logo Essonne

Espaces Naturels Sensibles en Essonne : “protéger et transmettre”

Fin 2011, le Département votait un large plan pour le maintien de la biodiversité sur le territoire. Le point avec David Pecquet du Conseil général, sur les avancées en la matière. Et sur les problèmes auxquels il faut faire face.

paysage Essonne© L. Antoni / Conseil général de l'Essonne

Pour beaucoup de Franciliens, l’Essonne, ce sont d’abord ces axes routiers  - direction le Sud et l’Ouest ! - qui découpent le département, le trouent presque. On parle de paysage “mité”.  Mais pour les Essonniens, ce territoire est plutôt synonyme de forêts, marais, prairies et vergers... Car oui, entre les bandes de goudrons, le département abrite un environnement exceptionnel et diversifié. C’est pour le protéger que l’Essonne s’appuie, depuis 1989, sur sa compétence en matière d’Espaces Naturels Sensibles (ENS). En décembre 2011, le Conseil général s’est donnée de nouveaux objectifs en adoptant un schéma des ENS, pour la période 2012-2021. Cette stratégie pour la biodiversité, repose sur 19 plans d’actions, pour la conservation de la faune et des habitats naturels. Parmi lesquels, dix actions en faveur des espèces de la faune sauvage et neuf en faveur des habitats naturels. Ces actions ont été choisies en fonction de leur caractère emblématique pour la biodiversité essonnienne, et des menaces qui pèsent sur elle.

Compétente pour la protection, la gestion et l’ouverture au public selon la loi de 1985, l’Essonne est, en 1989, l’un des premiers départements français à se lancer dans la création d’ENS ”, explique David Pecquet, chef de service du Conservatoire départemental des Espaces Naturels Sensibles au Conseil général de l’Essonne. Composé d’une équipe de 32 personnes, ce service conséquent gère l’intégralité du dispositif ENS : “Nous nous chargeons des aspects administratifs, techniques, scientifiques et pédagogiques, poursuit-il. Nous disposons notamment de solides compétences en termes de maîtrise d’ouvrage, pour gérer l’ensemble des étapes de protection d’un site, depuis son acquisition jusqu’à son ouverture au public.” 

Car l'acquisition foncière est l’une des “armes” dont dispose les départements pour tenter de préserver la biodiversité. Ainsi, les Basses vallées de l’Essonne et de la Juine, Val de Seine, Buttes du Herpoix et Haute vallée de l’Essonne, 4 pôles naturels majeurs, bénéficient-ils d’une politique foncière volontariste.

paysage Essonne© L.Antoni / Conseil général de l'Essonne

Protection et pédagogie

Pour acquérir un nouveau site - espace boisé, zone humide, pelouse calcicole -, les périmètres ENS sont tout d’abord définis avec les communes. Les terrains sont ensuite achetés. S’ensuit une étude du patrimoine naturel, puis une remise en état et une gestion écologique afin d’accroître la richesse biologique de l’espace. Le site est finalement aménagé “pour permettre au plus grand nombre d’Essonniens d’y accéder, de le visiter “, conclut David Pecquet.

Pour acquérir de nouveaux terrains, le Département dispose de deux outils.  Il peut définir un droit de préemption sur ces espaces, en accord avec la commune concernée. Il peut également faire appel à la taxe dite d’aménagement, qui correspond à une fiscalité basée sur les nouvelles constructions et dont les recettes sont affectées à la protection de la nature. De 20 à 50 hectares sont ainsi achetés tous les ans en Essonne.

Les espaces naturels sensibles de l'Essonne© L.Antoni / Conseil général de l'Essonne

Etalement urbain versus corridors écologiques

Mais malgré ce contexte propice, l’Essonne subit, comme tout le territoire français, certaines pressions. Parmi elles, l’étalement des villes. Ce phénomène généralisé a de multiples conséquences néfastes sur les ENS : dégradation, mitage paysager (ou des îlots urbains le disputent à des espaces verts), pollution industrielle sur les cours d’eau, etc. 

L’agriculture, extrêmement présente en Essonne, a un impact évident sur la qualité des ENS : “ Aujourd’hui, pour des raisons de rentabilité, les agriculteurs ne veulent plus entretenir les prairies présentes sur les coteaux et en fond de vallées, leurs parcelles de culture se trouvant principalement sur les grands plateaux. Ces zones sont donc laissées à l’abandon et ont tendance à devenir des friches sans entretien où tout peut pousser, déplore David Pecquet. L’ennui c’est que ces surfaces boisées sont beaucoup moins riches d’un point de vue biodiversité que les prairies pâturées.“ Pour mieux les entretenir, se met alors en place une activité agricole, mais pas n’importe laquelle : une agriculture traditionnelle, que l’Essonne a bien connu par le passé et dont il faut conserver une trace.

Et pour que cette forme d’agriculture soit préservée, elle est intégrée à un réseau d’espaces agricoles appelé “trame jaune”. Faisant écho aux trames vertes et bleues, mesures phares du Grenelle de l’environnement visant à rétablir des continuités écologiques (aquatiques et terrestres) entre des territoires, la trame jaune a pour but de préserver certains paysages agricoles. Par exemple, les bandes enherbées favorables à la faune des plaines agricoles (Alouette des champs, Oedicnème criard, Cailles des blés, Perdrix grise...).  Ainsi que les espèces emblématiques qui y vivent, comme le busard. “Bien que l’intérêt de la trame jaune soit écologiquement plus limité que celui des trames vertes et bleues, il nous faut aussi préserver ce patrimoine agricole traditionnel si caractéristique du département”, précise David Pecquet. Dans le cadre du schéma des ENS, nous allons engager un  travail sur la restauration des haies et des cours d’eau au sein de ces espaces agricoles.” 

Et le Département ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En prévision de la loi-cadre sur la biodiversité, attendue pour 2013, l’Essonne va faire des propositions au gouvernement aux côtés de l’Assemblée des Départements de France. “L’objectif étant d’optimiser l’outil ENS, conclut David Pecquet. Et de l’ajuster pour qu’il soit plus opérationnel encore.

paysage espaces verts Essonne© L.Antoni / Conseil général de l'Essonne

Avec 10 800 hectares de zones Espaces Naturels Sensibles (ENS), 3 510 hectares de nature acquis par les collectivités, ainsi que 39 domaines naturels départementaux, dont 22 sont aménagés et ouverts au public, l’Essonne a bel et bien une nature riche mise à la disposition du public. 

Le Département mène depuis plus de 20 ans une politique volontariste dans le cadre de la loi de 1985 relative aux ENS. Préfigurant les corridors écologiques instaurés par le Grenelle de l’environnement, - les fameuses trames vertes et bleues -, le Conseil général a ainsi tissé un réseau écologique départemental d’une grande densité.

Restez connecté

Suivez-nous : Page Facebook Page Twitter

Lettre d'information :

Vidéo

Cette vidéo nécessite le plug-in gratuit Flash 8.
Il semble que vous ne l'avez pas.
Cliquer ici pour le télécharger

Interview de Xavier Raepsaet - La propulsion nucléaire spatiale

Portraits d'experts

  • Romina Aron Badin, les primates au coeur
  • Jacques-Marie Bardintzeff, une vie consacrée aux volcans
  • Catherine Charlot-Valdieu :  Home sweet home
  • Didier Labille, l’astronomie en amateur professionnel