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Pollution de l'air : peut toujours mieux faire

Même si la qualité de l'air s'améliore en Ile-de-France, la situation reste préoccupante. Quels polluants sont en cause ? Comment les mesure-t-on ? Que faire pour respirer, demain, un air plus pur ? AIRPARIF, l'association qui surveille l'air francilien, se préoccupe de toutes ces questions.

Vue de Paris sous la pollutionÉpisode de pollution due au NO2 (dioxyde d’azote) sur une grande avenue à Paris.
© AIRPARIF

Chacun a le droit de respirer un air qui ne nuit pas à sa santé. C’est écrit noir sur blanc dans la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE), votée en1996. Pourtant, selon un sondage mené en 2003 par l’agence BVA (qui portait également sur la sécurité et l’emploi), la pollution atmosphérique reste la première préoccupation des Franciliens (33 %), avant la qualité de l’eau du robinet (18 %) et le bruit (18 %). Et pour cause : la même année, une étude européenne (projet Life-Resolution) montrait que plus de 4,5 millions d'entre eux (sur 11 millions) vivent dans des zones où le niveau moyen de dioxyde d'azote, l’un des principaux polluants atmosphériques dus notamment aux émissions des moteurs, est supérieur aux "objectifs de qualité" (40 microgrammes (µg) par m3) fixés par la réglementation.

L’année 2005 a toutefois confirmé la tendance à la baisse au long cours des émissions de polluants en Île-de-France, selon le bilan annuel publié par AIRPARIF, l’association chargée de la surveillance de la qualité de l’air. Des résultats attribuables à une réglementation européenne plus stricte, notamment pour les activités industrielles et les carburants, et à l’amélioration technique du parc automobile.
Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Le taux d’ozone grimpe toujours, le dioxyde d’azote et les particules sont toujours stables à proximité du trafic. Sur le territoire francilien, quatre polluants* dépassent les valeurs limites françaises ou sont loin des objectifs de qualité réglementaires à atteindre en 2010**. Principal fautif : le trafic routier, sans cesse plus dense.

Or les polluants atmosphériques posent un problème de santé publique. La liste des maladies respiratoires et des allergies qu’ils aggravent s’allonge au fil des ans. Sans compter leurs effets délétères sur l’environnement : moindre croissance de certains végétaux, nécrose des feuilles, contribution aux pluies acides, à l’effet de serre, etc.
Voilà pourquoi la LAURE a généralisé la mise en place d’associations de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), comme AIRPARIF, capables de donner l’alerte si nécessaire. Plusieurs dispositifs publics œuvrent par ailleurs à la réduction des polluants. Mais chacun d’entre nous peut aussi y contribuer, au quotidien, grâce à des gestes simples. La qualité de l’air est l’affaire de tous !

* Dioxyde d’azote, ozone, benzène, particules
**Le site de l'association de surveillance de la qualité de l'air :
http://www.airparif.asso.fr/

01.En ÎIe-de-France, des hauts et des bas

Graphiques sur les différentes sources de polluantsÉvolution des principaux polluants dans l'air ambiant de l'agglomération parisienne de 1992 à 2005. La plupart de ces polluants sont en baisse, excepté l'ozone qui est en augmentation constante. Ces tendances se vérifient également dans d'autres régions européennes.
© AIRPARIF
D’où vient la pollution de l’air ? La réponse est moins simple qu’il n’y paraît. Tout d’abord, la liste des sources est longue : transports terrestres et aériens, activités industrielles et artisanales, agriculture, modes de chauffage résidentiel, usage de produits ménagers. À noter que les polluants sont souvent en quantité et en concentration plus élevées à l’intérieur des habitations qu’à l’extérieur. Par exemple les composés organiques volatils (COV) sont largement utilisés dans la fabrication de nombreux matériaux et produits : peintures, laques, vernis, savons, cosmétiques, colles, désodorisants, moquettes, vernis à bois. Ils s'évaporent plus ou moins rapidement à la température ambiante et se retrouvent ainsi dans l'air inhalé par les habitants des logements ou des bureaux. Ils peuvent entraîner de simples irritations de la peau, des muqueuses et du système pulmonaire, mais aussi maux de tête et vomissements. Certains, dans le cas d’exposition professionnelle, sont associés à des leucémies ou des cancers. Autre exemple, les appareils de combustion (à gaz, fioul, pétrole, bois ou charbon) non ou mal raccordés à un conduit d'évacuation, fonctionnant dans de mauvaises conditions d'aération ou mal entretenus, sont sources de monoxyde de carbone (CO). Ces différentes pollutions extérieure et intérieure peuvent s’ajouter, mais aussi interagir, en créant d’autres polluants. La surveillance de tous ces polluants domestiques est assurée depuis 2001 par l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, qui contribue à la mise au point de recommandations dans le domaine du bâtiment, AIRPARIF ne surveillant que l’air extérieur.

