CAP de luthier à Mirecourt (centre important de factures d'orgues mécaniques en France) et se poursuit par une maîtrise de physique et de chimie à l'université Paris 7. "Ce qui m'intéressait en fait à l'époque, c'était la physique du violon. Tandis que j'étais en cours du soir, j'avais mon atelier de lutherie à Versailles ; j'ai négocié avec la commission pédagogique de l'université pour valider mon certificat de physique par un stage d'un an dans un laboratoire d'acoustique musicale (LAM), à Paris 6."

C'est là qu'il se passionne pour la recherche. "J'ai commencé par des travaux qui consistaient à relier l'architecture des voûtes de certains instruments à l'acoustique. Or les voûtes allemandes du XVIIIe n'ont rien à voir avec les voûtes françaises du XVIIe par exemple. On peut mesurer les conséquences fonctionnelles de la forme de ces voûtes sur la résonance de l'instrument. Nous avons alors poursuivi les recherches sur les nouveaux matériaux, et déposé un brevet CNRS/Anvar sur la conception d'instruments de musique en matériaux composites."

Il quitte alors l'université pour l'entreprise, où il est chargé du transfert de cette technologie. "L'entreprise en question fabriquait à la fois des pièces d'hélicoptères et des instruments de musique. La coopération ne s'est pas très bien passée…" Qu'à cela ne tienne, Stéphane Vaiedelich fonde avec un collègue passionné de voile l'entreprise LNM (Les nouveaux matériaux) qui fabriquera à la fois des archets composites sous la marque "carbow" et… des voiliers de compétition ! Le voilà reparti pour quelques années d'une belle aventure industrielle (l'entreprise LNM poursuit ses activités), qu'il abandonnera pour rejoindre la Cité de la musique.

Outre la lutherie, la physique, la recherche, Stéphane Vaiedelich est musicien. Il a suivi une formation d'alto au conservatoire, et joue toujours du jazz. "J'ai été 5e au concours de violon, mais quand on a su que j'avais joué avec un archer en matériau composite, j'ai été déclassé. Et une petite anecdote vous permettra de comprendre pourquoi c'est absurde : au conservatoire, les élèves apprennent que les violes de gambe sont en épicéa. Pourtant, nous avons réalisé un fac-similé de la célèbre viole de gambe de Michel Colichon, du XVIIe, qui était, - exception notable -, en acajou. Le résultat est superbe. L'art d'un luthier n'est-il pas d'inventer un instrument en fonction d'une idée sonore qu'il a en tête, peu importe le matériau ? "

Entre musique ancienne et nouveaux matériaux, Stéphane Vaiedelich refuse de choisir. Et se passionne pour ces instruments, quels qu'ils soient…

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