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Xavier Cuchérat, les escargots passionnément...

  • Posté le : Lundi 17 Mai 2010

Xavier Cucherat est un spécialiste des escargots, des limaces et des moules d'eau douce. Sa discipline, la malacologie, est en plein essor.

Xavier cucheratXavier Cuchérat, malacologue et homme de terrain.
© Noélie Tapko

L’évènement qui vous a le plus marqué ?

Dans ma famille, on est très proche de la nature. Ça passe surtout par mon père qui est chasseur. Originaire de Lille, nous allions souvent en Baie de Somme pour les vacances. C’est là-bas que je chassais avec lui. J’ai eu mon permis de chasse lorsque j’ai eu 17 ans. Lors d’une sortie avec mon père, nous étions en observation dans la baie et nous attendions que la mer monte. Tout à coup, des oies sont passées au-dessus de moi. Elles étaient superbes ! Elles volaient très bas, juste au-dessus de nos têtes. Je savais que mon père, d’où il était, me regardait. J’ai visé, tiré. Mais aucun plomb n’est sorti ! J’avais oublié de charger le fusil... Et les oies ont continué leur vol majestueusement. Mon père est venu vers moi et m’a demandé comment j’avais pu laisser passer ça ! J’ai menti et j’ai bredouillé que mon fusil s’était enrayé. Ça a vraiment été un moment clef dans ma relation au vivant et à la nature. D’ailleurs, mon point de vue sur la chasse a évolué depuis. Je n’y suis pas franchement opposé. Mais je ne la soutiens plus comme avant.


Le lieu qui a beaucoup compté ?

Les dates de Xavier Cuchérat

1978 : Naissance à Lille.
1998 : Découvre la malacologie en Bretagne.
2004 : DESS de sciences de l’environnement.
2004 : Entre à Biotope, bureau d’études sur l’environnement et les milieux naturels.
2009 : Inventaire de la malacofaune de l’Espace Naturel Sensible du marais de Misery, en Essonne.

C’est le terrain de mes premiers pas en malacologie, les dunes d’Erdeven, en Bretagne, près de la presqu’île de Quiberon. J’étais en DEUG de Sciences et vie de la terre à Vannes. J’ai accompagné un ami malacologue sur le terrain. J’ai pris mes jumelles d’ornithologue, comme d’habitude, pour observer les oiseaux dans les dunes. Et finalement, c’est là que j’ai effectué mes premiers prélèvements d’escargots ! Je me souviens que c’était des Vertigos, de tout petits escargots millimétriques qui ont des petites lamelles dans l’ouverture. Après ça, je suis retourné à Lille pour ma licence. Mais à Erdeven, j’avais attrapé le virus ! C’était comme une initiation à la malacologie. Lorsque je vais en Bretagne, j’y retourne souvent.

L’objet que vous adorez et qui ne vous quitte pas ?

Ma loupe ! En fait, j’ai deux objets qui me suivent partout : ma loupe et ma pince souple. C’est une pince qui permet de saisir les spécimens sans les abîmer. Quand je suis sur le terrain, j’ai ces deux objets tout le temps avec moi. Je m’en sépare très peu. J’étais en Guyane début avril 2010 en vacances avec ma femme et mes enfants et je les ai prises avec moi ! Je les ai emportées pour les vacances jusqu’en Ouganda, en Croatie, au Niger. Je ne suis pas forcément attaché aux objets, mais ma loupe et ma pince me sont vraiment essentielles. Sans elles, je ne peux rien faire ! Comme un ornithologue a des jumelles.

Un livre préféré que vous emporteriez sur une île déserte ?

J’ai une passion pour Boris Vian. Récemment, j’ai relu L’Herbe Rouge, un de ses romans qui me touche le plus. Mais je ne prendrais pas un livre de Boris Vian sur une île déserte. D’ailleurs, je ne prendrais aucun livre avec moi. J’aime trop les livres pour n’en choisir qu’un seul ! Je ne sais pas si je prendrais ma loupe et ma pince d’ailleurs. Etre sur une île déserte, ce serait pour moi l’occasion de ne rien faire... Je suis toujours très occupé, et l’idée de ne rien faire me semble exotique !
 
Une personne qui a beaucoup compté ?

C’est le directeur d’un laboratoire qui m’a accueilli lorsque j’ai repiqué ma maîtrise. Il se nomme Alain Leprêtre et il est entomologiste (du Laboratoire d’Écologie Numérique, de l’Université de Sciences et Technologies de Lille). J’avais postulé au Muséum national d’histoire naturelle pour un DEA, mais je n’ai pas été pris. Ça a été une très grosse déception. Alain Leprêtre m’a dit : “On va trouver une solution”. Il m’a poussé à faire un diplôme supérieur de recherche et j’ai enchaîné avec un DESS de gestion des ressources naturelles renouvelables à la faculté de Lille. Ça m’a remis en selle pour le reste de mon parcours. Aujourd’hui, je le vois toujours. Mais c’est désormais une relation entre deux partenaires qui collaborent.

Votre passion en dehors du travail ?

Mon travail, c’est ma passion. Ma passion c’est mon travail ! Mais si c’était à refaire, je serais sans doute bouquiniste. J’adore les livres. Mais j’aime encore plus les livres qui ont vécu ! Je trouve très stimulante l’idée de remettre dans le circuit des livres anciens. Lorsque j’ai un vieux livre dans les mains, je cherche les remarques écrites à la main par ses anciens détenteurs : les annotations, les notes gribouillées. J’essaye de deviner leurs pensées. Ce sont des livres qui ont une histoire. A Lille, je vais parfois sur la place de la Bourse, il y a un marché aux bouquinistes. Je vais volontiers y flâner.

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