Le transport routier (voitures, deux roues motorisés, poids lourds) reste le principal point noir, notamment en Île-de-France, où le trafic contribue à plus de la moitié des émissions d’oxydes d’azote (NOx), à plus des trois quarts de celles de monoxyde de carbone (CO) et à 36,2 % des particules ou poussières en suspension (PM10) dans l’air francilien (NDLR : données 2005). Car la circulation en hausse constante limite partiellement les vraies avancées réglementaires sur les carburants (interdiction du plomb - considéré maintenant comme un "problème résolu" - diminution du benzène…) et des progrès techniques (filtres à particules, pots catalytiques notamment).

En revanche, la part de l’industrie diminue dans toute la région. Deux raisons à cela : les usines se raréfient sur ce territoire et la plupart des activités industrielles sont soumises à des réglementations très strictes qui ont fait chuter leurs polluants. "Les niveaux de dioxyde de soufre ont été divisés par 20 en 50 ans", précise Karine Léger, ingénieur chez AIRPARIF.

Rien d’étonnant donc à ce que les secteurs les plus pollués se trouvent là où la circulation est la plus intense. "Le périphérique est vraiment la zone de pollution la plus importante de l’agglomération parisienne, surtout pour le dioxyde d’azote. En milieu rural, en revanche, c’est l’ozone qui pose problème", résume Karine Léger. Ce polluant dit "secondaire" car il résulte de réactions photochimiques faisant intervenir des polluants "primaires" (les oxydes d’azote en particulier) provoque de nombreuses irritations, notamment oculaires et pulmonaires. Ses conséquences sur la santé sont d’autant plus graves chez les asthmatiques, les enfants et les personnes âgées, notamment durant les jours de forte chaleur et en l’absence de vent.
Le centre encombré de la capitale n’est pas non plus très bien loti aux heures de pointe. Résultat : "l’objectif de qualité pour le dioxyde d’azote (40µg/M3) n’est pas respecté dans Paris et une partie de la petite couronne, où près de trois millions de Franciliens auraient été exposés en 2004 à un air de qualité non satisfaisante", indiquait récemment AIRPARIF. Quid des aéroports ? En 2004, autour de Roissy, AIRPARIF notait "un surcroît notable de pollution chronique", allant jusqu’à 20 % pour le dioxyde d’azote.

Mais d’autres facteurs, tels que le relief, interviennent. De ce point de vue, la région parisienne est favorisée, avec un climat océanique venteux qui aide au brassage de l’atmosphère. Plus importantes encore, les conditions météorologiques (ensoleillement, température, vent, pluie…) peuvent changer la donne pour l’ozone, issu d’une réaction photochimique entre plusieurs polluants (NOx, CO, COV) provoquée par les rayons ultraviolets. Rappelons-nous l’année 2003. L’été ? Un cas d’école ! Avec la canicule "pendant quinze jours, les épisodes de pollution à l’ozone dépassant le “seuil d’information” se sont succédé sans arrêt", raconte Karine Léger.
Or l’ozone inquiète : ses teneurs ont doublé en quinze ans. De même, les concentrations en dioxyde d’azote, un précurseur de l’ozone, peinent à baisser à proximité du trafic. Le programme de recherche ERPURS (Évaluation des Risques de la Pollution URbaine pour la Santé), coordonné par l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) d’Île-de-France, a montré une augmentation de la mortalité au moment des épisodes de pollution à l’ozone. Il a également associé les particules en suspension, dont les niveaux ont doublé à proximité du trafic en Île-de-France, à une hausse de la mortalité pour causes respiratoires ou cardiovasculaires. Le benzène, cancérigène, préoccupe également, même s’il est déjà réglementé depuis 5 ans.
Qu’en sera-t-il en 2010, quand les seuils limites fixés par les directives européennes pour préserver la santé publique devront être respectés ? Selon une étude prospective d’AIRPARIF, l’arsenal antipollution actuel ne suffira pas. Il faudra de nouvelles diminutions d’émissions pour y parvenir.

