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Homme/animal : les frontières s'estompent

Depuis que l'on sait que le génome humain ne diffère guère de celui du chimpanzé, et que l'on peut cloner un humain en utilisant un ovule de vache, il devient difficile de dresser une frontière absolue entre l'homme et l'animal. Mais comment définir l'animal ?

Différence homme/animalPeut-on définir l'animal en soi, et non par opposition à l'homme ? C'est la question que se sont posé de nombreux philosophes.
© SXC

Des êtres sans parole ni intention, assimilables à des machines : voilà comment René Descartes, au XVIIIe siècle, voit les animaux. Selon lui, la différence entre l'homme et l'animal n'est pas une différence de degré ou de complexité, mais de nature. Seul l'homme aurait une âme, d'une essence totalement différente du corps, tandis que les animaux ne seraient régis que par un principe mécanique. Avec Charles Darwin, biologiste britannique (1809-1892) et la théorie de l'évolution, l'idée d'une proximité anatomique entre les singes supérieurs et l'homme est avancée. Une thèse qui provoquera de nombreux remous. D'autant que le naturaliste n'attribue même pas à l'homme un particularisme moral.

Aux XVIIIe et XIXe siècle se développera le souci de protéger les animaux des mauvais traitements. La première société protectrice des animaux (SPA) est fondée en France en 1845, et la société française contre la vivisection, présidée par Victor Hugo, est créée en 1884. Encore un siècle, et, en 1978, une déclaration universelle des droits des animaux est proclamée à l'Unesco. Entre "l'animal machine" et l'animal protégé au nom du respect des équilibres biologiques et du refus de toute souffrance injustifiée, que de chemin parcouru !

Pourtant, il n'est toujours pas simple de définir ce qu'est un animal, même si de nombreux philosophes ont tenté de le faire (chapitre 1). Les récents progrès de la génétique (décryptage du génome du chimpanzé) viennent conforter les thèses de Darwin : l'homme est bien un primate parmi d'autres (chapitre 2). L'évolution législative et réglementaire récente tend à prendre en compte l'animal pour lui-même (chapitre 3). Malgré cela, selon Florence Burgat, que nous avons interviewé pour ce dossier, les relations que les hommes entretiennent avec les animaux n'ont jamais été si mauvaises (chapitre 4).

01.Qu'est ce qu'un animal ?

Qu'est ce qu'un animal ? Comment distinguer un animal d'un végétal et d'un humain ? Les plus grands philosophes se sont penchés sur le sujet, mais aucun n'a apporté la même réponse…
Preuve s'il en est de la difficulté de la tâche ! "En fait, lorsque les hommes tentent de définir l'animal, ce ne sont pas des animaux qu'ils parlent… mais des hommes ; le concept d’animalité sert avant tout à définir un contre- modèle de l’humain", explique Florence Burgat, philosophe et chercheur à l'Inra (Institut national de recherche agronomique). Soit ils définissent l'animal par ses "non caractères" humains : l'animal est dépourvu de raison, d'intelligence, de culture, de liberté, d'âme, de langage. Éventuellement, il a "l'ombre d'une conscience", le "comme si" d'une parole. Mais guère plus. Soit ils définissent l'homme par ses mauvais côtés, mais avec des caractéristiques propres à l’animal, et l’on parle alors péjorativement de "caractères bestiaux" : cet homme n'est qu'instinct, agressivité, sous-entendu "tout comme le serait un animal".

Autre particularité de la définition que les hommes donnent des animaux : "malgré les espaces infinis qui séparent le lézard du chien, le protozoaire du dauphin, nous avons créé un ensemble homogène "animal", ignorant la diversité de ce que cette catégorie recouvre", commente Florence Burgat, dans son livre Liberté et inquiétude de la vie animale, où elle retrace la place occupée par l'animal dans la philosophie occidentale moderne.
Caricature de Darwin en singeCaricature de Charles Darwin en singe, publiée en 1871 dans le magazine satirique The Hornet.
© Illustration extraite de The Hornet

Pourquoi ne définir l'animal que par opposition à l'homme ? "En énonçant une définition de l'homme située aux antipodes de celle de l'animal, l'homme en tire les conséquences sur le plan éthique, commente Florence Burgat : l'appauvrissement de l'être de l'animal est à ce point renforcé qu'il finit par être vu et traité comme une matière innocemment exploitable. Ainsi exclus de la communauté morale, il devient possible de faire des animaux des "choses" mises à la disposition de l'être humain."

