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Police scientifique : des recherches tous azimuts

Génétique, informatique, recherche des preuves… la police scientifique progresse de jour en jour. Les malfaiteurs sont ainsi toujours mieux suivis, leur emploi du temps mieux connu, leur identité plus facilement découverte. Mais n’y a-t-il pas un risque que ces techniques entravent notre vie privée ?

Reconstitution d'une scène de crimeReconstitution d'une scène de crime
© Gendarmerie

Les aveux d’un suspect ne suffisent pas à condamner quelqu’un. Un dossier doit s’appuyer sur des preuves matérielles solides : c'est le rôle de la police scientifique de les rassembler. Depuis la fin des années quatre-vingts, grâce notamment à la mise au point de l'identification des individus par leur ADN, le nombre d’éléments de preuve que la police scientifique peut récupérer, outre les classiques empreintes digitales, ne cesse d'augmenter.

Pour la gendarmerie, c’est à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), situé à Rosny-sous-Bois, que revient la tâche d’effectuer les examens scientifiques nécessaires à la conduite des enquêtes judiciaires. Il regroupe quelque 220 personnes, dont 190 scientifiques, réparties dans trois divisions criminalistiques. L’une est chargée des travaux en physique et chimie (explosifs, toxicologie, balistique, etc.) ; une autre s’occupe d’ingénierie et traite les questions d’informatique ou de véhicules ; la dernière, appelée "Identification humaine", concerne les empreintes digitales, la médecine légale, l’entomologie et la génétique.

"Nous avons également pour mission d’effectuer une veille de manière à identifier, puis éventuellement acquérir et développer toutes les nouvelles techniques potentiellement utiles", indique le Dr Yves Schuliar, sous-directeur chargé de l’enseignement et de la recherche à l'IRCGN. Grâce à ce travail, la police scientifique affine ses techniques de mois en mois et améliore ses résultats.

Il est aujourd’hui possible de déterminer "l’empreinte génétique" d’une personne à partir de quelques cellules vivantes seulement. Dans certains cas, il suffit d’avoir posé sa main sur une table pour y laisser le matériau biologique nécessaire. Autre exemple : on connaît désormais le moyen de retrouver des empreintes digitales sur la partie collante d’un ruban adhésif… qui a pourtant été fixé sur une paroi. Les gendarmes de l’IRCGN peuvent également identifier les dermatoglyphes - nom savant des empreintes digitales - qu’une personne aurait laissés sur la peau d’un tiers, par exemple en l’étranglant, à condition cependant de réaliser cette opération dans les huit heures qui suivent le décès. Les membres de la police scientifique savent aussi détourner les appareils de leur fonction première lorsque le besoin s’en fait sentir. Ils se sont ainsi équipés en géoradars, des dispositifs utilisés par les géologues, de manière à sonder le sol à la recherche d’irrégularités - un corps coulé dans le béton, un coffre-fort enseveli… Bref, la recherche bat son plein !

C’est au Royaume-Uni que la police scientifique a été créée lorsque, en 1786, un criminel fut confondu grâce au moulage de l’empreinte que ses chaussures avaient laissée. Il faut attendre le XIXe siècle pour que la France rattrape son retard en développant de nouvelles méthodes en toxicologie ou en parvenant à dater la mort d’une personne par l’étude des larves que son cadavre abrite. Dans les années 1880, le célèbre Alphonse Bertillon (1853-1914) fait mesurer les caractéristiques corporelles des individus pour mieux les reconnaître. C’est finalement en 1910 qu’Edmond Locard installe à Lyon le premier laboratoire de police scientifique.