02.Surveiller l'air en Île-de-France

Têtes de prélèvement d’une station de mesure et tubes à diffusionLes têtes de prélèvement aspirent l’air et l’envoient vers les analyseurs automatiques internes de la station. Les données seront ensuite transmises à l’ordinateur central d’AIRPARIF. Les tubes à diffusion sont également des appareils de mesure de la pollution dont les résultats sont utilisés en complément de ceux des stations.
© AIRPARIF
Certains journaux du matin et émissions d’information locale vous communiquent chaque jour la qualité de l’air près de chez vous. Un arrêté, pris en 2004, a fixé pour toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants les quatre polluants à mesurer (dioxyde de souffre, poussières, dioxyde d’azote, ozone), et le mode de calcul d’un indice de qualité de l’air gradué de 1 (très bon) à 10 (très mauvais). Ce calcul se base sur des seuils de pollution de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). Il est ainsi possible de comparer la qualité de l’air de toutes les villes françaises entre elles. En revanche, au niveau européen chaque pays a ses propres indices. Par exemple celui des Anglais est basé sur les effets aigus sur la santé. Résultat : leur indice est quasiment toujours bon. Un projet réunissant plusieurs villes européennes (Prague, Rotterdam, Bruxelles, Rome, Bratislava) tente d’harmoniser la mesure de la qualité de l’air au niveau européen et a pour objectif de diffuser deux indices : l’un de la qualité de l’air général, l’autre de la qualité de l’air à proximité du trafic automobile. D’ici 2007, cette harmonisation devrait permettre de comparer les principales villes européennes entre elles (pour en savoir plus sur ce projet européen, www.airqualitynow.org).

En Île-de-France, des Halles à Bois-Herpin (91), Fontainebleau ou Rambouillet, AIRPARIF mesure la pollution de fond, générale, à laquelle nous sommes exposés en permanence, grâce à quarante-six stations. C’est pour mesurer la pollution ambiante que ces stations sont souvent placées dans des parcs. L’association possède aussi des instruments qui mesurent les polluants à proximité du trafic, où les niveaux sont les plus élevés. Sur les 46 stations, six sont ainsi dédiées à l’indice trafic. Et donnent des résultats tous les quarts d’heure, 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

De l’extérieur, une station de mesure ressemble à un petit bungalow métallique surmonté d’un nombre variable d’antennes courtes. Ces têtes de prélèvement aspirent l’air et l’envoient vers des analyseurs automatiques. Mesure faite, les données sont transmises par ligne téléphonique à l’ordinateur central d’AIRPARIF. À partir de ces données et en fonction de la météo, l’ingénieur d’astreinte établit une prévision de la qualité de l’air de la région et de l’indice Atmo pour l’agglomération parisienne pour le jour même et le lendemain.
Mais le rôle d’AIRPARIF est aussi de mieux connaître les polluants et d’aider, par son expertise, l’action publique. L’association a ainsi produit des études sur les alentours des gros échangeurs routiers d’Île-de-France, notamment à la Porte de Bagnolet ou sur l’état de l’air aux environs du futur centre de valorisation des excédents de chantier du bâtiment à Bobigny (Seine-Saint-Denis). L’organisme s’intéresse aussi aux polluants ou nuisances non réglementées. Ainsi, une première étude est en cours sur les retombées de suies près des aéroports (en collaboration avec le Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques, LISA). Une seconde s’intéresse aux pesticides dans l’air ambiant. Au total, l’inventaire de l’association comprend soixante polluants.Financé pour un tiers par le ministère de l’environnement, pour un tiers par les collectivités locales et pour un troisième tiers par les industriels de la région Île-de-France au titre des taxes sur les activités polluantes, AIRPARIF emploie 47 personnes. La moitié sont ingénieurs, l’autre moitié techniciens. Ils ont généralement une formation de chimiste (souvent une spécialité en chimie de l’atmosphère), mais certains sont aussi électroniciens (pour l’entretien des stations de mesure) ou statisticiens (pour le traitement des données). L’essentiel des analyses est fait en interne (90%), quelques-unes (pesticides, dioxines) étant sous traitées par exemple au laboratoire d’hygiène de la Ville de Paris (LHVP), ou à celui de la Préfecture de Police. IRPARIF participe à de nombreux projets de recherche et développement au niveau national et européen, par exemple pour le développement de modèles de prévision de la pollution.