Mais peut-on définir l'animal autrement que par opposition à l'homme ? Le philosophe grec Aristote (384-322 av. J.C.), dans ses traités de zoologie, est parmi les premiers à donner une âme à l'animal. Elle n'a rien à voir avec l'âme chrétienne, mais ce "principe de vie" rapproche un tant soit peu les humains des animaux. Beaucoup plus tard, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), même s'il maintient une différence métaphysique entre l'homme et les animaux, considère que les deux partagent une sensibilité qui les distingue du reste du vivant : "Je vois un sentiment exquis dans mon chien, écrit-il, mais je n'en aperçois aucun dans un chou". Ainsi s'ouvre une perspective nouvelle. L'obligation à l'égard de l'animal vient du fait que "les animaux ont un cœur et des passions". Rousseau reconnaît un devoir de l'homme à l'égard de l'animal : celui de traiter humainement cet être qui pourtant n'est pas humain, mais qui, comme l'homme, est un être sensible. Rousseau écrit ainsi, dans la préface du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes : "il semble que si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c'est moins parce qu'il est un être de raison que parce qu'il est un être sensible, qualité qui étant commune à la bête et à l'homme donne au moins à l'une le droit de ne pas être maltraitée inutilement par l'autre".

L'inquiétude, propre de l'animal ?

Rousseau va plus loin en faisant de la pitié l'unique source de la "vertu sociale". De même pour le philosophe allemand Arthur Shopenhauer (1788-1860), la pitié est le fondement de la morale. Il défend l'idée que le monde végétal "revêt une forme muette et paisible" et que c'est avec le monde animal que l'inquiétude et la souffrance apparaissent. Le caractère souffrant de la vie animale est au cœur de sa réflexion. Le philosophe Hans Jonas (1933-1993) voit lui aussi dans la souffrance un sentiment inhérent à l'existence animale, souffrance au cœur de laquelle se tiennent le manque et la peur. Que la vie de l'animal soit "agitée et anxieuse" provient de l'état d'émotion qui accompagne une vie toujours incertaine quant à la réussite de ses entreprises. "On en aurait alors fini de cette image d'une vie animale tranquille, qui se confond avec la toujours bonne nature" commente Florence Burgat.

Depuis ces philosophes, l'animal n'est plus soit pur instinct (antithèse de l'homme raisonnable), soit partie intégrante de "dame nature" : il est ce qu'il est ! Et Florence Burgat de conclure son livre avec une expression du philosophe français Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) "'l'animal est bien ce pur sillage qui n'est rapporté à aucun bateau", une vie singulière à elle-même.

02.L'homme, un drôle de singe

Un chimpanzéL'homme et le chimpanzé ont un ancêtre commun, non identifié à ce jour.
© Primates.com
Il va falloir s'y faire : l'homme ne "descend" pas du singe, il fait partie du groupe des singes. Pour être encore plus précis, il est au sein des primates (ordre de mammifères adaptés à la vie dans les arbres), chez les catarhiniens (narines rapprochées), dans le groupe des singes sans queue (réduite au coccyx), dit aussi "hominoïdes".

Petit coup d'œil rapide aux autres espèces de notre famille. On trouve chez les hominoïdes tous les grands singes, c'est-à-dire les gibbons, les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés, et les bonobos ! Nous voilà donc au complet. "Et l'on peut dire adieu à la vieille classification qui plaçait l'Homme avec un grand H d'un côté, et tous les "pongidés" (les grands singes) de l'autre, explique Pascal Picq*, paléoanthropologue. La systématique moléculaire est passée par là, une discipline qui, pour retrouver les parentés entre les différentes espèces, ne prend plus seulement en compte les caractères anatomiques mais aussi les caractéristiques génétiques."

