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Vasoodeven Vuddamalay, au carrefour des cultures

Des ancêtres originaires du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde, Vasoodeven Vuddamalay, indo-mauricien, a grandi avec la conscience d’appartenir à une vaste diaspora transnationale : "à part peut-être en Amérique du Sud, je pense avoir de la famille dans tous les continents."

Portrait Vasoodeven Vuddamalay© Vasoodeven Vuddamalay

C'est donc en toute logique que ce chercheur parfaitement bilingue - il a passé l'équivalent du baccalauréat dans le système britannique à l'Île Maurice - se passionne très tôt pour les communautés migrantes. Dès ses premiers travaux d'étudiant en géographie et en ethnologie à l'Université de Lyon II, il en vient ainsi à interroger la manière dont ces populations construisent leurs espaces dans la ville. Un champ d'études, aux frontières de l'anthropologie urbaine, qu'il ne cessera désormais d'investir.

En maîtrise, il consacre son mémoire au quartier pendjabi sikh de Southall à Londres. Influencé par la sociologie de l'École de Chicago des années 190/1930, qui s'intéressait notamment aux relations inter-ethniques en milieu urbain, ce fervent partisan du terrain sillonne ensuite le quartier de la Goutte d'or à Paris (dans le cadre du diplôme de l'Institut d'Urbanisme de Paris à l'université Paris 12), et multiplie les enquêtes, non sans avoir au préalable construit un réseau de collaborateurs à même de lui faciliter l'accès aux communautés.

"Primordiale, l'immersion est la seule manière d'appréhender les codes et les relations qui s'y tissent." C'est ainsi qu'il découvre la hiérarchisation des commerces musulmans : la kissariya (l'espace spécialisé de la Médina) dédiée aux magasins de textiles et de bijoux est traditionnellement plus proche de la mosquée que les boucheries et épiceries, réputées moins nobles. Et parce que ces espaces urbains transitoires, porteurs d'un extraordinaire dynamisme, sont en perpétuel mouvement, il s'attache à y retourner régulièrement.

En 1987, sa rencontre avec Catherine Wihtol de Wenden, spécialiste des mouvements migratoires, "l'une des rares chercheurs à avoir eu assez tôt une vision internationale", est déterminante pour lui qui regrette, justement, que les sciences sociales françaises ne confrontent pas davantage leurs approches à celles du reste du monde. À Paris comme en banlieue, en France comme en Angleterre, le géographe qui aime croiser les approches, au carrefour des sciences humaines, poursuit ses investigations sur l'ethnicisation de l'espace. Non sans revenir aux "sources", lorsqu'en 1992 il soutient une thèse à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) sur la structuration du mouvement migratoire mauricien en France. Des travaux de recherche qu'il tient cependant à mener de front avec l'enseignement qu'il dispense à l'Université d'Évry, depuis huit ans. "Les deux expériences se nourrissent l'une l'autre. J'aime partager mes connaissances et expériences avec les étudiants, et les accompagner dans leurs travaux de recherches".

Observateur attentif de la circulation des personnes comme des savoirs, cet incorrigible citoyen du monde rêve d'un Institut d'études de la Paix et de la Coexistence inter-ethnique, mais regrette le retard français sur ces problématiques avec lesquelles les émeutes urbaines de l'automne 2005 ont pourtant partie liée. "Les acteurs de la migration sont en mesure d'apporter une contribution au débat sur l'intégration, même s'ils viennent contredire le modèle français. L'aménagement de l'espace des villes globales est une réalité - comme en témoigne le Little India du Xe arrondissement de Paris -, qu'il est temps de prendre en compte. C'est l'avenir proche et lointain de nos sociétés urbaines qui est en jeu".

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