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La mort dans tous ses états !

  • Posté le : Jeudi 13 Février 2014

Questions posées à :

La mort dans tous ses états !

3 questions à ... Marie-France Mamzer, néphrologue dans le service de transplantation et de réanimation de l'hôpital Necker-Enfants malades (Paris), membre du laboratoire d'éthique médicale de l'Université Paris V-René Descartes.

Sur l’écran, un homme s’écroule soudainement. Quelqu’un se précipite, se penche, l’examine rapidement puis annonce d’une voix sourde : “Il est mort, je suis désolé”... Dans un film, tout cela parait simple. Dans la réalité, définir la mort n’est pas aussi évident. Aujourd’hui ce sont les médecins qui sont au premier plan pour répondre à cette question : c’est quoi la mort ?

  • Comment peut-on définir la mort?

    La mort dans tous ses états !

    Personne n’a encore réussi à définir la mort de façon universelle. Si on interroge les gens, la définition de la mort sera très différente d’une personne à une autre, en fonction de sa culture, de son environnement, de sa religion. On considère souvent la mort comme un moment de passage, dont personne ne peut définir ni le début, ni la fin, ni la durée, qui est très difficile à conceptualiser. La médecine n’est pas capable de décrire ce passage, ni même d’affirmer qu’il existe.

    Il est possible de donner une définition juridique de la mort. Le médecin, lui, ne donne pas de définition : il constate un état, l’état d’après la vie, qui s’appelle la mort. L’ambiguïté, c’est que la mort est à la fois un processus, qui peut être différent selon les cas, et un état, que le médecin peut constater en s’appuyant sur des critères médicaux précis.

  • Quels sont les critères utilisés par les médecins?

    La mort dans tous ses états !

    Dans l’immense majorité des cas, la mort est constatée par un examen clinique qui vérifie que le cœur ne bat plus, que la respiration a cessé, qu’il n’y a plus aucun réflexe, ni de circulation sanguine. Si le décès date de plusieurs heures, il y a des signes évidents, comme la rigidité cadavérique. Cependant les constats sont généralement établis bien avant ces signes, car la mort a de plus en plus souvent lieu à l’hôpital. Ce qui n’est pas facile à accepter, c’est que les critères médicaux ne sont pas toujours les mêmes en fonction des circonstances et qu’actuellement ils dépendent de la possibilité ou non de prélever un organe pour une transplantation. Si on envisage un prélèvement d’organe, des critères précis sont utilisés pour montrer que l’activité cérébrale est nulle et que l’on est bien dans le cas d’un état de mort cérébrale.

  • Pourquoi a-t-il fallu redéfinir les critères de la mort cérébrale ?

    La mort dans tous ses états !

    Avec les techniques de réanimation employées à partir des années 1950, nous avons été confrontés au fait que l’on peut mourir alors que le cœur bat encore, les machines prenant le relais des fonctions vitales comme la respiration et la circulation. Des recherches ont alors été menées par des neurologues, notamment les Français Maurice Goulon et Pierre Mollaret, qui ont démontré que chez ces gens en réanimation avec des graves dommages cérébraux, les fonctions cardiaques ou respiratoires pouvaient être maintenues par des machines alors qu’il n’y avait plus aucune activité cérébrale et plus aucun réflexe. C’est ce qui a d’abord été appelé “coma dépassé” puis de façon plus appropriée “mort encéphalique” ou “mort cérébrale”. L’électroencéphalogramme (EEG), qui mesure l’activité électrique du cerveau, ou la radiographie, permettent d’établir qu’il n’y a plus d’activité, que le cerveau est détruit.

    Le coma ou les états végétatifs sont très différents : pas de confusion possible car une partie du cerveau est préservée, la respiration se fait sans machine.

    Cette définition de la mort cérébrale vers 1968 a marqué un tournant considérable : c’est à partir de ce moment que l’on a pu proposer des prélèvements d’organes chez des personnes décédées dont l’activité cardiaque était maintenue artificiellement.

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