Pour ces campagnes de mesures, AIRPARIF utilise des camionnettes laboratoires, dites "stations mobiles", qui peuvent effectuer des mesures toutes les quinze minutes. L’association utilise également des "tubes à diffusion passive", qui s’installent facilement sur des poteaux et donnent une moyenne de concentrations sur une semaine ou quinze jours. Elle en a placé deux cents autour du Bourget.

AIRPARIF utilise également des outils de modélisation, cartographie les concentrations de polluants et établit des prévisions et des simulations. On peut ainsi évaluer à l’avance l’impact probable de nouvelles actions antipollution et surtout, anticiper les pics. Et les méthodes ne cessent de s’affiner. "Nous sommes passés de prélèvements en éprouvettes suivis de longues manipulations à des mesures en temps réel ! ", lance Karine Léger. Car il faut rapidement s’adapter : peaufiner la mesure des composés organiques volatiles, renforcer bientôt celle des particules fines… Sans compter que "les directives européennes obligent à mesurer de nouveaux polluants et baissent régulièrement les seuils d’alerte existants", remarque Karine Léger.

Au-delà d’un certain seuil, variable selon qu’il s’agisse de l’ozone, du dioxyde d’azote ou du dioxyde de soufre, AIRPARIF peut en effet déclencher soit une procédure d’information (sept pour l’ozone en 2005), soit donner l’alerte, un stade critique qui induit des mesures contraignantes prises par les autorités. La dernière en date remonte à 1997. On avait vu alors la circulation alternée être mise en place pendant une journée.

03.L'impact du trafic en Essonne

Carte de concentrations annuelles de NO2Carte des concentrations annuelles de NO2 (dioxyde d’azote) le long des principaux axes de circulation de l’Essonne en 2005.
© AIRPARIF
Où respire-t-on le mieux en Essonne ? Plutôt au bord de l’eau et de la route nationale 7, à Juvisy-sur-Orge, ou bien à la campagne, du côté de Milly-la-Forêt ? Sans surprise, la seconde option l’emporte. En tout cas pour les polluants liés au trafic routier : dioxyde d’azote, particules, benzène, monoxyde de carbone. Ce type de transport est le premier pollueur de l’air départemental. Il est responsable de 61 % des émissions d’oxydes d’azote en Essonne (contre 52 % en moyenne en Île-de-France), de 79 % du monoxyde de carbone, un chiffre presque équivalent aux données franciliennes, et de 42 % des particules, 8 % de plus qu’au niveau régional.

Ce sont les conclusions d’une étude publiée en juin 2006 par AIRPARIF sur la qualité de l’air au voisinage des grands axes routiers du département. Menée à la demande du Conseil général de l’Essonne, qui souhaitait mieux connaître la situation du territoire pour mieux prévenir les pollutions, elle a nécessité une campagne de mesures importante pendant un mois le long de la Francilienne (N104) et de l’autoroute A10, complétées avec les données de fond générées par les quatre stations fixes d’AIRPARIF dans le département et des outils de modélisation.

Qu’en ressort-il ? Les émissions sont plus importantes dans le nord du département, où la population est plus dense et l’activité économique plus intense. À mesure que l’on s’éloigne vers le sud, la pollution diminue. Les grands axes routiers (A10, A6, N104, N20 et N118), ainsi que quelques sources industrielles, se démarquent nettement comme émetteurs d’oxydes d’azote. Sur les autoroutes et la Francilienne, la vitesse et la présence de poids lourds favorisent les particules et le dioxyde d’azote. La circulation moins fluide sur la nationale 20 engendre, elle, monoxyde de carbone et benzène. Faut-il alors partir vivre loin des axes routiers ? Pas forcément. Aux abords de l’A10 et de la Francilienne, le "rayon d’action" des polluants ne dépasse pas 200 mètres pour le dioxyde d’azote. Il est de moins de 100 mètres pour le benzène et entre 50 et 100 mètres pour les particules et le gaz carbonique.