Pour travailler comme scientifique dans l’un des laboratoires actuels (la police nationale en possède cinq, à Lille, Lyon, Marseille, Paris et Toulouse ; la gendarmerie un seul, l’IRCGN à Rosny-sous-Bois), plusieurs voies sont possibles. Par exemple, pour la gendarmerie, passer le concours de l’ESOG (École de sous-officiers de la gendarmerie) sans condition de diplôme, afin de devenir sous-officier… et attendre qu’un poste correspondant à ses qualifications scientifiques se libère à l’IRCGN. Ou encore, plus directement, postuler pour un emploi précis, par exemple d’informaticien ou d’entomologiste. Dans ce cas, il faut avoir déjà une expérience dans la discipline demandée puis, après avoir été retenu sur dossier, étudier pour devenir OSC (officier servant sous contrat). La police nationale recrute également ses propres ingénieurs pour les besoins de la police scientifique. Les candidats sont recrutés sur dossier, après avoir mené des études scientifiques.

01.Génétique : faire parler l'ADN

Le principe est maintenant largement connu depuis qu’un généticien britannique, Alec Jeffreys, l’a mis au point en 1984, dans un laboratoire de l’université de Leicester : au cœur de chacune des cellules de son organisme, chaque individu porte une molécule d'acide désoxyribonucléique (ADN), son patrimoine génétique, à l’intérieur de laquelle se trouve une signature qui n’appartient qu’à lui. L’homme possède environ 25 000 gènes qui déterminent la morphologie ou la couleur des yeux (entre autres…). Mais la technique établissant des profils ADN repose uniquement sur des zones, dites "non codantes", qui se trouvent entre les gènes. Pour utiliser une métaphore, elle ne s'intéresse qu'aux espaces séparant les mots d’un récit.

Ce qui permet d'identifier un individu sans qu'aucune information "sensible" (par exemple information sur de potentielles maladies génétiques) ne soit recueillie. Alec Jeffreys a identifié des zones de la molécule d’ADN qui se répètent chez tous les humains, les STR (Short tandem repeat / répétitions courtes en tandem). Le nombre de répétitions de ces séquences varie d’une personne à l’autre, dix fois chez l’une, vingt fois chez une autre, etc. En sélectionnant seize régions comprenant des STR, il est possible de savoir si un échantillon biologique (salive, sang, peau, sperme…) appartient à un individu donné ou non, ce qui est utile dans nombre d’affaires, de viol par exemple. "Le risque de se tromper est inférieur à un sur un milliard", précise le Dr Yves Schuliar. Attention cependant aux jumeaux qui ont le même patrimoine génétique (les empreintes digitales, elles, sont différentes). Les scientifiques ne parlent donc jamais d’identification à 100 %, prudence oblige. Mais légalement, l'ADN peut constituer une preuve au même titre que les empreintes digitales.

Laboratoire d'analyse de l'IRCGNTechnicien effectuant un prélèvement d'ADN dans le laboratoire de biologie de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale).
© Gendarmerie

Et la technique ne cesse d’être améliorée. Imaginons un corps découvert dans la nature, laissé là depuis des années. Les chances d’y retrouver les seize régions STR sont réduites. Mais les biologistes sont en mesure d’étudier d’autres régions appelées "mini-STR". Leur nom l’indique bien : elles sont plus petites que les STR et, de ce fait, les chances de les trouver intactes sont plus importantes qu’avec la méthode classique.

Mieux encore, depuis quelques années il est possible d’analyser l’ADN mitochondrial. Cet ADN, issu des mitochondries, est uniquement hérité de la mère. Les individus d’une même lignée maternelle (frères, sœurs, oncles, neveux ou cousins par la mère) possèderont donc le même ADN mitochondrial et ne pourront pas être différenciés. Tout l’intérêt de l’ADN mitochondrial réside dans sa grande résistance : les tissus peuvent être putréfiés, très dégradés, ils en contiendront toujours. Au point que des scientifiques en ont retrouvé sur des restes d’hommes de Neandertal qui vivaient voici plusieurs dizaines de milliers d’années !

Mais il n’y a pas que le matériel génétique des humains qui intéresse les chercheurs. Celui des insectes est aussi porteur d'informations. Les différentes espèces de mouches, par exemple, pondent leurs œufs dans les cadavres à des stades de putréfaction bien précis, ce qui permet de déterminer la date de la mort. Mais si le corps est trop abîmé, les larves auront elles-mêmes disparu et il ne restera pour travailler que les "pupes", des sortes de coques dans lesquelles les larves se métamorphosent. On commence aujourd’hui à identifier les insectes grâce à l’ADN de ces pupes. Et une base de données comprenant les descriptions génétiques de différentes espèces d'insectes est en cours de constitution.

