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Plantes médicinales : au secours des espèces en danger

Certaines plantes médicinales de la flore française sont aujourd'hui menacées de disparition. La mission du Conservatoire national des plantes de Milly-la-Forêt est de les protéger et de favoriser leur culture afin de préserver leurs précieuses molécules.

Anémone pulsatillePetite plante vivace de la famille des renonculacées, connue pour ses grandes fleurs à pétales violets. Employée en homéopathie contre la fièvre.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)

Si l'on dénonce souvent le désastre écologique que représente la déforestation de l'Amazonie où des dizaines de plantes disparaissent chaque jour, on n'imagine pas que cela puisse arriver en France. Pourtant, de nombreuses plantes médicinales et aromatiques sont menacées alors même qu'elles sont protégées au plan national ou régional.
Ainsi, la drosera, qui entre dans la composition de médicaments contre la toux, est menacée par le recul des tourbières qui constituent son milieu de prédilection.
« Les facteurs de risque sont multiples, explique Bernard Pasquier, directeur du Conservatoire National des plantes à Milly-la-Forêt qui s'attache à préserver ces plantes. Cela va du développement de l'urbanisation et du réseau routier à l'assèchement des zones humides ou à l'abandon du pâturage en montagne. Or, s'il n'y a plus de moutons, la broussaille envahit les prés et les plantes sont étouffées. Conséquence : le milieu se referme alors que le pâturage favorisait son ouverture. Enfin, la cueillette parfois excessive peut constituer un risque supplémentaire. »


Des actions de préservation

Drosera ou rosée du soleilRedoutable petite plante carnivore, ses feuilles visqueuses sont recouvertes de cils rouges qui, en se recourbant, constituent un piège mortel pour les insectes qui s’y engluent. La drosera entre dans la composition de médicaments contre la toux.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)
S'il est difficile de modifier notre mode de vie moderne, on peut engager des actions de sensibilisation sur la réglementation. Des listes de plantes protégées sont disponibles. Les préfets sont également habilités à prendre des arrêtés de protection pour réglementer la cueillette de certaines espèces végétales. Ils peuvent soit l'interdire, soit la restreindre à certaines périodes ou encore limiter la quantité du prélèvement à « ce que la main peut contenir », selon la formule consacrée.
Les réserves naturelles qui protègent l'ensemble du patrimoine naturel comme le conservatoire du Littoral sont aussi des réserves pour la flore.

Autant de moyens de préservation de plantes indispensables pour l'industrie pharmaceutique, homéopathique et phytothérapique. Parmi elles, l'anémone pulsatille et l'aconitus napellus, largement employées en homéopathie contre la fièvre. L'adonis de printemps à grosses fleurs jaunes, par exemple, utilisé pour combattre l'œdème et l'asthme, ne se trouve guère plus que dans les Causses (Noir, Méjean et de Sauveterre) et dans trois stations en Alsace, dans le Loiret et le Var.
Se priver de ces plantes, c'est ne plus disposer de leurs molécules et donc de certains médicaments. Même si l'on sait aujourd'hui reconstituer chimiquement certaines molécules individuellement, il est impossible de synthétiser l'ensemble des molécules d'une plante lorsqu'elle est utilisée entièrement.


Favoriser la culture

« Une fois les plantes en régression identifiées, il reste encore la possibilité d'en favoriser la culture », insiste Bernard Pasquier.
Le travail du Conservatoire est aussi de déterminer les méthodes de culture qui permettent à la plante de se démultiplier. Il édite une trentaine de fiches pratiques de culture à l'attention des producteurs qui pourront ensuite alimenter les laboratoires phytothérapiques et homéopathiques.

