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Yves Le Bechennec, fouiller pour partager

D'abord engagé comme ouvrier fouilleur qualifié pour les fouilles sur le chantier du Grand Louvre en 1983, il devient bientôt responsable d'opération. En 1986, il rejoint le service archéologique de la ville de Saint-Denis, avant d'intégrer celui du département de la Seine-Saint-Denis.

Yves Le Béchennec & Stéphane MarionA gauche, l'archéologue Yves Le Béchennec lors des fouilles du site gaulois de Bobigny, en présence d'un collègue, Stéphane Marion.
© Cyrille Le Forestier / CG 93

Barbe conséquente, lunettes rondes, et bleu de travail maculé de terre échappée de fouilles : si Yves Le Bechennec incarne à sa manière (et presque malgré lui) une certaine image d'Épinal de l'archéologue, son parcours reste largement atypique.

Il aura suffi d'une photographie accrochée dans une classe d'histoire de 6e pour susciter chez ce Parisien de naissance une ferme vocation. "Elle montrait André Leroi-Gourhan, ce grand monsieur de la préhistoire, entouré d'élèves. Ils fouillaient, agenouillés sur des planches, le site de Pincevent, dans la vallée de la Seine. Tous avaient l'air d'avoir froid, mais je rêvais de faire comme eux." Alors que d'autres à cet âge s'imaginent volontiers égyptologues, Yves Le Bechennec, lui, ambitionne plutôt de décrypter le territoire français. Avec ce sentiment, déjà, que tout vestige a son importance. Et c'est au sein des Éclaireurs unionistes de France que l'adolescent peut dès treize ans laisser libre cours à sa passion, avant d'encadrer ses cadets à Saint-Denis, sur des chantiers consacrés à l'époque médiévale. Car la ville, pionnière en la matière, accueille volontiers des stagiaires.

Le terrain et la médiation : Yves Le Bechennec ne cessera dès lors de défendre cette approche de l'archéologie. Décidément plus à l'aise sur un site de fouilles que sur les bancs de l'université, que cet ancien étudiant en histoire déserte rapidement (non sans avoir milité à l'Alliance des jeunes pour le socialisme), il est recruté comme ouvrier fouilleur qualifié quand les fouilles démarrent au Louvre, à l'occasion du Grand Louvre, en 1983. Il y devient bientôt responsable de zone. En 1986, il rejoint le service archéologique de la Ville de Saint-Denis, avant d'intégrer en 1992 celui du département de la Seine-Saint-Denis. "Nous étions confrontés à des opérations d'urgence. C'était l'époque du sauvetage programmé (le sauvetage programmé a précédé la législation sur l'archéologie préventive), qui exigeait de la réactivité. Une bonne école."

Sa période de prédilection ? "De par ma formation (sur le terrain, à Saint-Denis), j'ai longtemps nourri un goût particulier pour le Moyen Âge. Aujourd'hui, la fin de l'époque romaine et les questions qu'elle soulève m'intéressent beaucoup : comment se réorganise la société dans une phase dite de barbarie."

Mais en Seine-Saint-Denis, son travail, insiste-t-il, s'inscrit d'abord dans une logique de territoire, puisqu'il s'agit de mettre en relation les différents vestiges collectés. Cette démarche, pour appréhender le passé mais aussi mieux vivre l'avenir, s'adresse donc résolument aux habitants. Car les découvertes archéologiques et l'éclairage de l'histoire qu'elles apportent ne réjouissent jamais autant Yves Le Bechennec que lorsqu'il peut les partager. Une mission de service public qu'il assume pleinement, alors qu'il coordonne une équipe allant de 5 à 30 personnes selon les périodes de fouilles, et consacre encore de son temps au terrain. Et bien que le site gaulois de Bobigny, riche encore de promesses, lui ait ces quinze dernières années réservé quelques belles surprises, lui se souvient surtout avec émotion de l'exposition pour tous, réalisée avec succès en 2004, dans le hall du centre commercial de la ville.

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