Cette fois, la famille des pongidés se réduit aux seuls orangs-outans ; quant aux hominidés, ils regroupent l'homme et les autres grands singes africains. Le séquençage du génome du chimpanzé, achevé en 2005, montre que la séquence ADN de l’homme et de Pan troglodytes sont identiques à 98,5 % (à titre de comparaison, le génome humain présente 80 % de similitude avec celui de la souris et 60 % avec celui de la drosophile). Tout indique que nous avons donc un ancêtre commun avec le chimpanzé.

Reste à mettre de l'ordre entre tous les individus de cette même famille : lesquels parmi tous ces singes sont nos frères, nos cousins, nos neveux ? Sommes-nous plus proches du gorille ou du bonobo ? Les scientifiques attendent beaucoup du séquençage de l’ADN des autres grands singes : l’orang-outan, pour lequel une première version est attendue en 2007 ; et le gorille, dont le séquençage devrait commencer sous peu. "D'ores et déjà, on peut dire que les chimpanzés et les bonobos s'avèrent plus proches de nous que des gorilles, explique Pascal Picq. Autrement dit, ils sont nos frères, alors que les gorilles sont aussi bien leurs cousins que les nôtres. Et si nous sommes frères avec les chimpanzés et les bonobos, alors nous partageons un dernier ancêtre commun exclusif, qui vivait quelque part en Afrique entre 5 et 8 millions d'années."

Nous ne sommes sûrement pas au bout de nos surprises. "On a découvert par exemple que les gènes qui font qu'un animal a un avant et un arrière, comme un homme a une tête, un tronc et des membres ; ou bien comme un insecte a une tête, un thorax et un abdomen, sont les mêmes chez tous les animaux, vertébrés et invertébrés, expliquait dans une interview** André Langaney, généticien spécialiste de l'évolution. Ils existent sans doute depuis que l'on a fabriqué sur Terre le premier ver qui avait un avant et un arrière. Et les gènes qui font que nous avons cette série de vertèbres sont une séquence d'ADN qui est exactement la même que la séquence qui fait qu'une mouche par exemple a le corps découpé en anneaux ! Le fait que ce soit la même mécanique génétique qui organise le corps d'animaux aussi différents que les vers, les insectes, les souris ou les hommes, est la meilleure preuve qui soit de l'hypothèse fondamentale de l'évolution, selon laquelle toutes les espèces animales auraient une origine commune à partir des formes de vie animales les plus simples", conclut le généticien.
La planète des singesQu'est-il arrivé sur cette planète pour que des singes dominent la race humaine ? Le roman de science-fiction La planète des singes, écrit en 1963 par Pierre Boulle, a été adapté au cinéma en 1968 par Franklin J.Shaffner.
© 20th Century Fox

Les recherches en neurosciences (que nous ne détaillerons pas ici) s'intéressent également de près à cette question de la différence ou de la ressemblance Homme/Animal. Il existe une très grande unité des constituants nerveux et de leur organisation en réseaux neuronaux chez les espèces animales dotées d'un système nerveux. Ce qui suggère que tous ces animaux partagent un unique ancêtre commun, déjà doté d'un système nerveux ayant ces caractéristiques.


Et le propre de l'homme dans tout ça ? "Pour le grand public, ainsi que pour nombre de biologistes, le séquençage du génome revêt une signification symbolique formidable, susceptible d'être accueillie avec le même émerveillement qui accueillit par exemple le premier pas de l'homme sur la Lune, commente Svante Paabo, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive. Car elle nous permet de découvrir l'échafaudage génétique autour duquel chaque vie humaine est façonnée. C'est par cette structure génétique que nous sommes liés à tous les autres êtres vivants sur terre. Mais il est absurde de croire que la génétique seule pourra nous dire ce que signifie être un humain". Le mystère reste entier…


* Le singe est-il le frère de l'homme ?, Pascal Picq.
** Interview diffusée sur Arte dans le magazine Archimède, septembre 1997.