De plus, contrairement à Paris et sa proche banlieue, les normes de qualité de l’air pour les polluants liés au trafic sont respectées sur une très large part du territoire essonnien. Seules quelques zones très proches des axes les plus chargés sont problématiques : aux abords de l’extrémité nord de l’autoroute A10, de la partie nord de l’A6 et du tronçon de la N104 entre Évry et Saint-Germain-lès-Corbeil.

À l’avenir, la tendance à la baisse du dioxyde d’azote, déjà remarquée entre 2000 et 2005 sur toute l’Île-de-France, devrait se poursuivre, notamment si les conditions météorologiques sont bonnes. Si elles sont défavorables, AIRPARIF prévoit en 2010 un retour aux niveaux de 2005, avec peut-être une légère hausse dans le nord du département.

04.Des pistes pour un air plus pur

Couloir de busLes couloirs de bus aménagés à Paris contribuent à l'amélioration de la qualité de l'air tout en diminuant la vitesse et l'importance du trafic automobile.
© B.Turquier
Certaines pollutions baissent. Certaines émissions disparaissent. Et pourtant la qualité de l’air reste préoccupante. Alors que faire pour y remédier ?

Au niveau des autorités locales, plusieurs dispositifs instaurés par la LAURE se complètent pour enrayer les émanations toxiques. L’Île-de-France dispose ainsi d’un plan régional pour la qualité de l’air (PRQA). Adopté en 2000, il fixe des orientations pour prévenir ou réduire la pollution atmosphérique : réduire le parc automobile ancien, le nombre et la vitesse des déplacements automobiles, inciter aux économies d’énergie, établir des règles fiscales favorables au développement durable… Ce PRQA doit être compatible avec le plan de déplacement urbain (PDU). Quel est le rôle du PDU ? Assurer un équilibre entre les besoins de mobilité des Franciliens et la protection de leur environnement et de leur santé. Parmi ses objectifs en cinq ans : réduire de 3 % le trafic automobile, augmenter de 2 % l’usage des transports collectifs, doubler les déplacements en vélo, etc. Enfin, l’Île-de-France est, comme toutes les régions de France, soumise à un plan de protection de l’atmosphère. Réalisé en 2005, il lance plusieurs pistes, ou même des mesures contraignantes, pour respecter les normes européennes de qualité de l'air : développement du covoiturage et des navettes en entreprises, réduction des émissions des usines d’incinération d’ordures ménagères, équipement des pompes à essence en récupérateurs de vapeurs d’hydrocarbures, imposition de critères de rendement et d’émissions de polluants pour les chaudières neuves, au fioul ou au gaz…

L’équation est complexe, mais il est clair que les alternatives à l’automobile sont à privilégier. Certaines mesures pour développer les transports en commun ont d’ailleurs montré leur efficacité. Une étude publiée fin 2002 par AIRPARIF comparait la qualité de l'air rue de Rivoli, boulevard de Sébastopol et boulevard de Strasbourg avant et un an après les travaux d'isolement des couloirs de bus. Elle montrait une baisse marquée des émissions liées au trafic pouvant varier entre - 6 % et - 19 % selon les polluants et les périodes sur Rivoli. Autre approche un peu oubliée : développer les espaces verts. "Nous avons relevé que la pollution baisse plus vite aux abords du périphérique quand il y a un stade ou un parc à proximité", précise Karine Léger.

À son échelle, chacun d’entre nous peut aussi contribuer à la qualité de l’air. Les gestes sont simples et quotidiens. Adopter les transports en commun et, pour les trajets courts, marcher ou prendre son vélo. En voiture, ne jamais laisser le moteur tourner pour rien. Bannir la conduite agressive, qui entraîne une surconsommation de carburant de 30 à 40 %. Enfin, faire réviser son véhicule. Mal réglé, il peut polluer jusqu’à 50 fois plus. Un conseil qui vaut aussi pour les installations de chauffage ! Enfin, pour se prémunir des gaz irritants, éviter les activités sportives intenses pendant les pics élevés, aérer chez soi aux heures creuses, ouvrir la fenêtre quand on utilise des colles et solvants, bouder les aérosols, éviter les rues encombrées et… arrêter de fumer !

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