02.Biologie : faire parler le sang

Le "BlueStar" est un produit révolutionnaire. Sa fonction : révéler les taches de sang, toutes les taches de sang, même celles qui ont été effacées à grande eau. Il suffit de pulvériser le BlueStar pour les voir apparaître sous la forme d’une lueur d’un bleu électrique. Le produit est si sensible qu’il permet de détecter une goutte de sang même si elle a été diluée 100 000 fois. Non seulement il fournit aux enquêteurs des indications sur les événements qui se sont produits, mais, en plus, il leur indique l’endroit où réaliser des prélèvements de sang aux fins d’analyse génétique.

À l’origine de cette substance, il y a le luminol, une molécule luminescente connue depuis des décennies des services de police aux États-Unis et dans d’autres pays, mais très peu facile d’emploi. Un Américain a l’idée d’en faire commerce pour que les chasseurs puissent suivre la trace du gibier blessé. En 2000, Jean-Marc Lefebvre Despeaux, qui possède à Monaco une société vendant des articles pour chasseurs, se met en tête de l’améliorer. Le résultat ne se fait pas attendre : avec le concours d’un chercheur du CNRS, le luminol devient trois fois plus performant et prend le nom de BlueStar.

Trace de sang révélée par BlueStarBlueStar est un réactif utilisé par les techniciens d’investigation criminelle. Il révèle les traces de sang invisibles à l’œil nu, sous la forme d'une lueur bleue électrique.
© Gendarmerie

En 2001, Jean-Marc Lefebvre Despeaux loue un stand dans un grand salon spécialisé dans les questions liées à la sécurité en espérant qu’il attirera l’attention de certains visiteurs professionnels. C’est là qu’il fait la connaissance d’un scientifique de l’IRCGN. Bien sûr, le BlueStar est intéressant, mais ne risque-t-il pas de dégrader l’ADN ? Des essais sont réalisés avec le concours de l’IRCGN à la suite desquels la formule du produit est légèrement modifiée de manière à laisser intactes les informations génétiques. Aujourd’hui, le BlueStar est un succès planétaire : il est vendu aux polices scientifiques de 78 pays. "C’est comme cela que la recherche avance, explique le Dr Yves Schuliar, à la suite de rencontres et grâce à notre activité de veille continue." (Sur le site de la société BlueStar Forensic sont mises à disposition des vidéos permettant d’expliquer par l’image, à partir de cas réels, l'utilisation du produit par la police scientifique).

Pour faire parler le sang, il peut aussi être utile de se munir d’un ordinateur. Imaginons une pièce dont les murs sont constellés de projections de ce liquide vital. Aujourd’hui, les techniciens de la police scientifique sont en mesure d’en réaliser un relevé précis grâce à la photogrammétrie, technique permettant de reconstituer un objet en trois dimensions, en l’occurrence le volume d’une pièce, et de localiser avec une grande précision toutes les taches de sang. "Avec des étudiants de l’université de Marne-la-Vallée qui se destinent à devenir ingénieurs, nous avons conçu un logiciel baptisé Escrime, capable de tirer parti de toutes ces données", explique l’adjudant Philippe Esperança, spécialiste de la morphoanalyse (analyse de forme) des traces de sang à l’IRCGN.

Après avoir "digéré" les relevés photogrammétriques, le programme est capable de reconstituer la scène. Les projections n’ont pas la même morphologie selon que l’instrument qui a servi à les faire était un chandelier ou un couteau. De plus, leur forme indique avec une certaine précision le lieu d’où elles proviennent. Au final, le logiciel est capable de dire combien de coups ont été portés et, même, où se trouvait la victime, debout ou à terre, par exemple. "D’autres pays, comme le Canada, pionnier dans le domaine, ont développé des logiciels équivalents, note l’adjudant Philippe Esperança. Mais plusieurs d’entre eux aimeraient disposer d’Escrime qui est capable, après analyse, de représenter la scène de crime en trois dimensions."