03.La barrière d'espèces s'amenuise, mais l'animal ne s'en trouve pas mieux traité

Une espèce se définit par l’interfécondité de deux individus : en clair, un homme et une femme sont d'une même espèce, "humaine", car ils peuvent se reproduire entre eux, mais un homme ne pouvant se reproduire avec une vache, on ne peut les classer dans la même espèce. Et pourtant !

Trois équipes de biologistes britanniques s'apprêtent à créer, via la technique du clonage, des embryons chimériques homme/vache. Ils seraient obtenus à partir d'un noyau de cellule humaine placé au sein d'un ovocyte (ovule) de lapine ou de vache, dont on aurait préalablement enlevé le noyau. De tels embryons seraient dotés d'un matériel génétique pour l'essentiel humain (celui présent dans le noyau de la cellule) associé à un soupçon d'ADN animal, présent dans les mitochondries du cytoplasme de l'ovocyte. La demande officielle pour mener ce travail a été déposée en 2006 auprès de la Haute autorité britannique en charge des activités d'assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA), qui n'y verrait pas d'opposition de principe. Intérêt principal : pouvoir faire de la recherche sur des embryons sans utiliser des ovocytes, difficiles à obtenir chez les femmes. Mais ces embryons chimériques devront-ils être qualifiés d’animaux ou d'humains ?

La notion de barrière d'espèce, en biologie, traduit également la difficulté pour un agent infectieux de se transmettre d’une espèce à une autre. Par exemple, si vous vous baignez dans un étang où s'ébattent des canards, vous attraperez peut-être une petite dermatite, mais votre système immunitaire vous débarrassera rapidement de cet intrus ; la barrière d'espèce a fonctionné. Mais nombre de maladies infectieuses et parasitaires montrent que les passages dans le sens animal-homme sont nombreux… même entre espèces supposées hermétiques. Ainsi, si la maladie de la vache folle a eu raison de milliers de bestiaux britanniques, c'est bien parce qu'on aurait provoqué une augmentation de la contamination par l'agent de la tremblante du mouton dans des farines distribuées aux bovins. Ensuite, la transmission de la maladie des bovins à l'homme se serait produite via la consommation d'abats contaminés. Une barrière que l'on pensait infranchissable aurait cédé…

Une viande blanche, pour satisfaire le consommateur

Veaux en cases individuellesPrès de 90 % des veaux sont nourris avec de la poudre de lait, et sont le plus souvent élevés en batteries. Ceci explique la couleur blanche de leur viande, carencée en fer.
© Beguey Alain/INRA

Cependant, même si généticiens et biologistes n'hésitent pas à rapprocher considérablement les espèces animales et humaines, ceci n'a aucune incidence sur la façon dont sont traités les animaux. "Nous continuons d'appréhender l'animal de façon totalement éclatée, explique Florence Burgat. Il y a d'un côté l'animal de compagnie que l'on caresse, de l'autre l'animal de laboratoire, que l'on tente éventuellement de protéger de souffrances inutiles, de l'autre encore l'animal gibier, que l'on n'hésite pas à abattre et enfin l'animal de boucherie et d'élevage, que nous exploitons de façon de plus en plus intensive."

Mais nos relations à l'animal sont devenues tellement abstraites que les élevages intensifs, par exemple, ne dérangent plus personne. "La cruauté qui choquait les passants à la fin du XIXe devant le spectacle d'animaux égorgés en direct sur les marchés, est désormais cachée, poursuit Florence Burgat. Mais la réalité est la même si ce n'est plus dure qu'à cette époque. Je ne vous citerai qu'un exemple : aujourd'hui, la viande de veau que vous achetez est blanche, et non pas rose. Pourquoi ? Parce que l'animal tend vers l'anémie. A tel point qu'il a fallut une réglementation européenne pour fixer un taux minimum de fer à respecter ! Et pourquoi souhaite t-on des veaux quasi anémiés ? Parce qu'ils sont nourris avec des poudres issues des excédents laitiers européens, et non avec de l'herbe broutée dans les champs". Résultat, le consommateur s'est habitué à une viande blanche. Les plus exigeants, qui veulent des veaux "élevés sous la mère", réclament cet aspect : pour les satisfaire, on se garde bien de laisser ces veaux toute la journée dans un pré. En fait ces veaux vivent comme les autres dans des box, mais sont portés sous leur mère pour téter deux fois dans la journée. Et ce n'est qu'en décembre 1997 qu'une directive européenne a interdit le port de la muselière pour ces animaux qui avaient en outre la désagréable manie de brouter la paille de leur box…risquant de faire rosir leur viande ! Nous exportons désormais nos systèmes d'élevages intensifs dans le monde entier. Et toutes les sociétés semblent les adopter sans sourciller…

04.Animal : une législation bientôt spécifique ?