01.Favoriser la culture

EdelweissOriginaire de Sibérie, cette plante a immigré en Europe au cours des périodes glaciaires. Menacée de disparition, elle est cultivée au Conservatoire National des Plantes.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)
« Une fois les plantes en régression identifiées, il reste encore la possibilité d'en favoriser la culture », insiste Bernard Pasquier.
Letravail du Conservatoire est aussi de déterminer les méthodes deculture qui permettent à la plante de se démultiplier. Il édite unetrentaine de fiches pratiques de culture à l'attention des producteursqui pourront ensuite alimenter les laboratoires phytothérapiques ethoméopathiques.Véritable vitrine du monde végétal, au cœur du Parc Naturel Régional du Gâtinais Français, le Conservatoire National des Plantes à parfum, médicinales aromatiques et industrielles remplit à Milly-la-Forêt un rôle capital dans la connaissance et la conservation des végétaux. Plus de 1200 espèces et variétés différentes y sont cultivées afin d'apporter aux organismes de recherche et aux industriels un matériel végétal adapté à leurs besoins.
Largement ouvert au public, le Conservatoire assure aussi la promotion des productions locales. La région de Milly-la-Forêt, grâce à la société Darbonne-Darégal, est ainsi devenue mondialement connue pour ses productions de plantes aromatiques (estragon, persil, cerfeuil, menthe, coriandre...).

En plus de ses activités techniques et scientifiques, afin de développer sa notoriété auprès du grand public, le Conservatoire mène depuis plusieurs années une activité pédagogique et touristique sur les thèmes de l'environnement, du patrimoine culturel et des techniques scientifiques : ateliers, expositions, visites insolites…

La visite des collections permet de découvrir les plantes tinctorales largement utilisées autrefois (gaude, pastel, garance, genêt...), la gamme complète des aromatiques classiques (sauges, menthes, thyms, origans, basilics...) et un grand nombre d'aromatiques exotiques plus ou moins connues ( agastaches, perilla, nepeta, germandrées, calaments, armoises...). Sans oublier les innombrables espèces « seulement » médicinales provenant des différentes régions tempérées du globe ni celles des régions de plaines présentées dans un jardin paysager.
Le Conservatoire travaille en étroite collaboration avec des partenaires publics : le Conseil général et la Commune de Milly-la-Forêt pour développer les manifestations culturelles ; le Comité départemental du Tourisme pour valoriser et dynamiser le patrimoine du Sud Essonne. Labellisé “ site du goût ” et plus récemment site d'accueil “ tourisme et handicaps ”, le Conservatoire participe désormais aux nombreuses actions des collectivités locales (Produits et Terroir, Semaine de la Science, fête du Patrimoine) et à diverses campagnes promotionnelles (Ile d'Enfance, Pass'Essonne, Paris pas cher...).

02.Les plantes du Conservatoire

Voici un petit florilège de plantes médicinales protégées et cultivées au conservatoire :

Adonis et ArnicaA gauche, l'Adonis de printemps, utilisée pour combattre l'oedème et l'asthme - A droite, l'Arnica des montagnes, connu pour son action vulnéraire (résolutif contre les contusions)
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)


L'adonis de printemps (Adonis vernalis), de la famille des renonculacées est une plante à grosses fleurs jaunes utilisée pour combattre l'œdème et l'asthme.
On ne la trouve guère plus que dans les Causses (Noir, Méjean et de Sauveterre) et dans trois stations en Alsace, dans le Loiret et le Var.

L'arnica des montagnes (Arnica montana). Cette plante vivace de 20 à 60 cm, de la famille des composées, se trouve dans les pâturages des montagnes française : Vosges, Alpes, Massif Central, Pyrénées (terrains siliceux) ainsi qu'en Europe centrale, septentrionale et orientale (jusqu'en Sibérie). Elle fleurit de mai à juillet. Sa tige florale duveteuse et glanduleuse porte des feuilles en rosette à la base, une ou deux paires de feuilles réduites opposées sur la tige et se termine par un capitule floral jaune-orangé.
Elle contient huiles essentielles, résine, acide malique, cire, gomme, silicium et pigments flavoniques. Utilisée dans le passé contre l'acné, pour colorer les cheveux, cicatriser une plaie et soigner les entorses, ses feuilles ont même servi de tabac aux montagnards! Mais le seul effet reconnu par la pharmacopée officielle est son action vulnéraire (résolutif contre les contusions).