03.Informatique : faire parler les disques durs

Beaucoup d’utilisateurs d’ordinateur croient qu’il suffit d’effacer un fichier pour qu’il n’en reste plus trace. En réalité, le fichier reste présent dans le disque dur. C’est son adresse, donc le moyen pour l’ordinateur de le retrouver aisément, qui est effacé. Pour se débarrasser d’un fichier de manière définitive, il faut utiliser un programme spécialisé qui inscrira de nouvelles données lors de plusieurs passages (le Département de la Défense américain en recommande trois) à l’endroit de celles qu’on souhaite faire disparaître.

Mais même cela ne suffit pas. Dans l’affaire Clearstream, un conseiller pour le renseignement auprès de divers ministres de la Défense a bien utilisé ce genre de programme efface-tout. Mais les techniciens de la police scientifique ont tout de même réussi à récupérer 39 fichiers supprimés représentant 30 000 pages de notes et courriers, indiquait le journal Le Monde du 6 juillet 2007.


Schéma structurel d'un disque durStructure d'un disque dur. Lors de l'effacement des données, via un programme spécialisé, la tête du disque dur ne se place pas avec une précision parfaite au-dessus du site où les données à faire disparaître sont inscrites. Aussi des traces magnétiques des informations passées demeurent.
© Surachit


Comment cela se fait-il ? Tout d’abord, "les logiciels d’effacement définitif présentent des lacunes qui nous permettent de faire certaines choses", indique le commandant Nicolas Duvinage, chef du Département informatique-électronique à l’IRCGN, qui reste volontairement évasif. Et puis, il faut savoir que la tête d’un disque dur ne se place pas avec une précision parfaite au-dessus du site où les données sont inscrites. Aussi des traces magnétiques des informations passées demeurent-elles. L’effacement des données est approximatif. "Dans la pratique, nous réussissons à récupérer 80 % de l’ensemble des données effacées", poursuit le commandant Nicolas Duvinage.

Depuis quelques années, les logiciels d’analyse criminelle font une percée remarquée. "Leur fonction est de rationaliser l’exploitation d’une procédure pénale", décrit le lieutenant-colonel Maurice Bal, commandant du Centre national de formation de police judiciaire de la gendarmerie. Dans de tels programmes sont saisis l’ensemble des éléments tirés des auditions, des constatations, des éventuelles écoutes téléphoniques, etc. Le logiciel est alors en mesure d’établir automatiquement des liens entre les personnes présentes dans l’affaire, leurs véhicules, les lieux qu’ils ont fréquentés, etc. Il établit des schémas chronologiques en fonction de l’emploi du temps des protagonistes ou encore des plans représentant les flux financiers dans le cas de blanchiment d’argent. Ce qui permet de réaliser des rapprochements inattendus, de s’apercevoir, par exemple, que deux individus voyagent toujours aux mêmes endroits à deux semaines d’intervalle. "Nos analystes sont reconnus mondialement, se félicite le lieutenant-colonel Maurice Bal. La France se situe dans le peloton de tête concernant le développement et l’utilisation de ce type de logiciel."

04.Éthique : la parole est à la défense !

Ces techniques servent à nous protéger et à faire éclater la vérité. Mais, dans le même temps, elles peuvent inquiéter. La recherche propose chaque jour des moyens inédits de connaître l’emploi du temps des personnes, de vérifier leurs dires, de connaître leurs faits et gestes, de savoir qui elles sont. Ces techniques toujours plus performantes ne vont-elles pas finir par envahir notre vie privée ? Quels sont les garde-fous ?

En la matière, c’est la loi qui constitue le meilleur bouclier. Elle stipule, par exemple, que nombre de ces techniques ne peuvent être mises en œuvre que par du personnel qualifié, assermenté, dans le cadre de procédures précises. Les prélèvements d’ADN, par exemple, doivent être autorisés par la loi. Ils ont lieu dans des circonstances particulières, par exemple à des fins médicales ou encore à l’occasion d’une action en recherche de paternité après qu’un juge l’a décidée.