Sur le plan législatif, l'animal est mieux protégé que par le passé. La première loi française de protection des animaux date du 2 juillet 1850 (Loi Grammont). Elle prévoit de punir les mauvais traitements commis en public et sur les animaux domestiques. "À l'époque, on craint surtout que cette violence exercée publiquement sur l'animal se diffuse parmi les hommes", explique Florence Burgat. C'est pourquoi, en privé ou dans le secret des abattoirs, tout reste permis. Il faut attendre une centaine d'années, la loi du 19 novembre 1963, pour que soit créé un délit d'actes de cruauté, que ceux-ci soient commis en public ou en privé, envers des animaux domestiques apprivoisés ou tenus en captivité.

ViandeMalgré de nombreuses réglementations nationales et européennes, les consignes d'élevage et d'abattage des animaux ne sont pas toujours respectées.
© Maître Christophe /INRA
  Enfin, la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature stipule que "l'animal est un être sensible". "C'est la première fois que le droit définit l'animal à partir d'un caractère intrinsèque", explique Florence Burgat. En octobre 1978, une déclaration universelle des droits de l'animal était solennellement proclamée à Paris, au siège de l'Unesco. Ce texte, qui n'a pas de valeur contraignante, considère en préambule que "la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s'étant différenciés au cours de l'évolution des espèces". Il stipule que "la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l'espèce humaine du droit à l'existence des autres espèces animales", et que "tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d'un système nerveux possède des droits particuliers". Cette déclaration pose ainsi un certain nombre de principes comme le respect des équilibres biologiques, la conservation des espèces, le refus de toute souffrance injustifiée.

Une place pour l'animal dans le Code civil ?

Par ailleurs, différentes réglementations nationales et européennes prennent de plus en plus en compte le bien-être animal, tant dans les normes d'élevage que dans les conditions de transport ou méthodes d'abattage. Même si elles sont souvent violées par manque de moyens ou souci de rentabilité.

Peu à peu, l'animal sort de son seul statut de "propriété de l'homme". Le Code civil, hérité de Napoléon, n'envisage les bêtes que sous l'angle "utilitaire". Entre la catégorie des personnes et celle des "biens" (auxquelles appartiennent les animaux) point de salut ! La loi du 6 Janvier 1999, dont le but premier était de préserver le public des agressions commises par les animaux dangereux, distingue pour la première fois les animaux des corps inanimés, dans certains articles du Code civil. Cependant, si l’animal est reconnu comme une chose un peu particulière, c'est par le critère de la mobilité (les animaux sont des biens capables de se mouvoir d'eux-mêmes), et non pas par celui de la vie et de la sensibilité.

En mai 2005, Dominique Perben, garde des Sceaux, annonce que le Code civil prendra bientôt en compte un véritable statut juridique de l'animal, et envisage de leur reconnaître le "caractère d'être sensible"*. Mais pour Pascal Clément, qui le remplace à ce poste en juin 2005, cette réflexion autour d'un nouveau statut juridique de l'animal n'est plus à l'ordre du jour.

La réflexion suit son cours. Notamment pour les espèces sauvages, qui, n'appartenant à personne, appartiennent d'une certaine manière à tous : elles peuvent être chassées, piégées, ne bénéficiant d'aucune protection, à moins d'être inscrites sur une liste d'espèce protégée…


* suite au rapport "sur un régime juridique de l'animal", rédigé par Suzanne Antoine, Président de Chambre honoraire à la Cour d’appel de Paris, et disponible en ligne sur le site de la ligue française des droits de l'animal : www.league-animal-rights.org/news.html

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