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Valérie Masson Delmotte, la révélation de l'effet de serre

Alors qu’elle n’est encore que lycéenne, au milieu des années 1980, Valérie Masson achète un dossier de La Recherche consacré à l’effet de serre. Pour elle, c’est en quelque sorte une révélation : elle vient de trouver ce qu’elle veut étudier ! Et puis le temps passe. Valérie est une élève brillante, et intègre une école d’ingénieur.

Portrait de Valérie Masson-Delmotte© Jean-François Mauboussin/RATP

La voilà donc partie vers une autre destinée. Jusqu'au jour où "pour des raisons personnelles" elle prend conscience que "la vie est très courte, et qu'il faut vraiment faire ce qui nous plaît". Aussitôt dit, aussitôt fait. En 1993, elle reprend le magazine qu'elle a gardé sous le coude, note les coordonnées des chercheurs interviewés, et les contacte un par un.

Sa ténacité s'avère payante. Sylvie Joussaume, climatologue de renom, lui ouvre les portes du laboratoire dans lequel elle dirige une équipe de modélisation : le fameux laboratoire de modélisation du climat et de l'environnement du CEA (Commissariat à l'énergie atomique), ancêtre de l'actuel laboratoire des Sciences du climat et de l'environnement (le LSCE, du CEA-CNRS). Trois ans durant, Valérie y travaille sur une thèse de doctorat, qu'elle obtient avec les félicitations du jury. "Ensuite, dit-elle, j'ai eu de la chance, à peine 15 jours après ma soutenance on m'a proposé un poste pour étudier avec Jean Jouzel la reconstitution des climats passés".

Depuis, elle a continué sur la même lancée, et dirige aujourd'hui dans ce même laboratoire du LSCE une équipe de recherche d'une vingtaine de personnes. Ce qui ne lui laisse plus beaucoup de temps pour aller sur le terrain. "Je n'ai fait qu'une seule mission en zone polaire, en 1997 au Groenland, sur le forage North Grip, où je suis restée deux mois. J'ai été particulièrement impressionnée par la taille des équipes". Sur ce type de mission, outre des scientifiques en tout genre - glaciologues, climatologues, météorologues - et de toutes nationalités, il y aussi des techniciens pour le forage, des cuisiniers, …

Ses recherches portent à la fois sur les cernes des arbres en milieu tempéré, et sur les archives polaires. Mais depuis qu'elle est mère de deux jeunes enfants, Valérie, qui est devenue l'épouse de Marc Delmotte - un chimiste du LSCE spécialisé dans le suivi des gaz à effet de serre - passe aussi beaucoup de temps à partager son savoir avec le grand public. "Au départ, ce sont des enseignants rencontrés à l'occasion d'une formation sur le climat qui m'ont demandé d'intervenir dans leur classe". Valérie parle alors volontiers. Mais elle a l'impression de ne pas en faire assez.

"J'ai à la fois un sentiment d'urgence face au défi du changement climatique, et celui d'une très forte demande du public pour que les scientifiques communiquent sur ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas". Elle est persuadée que nous pouvons limiter le réchauffement climatique, à condition de le vouloir. "Mais pour le vouloir, souligne-t-elle, il faut en comprendre l'enjeu". Or poursuit-elle, "dans le primaire et au collège, il n'y a rien sur les variations passées du climat, leurs ordres de grandeur, rien non plus sur le caractère exceptionnel du réchauffement que nous risquons de vivre".

Du coup, elle a décidé d'écrire. D'abord un livre sur l'histoire du climat, destiné aux enfants de 9 à 12 ans et publié il y a deux ans. Puis, pour le même public et chez le même éditeur, un autre sur les expéditions polaires. Un troisième est en préparation, cette fois pour les adultes et sur l'évolution du climat. Et pour couronner le tout, elle a également rejoint le célèbre Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du Climat (GIEC), et participé à la rédaction du dernier rapport. Une vie décidément bien remplie !

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