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Tom Blundell, le scientifique engagé

  • Posté le : Lundi 15 Novembre 2010
  • |
  • par : A. Sari

Professeur et chef du département de biochimie de la prestigieuse université de Cambridge, fondateur d'une firme pharmaceutique, Sir Tom Blundell, est aussi un fervent défenseur de l'environnement et de la justice sociale.

Portrait de Tom BlundellTom Blundell : "Dans ma famille, personne n’était allé à l’école au-delà de l’âge de 15 ans et encore moins à l’université."
© Patrice Latron/LookatSciences

L’évènement qui vous a le plus marqué ?

La bourse que j’ai obtenue pour l’université d’Oxford en 1961. Dans ma famille, personne n’était allé à l’école au-delà de l’âge de 15 ans et encore moins à l’université. Mes parents m’ont toujours encouragé à faire ce qui me plaisait, pourvu que je le fasse bien. J’étais alors très excité. Moins par les perspectives de carrière qui s’offraient à moi que par l’opportunité de rencontrer des gens intéressants, avec des idées et des centres d’intérêts stimulants – en science, mais aussi dans l’exploration des nouveaux courants musicaux, littéraires et politiques.

Votre passion en dehors du travail ?

Me rendre utile à tout ce qui peut faire avancer la cause de la santé, du bien-être et du bonheur de l’humanité. Bien sûr, ma position de scientifique et d’universitaire est importante et m’aide à développer de nouveaux médicaments, actuellement par le biais de ma compagnie Astec Therapeutics qui fabrique des anti-cancéreux, ainsi que par des recherches sur des maladies négligées, comme la tuberculose. Mais j’essaie aussi d’exercer mon influence sur la politique britannique et internationale. Il y a 40 ans, je me suis présenté aux élections municipales de la ville d’Oxford. En tant qu’élu local, je me suis opposé avec succès à l’extension d’autoroutes, j’ai introduit des zones piétonnes et créé de nouvelles aires protégées. Ces dix dernières années, je me suis beaucoup consacré aux questions d’environnement, en présidant la Commission Royale sur la pollution environnementale et en conseillant le gouvernement sur sa politique de réduction des émissions de carbone. J’ai toujours lutté pour une société plus juste. Et je pense que les scientifiques peuvent y contribuer en s’impliquant dans les affaires politiques, sociales et sanitaires.

Les 5 dates de Tom Blundell

Tom Brundell a beaucoup travaillé dans les domaines de la biologie structurale et de la bio-informatique. Il a été chercheur à l’université de Londres (collège Birbeck) avant de devenir, en 1995, directeur du service de recherche en biochimie de l’université de Cambridge.

7 juillet 1942 : naissance à Brighton

4 octobre 1961 : forme un groupe de jazz moderne à Oxford
1er octobre 1967 : rejoint l’équipe du Prix Nobel de chimie Dorothy Hodgkin à Oxford pour travailler sur la structure de l’insuline

1er octobre 1996 : nommé professeur titulaire de la chaire Sir William Dunn de l’Université de Cambridge

5 mars 1997 : anobli par la Reine d’Angleterre à Buckingham Palace

Le lieu qui a beaucoup compté ?

Old Shoreham, aux limites des South Downs dans le Sussex, où nous avons emménagé quand j’avais 7 ans. J’étais libre de vadrouiller dans les collines, durant ces années qui suivaient la guerre et sans les contraintes qui pèsent sur les enfants de nos jours. Mon grand-père, un grand artiste, m’encourageait à peindre les paysages des Downs, les vieilles églises, la rivière et tous ces paysages magnifiques de la campagne anglaise environnante.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

Une veena, un très bel instrument à cordes de la musique carnatique, de l’Inde du Sud. Elle est trop volumineuse pour que je l’emporte partout, mais j’y tiens énormément. Je n’ai jamais réussi à la maîtriser, pourtant j’ai consacré beaucoup de temps à l’étudier et encore plus à l’écouter. Cet instrument, dont la sonorité est proche de la voix humaine, n’a pas les limitations du piano, avec ses accords, ou de la trompette, qui vous martyrise les lèvres, et que j’ai travaillé si longtemps. Je garderai ma veena jusqu’à ce que j’ai plus de temps pour étudier à nouveau l’étonnante beauté de la musique carnatique.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

Under the Greenwood Tree (Sous la verte feuillée) de Thomas Hardy. C’est le premier livre que j’ai lu de cet auteur. Il m’a introduit au monde merveilleux de la vie anglaise traditionnelle de village. Bien sûr, j’ai lu ensuite les autres romans de Hardy, mais celui-là est le seul que je peux lire et relire.

Une personne qui a beaucoup compté ?

Sans l’ombre d’un doute, Bancinyane Lynn Sibanda, ma femme et la mère de mes deux filles Kelesi et Lisa. Lynn a été élevée dans le Matabeleland, au sud du Zimbabwe, mais elle est venue en Angleterre dans les années 70 où elle a obtenu son doctorat à l’université de Londres. C’est merveilleux que deux personnes avec des origines si lointaines puissent se découvrir et partager autant de points communs. Nous avons voyagé ensemble à travers l’Amérique du Sud, l’Inde, la Chine, l’Afrique, nous aimons écouter de l’opéra ou le jazz africain de Hugh Masekela, nous retrouver dans notre maison et notre jardin, ou simplement être en famille.

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