De même, sans sa permission, une personne ne peut ouvrir l’ordinateur appartenant à une autre pour lire les documents qui s’y trouvent ou tenter de récupérer des données effacées. "Il y aurait, dans ce cas, viol de la correspondance, un délit visé par le Code civil et cela se ferait également en contravention avec la loi Informatique et liberté* qui interdit la consultation d’informations à caractère privé si elles ne sont pas destinées à celui qui les a examinées", prévient Jeanne Bossi, directrice adjointe de la Direction des relations avec les usagers et du contrôle à la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Le développement de ces techniques, en particulier sur le lieu de travail, ne peut donc aujourd'hui se poursuivre que dans les conditions fixées par la loi et sous le contrôle de la CNIL.
Caméra de surveillanceLa pose de caméras dans les lieux publics permet à la police scientifique de recueillir de précieuses données lors de ses enquêtes. Mais quelles sont les limites à poser pour respecter la vie privée de chacun tout en prévenant la criminalité ?
© Digital Vision / Getty

Pour la police scientifique, c’est la même chose : "Je ne peux pas, de ma propre initiative, analyser un disque dur ou procéder à une autopsie. À l’IRCGN, nous ne travaillons que sur décision de justice", remarque le Dr Yves Schuliar. Ce qui n’empêche pas le scientifique de l’IRCGN de pouvoir proposer au juge de nouvelles investigations s’il lui demande de faire toutes remarques utiles à la manifestation de la vérité.

Et puis, il y a d’autres freins, culturels ou éthiques. Pour l’instant, par exemple, la France s’interdit de rechercher dans un échantillon biologique un peu de salive laissée sur un mégot : les gènes permettraient de savoir à quoi ressemble la personne dont elle provient. "Il est tout à fait possible de connaître la couleur de ses cheveux, de ses yeux, ses caractères ethniques", confirme le Dr Yves Schuliar. Il suffirait par exemple d’une analyse de ce type pour avoir une idée de l’apparence d’un assassin qui aurait laissé des cellules de peau sur l’arme du crime… La Grande-Bretagne mène d’ailleurs des recherches dans ce domaine. Pas la France. "Le développement de ces techniques donnerait accès aux particularités génétiques et morphologiques des personnes, indique le Dr Schuliar. Elles nous indiqueraient, par exemple, les risques pour elles d’acquérir ou de transmettre certaines affections. Or, on peut se demander si le fait d’utiliser ces caractéristiques pour tracer des individus est vraiment éthique."

Les membres du Comité consultatif national d'éthique, dans un avis** publié en mai 2007, s'inquiétaient, d'une façon plus générale, du développement de ces recherches : "Les méthodes d'identification par analyse de l'ADN prennent une importance croissante, et peut-être démesurée. (…) Subrepticement, notre société, au nom du paradigme sécuritaire, s'habitue à l'usage de ces marqueurs biométriques et chacun accepte finalement et même avec quelque indifférence d'être fiché, observé, repéré, tracé, sans souvent même en avoir conscience. (…) L'utilisation universelle de la biométrie pour définir l'identité des personnes se développe irrésistiblement et en apparence inéluctablement pour des besoins affirmés d'une sécurité accrue et selon des évolutions technologiques constantes présentées comme des progrès. La première interrogation d'ordre éthique résulte de ce caractère ressenti comme inéluctable sans que se soit instauré un débat public et sérieux sur les risques que peut comporter cette évolution et les dérives auxquelles elle expose."



À méditer donc, avant qu'au titre de la prévention de la criminalité on ne soit prêt à accepter n'importe quelle innovation…


* La loi Informatique et liberté est téléchargeable à l'adresse : http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/textes/CNIL-78-17_definitive-annotee.pdf
** Avis n°98 : "Biométrie, données identifiantes et droits de l'homme", consultable sur www.ccne-ethique.frhttp://www.ccne-ethique.fr

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