Grassette et CarlineA gauche, la Grassette, autrefois utilisée comme antitussif dans les cas de coqueluche - A droite, la Carline sans tige, efficace contre l'acnée et l'eczéma.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)


La carline sans tige (Carlina acaulis), très beau chardon argenté, est une composée assez courante qui se rencontre dans les alpages entre juillet et septembre et jusqu'à 2700m d'altitude. Sensible aux variations de l'humidité de l'air, elle sert de baromètre (par beau temps, les fleurs s'étalent et se referment à l'approche de la pluie).
Le nom générique des carlines « Carlina » est le nom italien de la plante issu du latin « carduus » chardon. Selon la légende, on aurait dédié la carline acaule à Charlemagne qui aurait reconnu ses vertus : en soupe ou infusion, elle aurait épargné la peste aux soldats ! Il est vrai que sa racine (jusqu'à 2 m sous terre) est fébrifuge car elle contient de l'inuline, un antibiotique qui soigne efficacement l'acné et l'eczéma. Elle est aussi digestive et employée pour traiter les insuffisances hépatiques. Et malgré ses piquants, c'est le plat de choix des marmottes !

La grassette (Pinguicula vulgaris), de la famille des lentibulariacées, est une petite plante vivace à feuilles grasses au toucher (d'où son nom), toutes étalées en rosettes, enroulées sur leurs bords. Ses fleurs sont isolées sur un long pédoncule, irrégulières, à lèvres munies d'un éperon avec une corolle violacé-bleuâtre. Ses feuilles étaient utilisées autrefois comme antitussif dans les cas de coqueluche. La grassette vulgaire contient aussi de la présure qui fait cailler le lait.

03.D'autres plantes...

Lis Martagon et Gratiole officinaleA gauche, le Lis Martagon, réputé pour ses propriétés antirhumatismales. A droite, la Gratiole officinale, utilisée en homéopathie contre les migraines, les sciatiques et certains troubles intestinaux.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)

PivoineLa pivoine soulage les douleurs intestinales et anales. Fortement déconseillée pendant la grossesse.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)
La gratiole officinale (gratiola officinalis) également nommée en langage commun," herbe au pauvre homme ", de la famille des scrophulariacées, doit son nom à ses propriétés phytothérapiques. On l'utilise en homéopathie contre les migraines, les sciatiques et certains troubles intestinaux.

Le lis martagon (Lilium martagon), de la famille des liliacées, affectionne les bois de hêtres, taillis de noisetiers et prairies de montagne. C'est une plante réputée pour ses propriétés anti-rhumatismales.

La pivoine (Paeonia officinalis) est une plante vivace à racine tubéreuse qui appartient à la famille des paeoniacées. Ses grosses fleurs rouges, pourpres ou blanches ont inspiré Manet. Elle a été largement cultivée comme plante ornementale dans le Sud de l'Europe au XIXe siècle. Sa racine entre dans la composition de suppositoires qui soulagent les douleurs intestinales et anales. Elle est indiquée dans les états sympathicotoniques avec tachycardie réflexe et forte émotivité, mais fortement déconseillée pendant la grossesse.

Staphisaigre et Scille maritimeA gauche, la Staphisaigre, utilisée en homéopathie en cas d'hypersensibilité physique et morale et de blessures par instruments tranchants. A droite, la Scille maritime, fait l'objet de recherche comme tonicardiaque pour le traitement des maladies cardio-vasculaires.
© Bernard Pasquier/CNPMAI (Milly)

La scille maritime (Drimia ou Urginea maritima, liliacée), n'existe plus qu'en Corse, dans le Var et les Alpes-Maritimes, souvent en limite des cultures, dans les zones les plus basses ; elle est surtout victime de la disparition des cultures au profit des bâtiments. Le bulbe peut provoquer des allergies de contact, mais fait l'objet de recherches pour le traitement des maladies cardio-vasculaires. C'est une plante toutefois très toxique.

La staphisaigre (Delphinium staphysagria), « raisin sauvage » ou « herbe aux poux », est une plante herbacée vivace, de la famille des renonculacées, originaire de l'Europe méridionale. Elle sert à la préparation d'onguents contre la pédiculose. Le noyau de la semence contient en effet une huile essentielle d'odeur désagréable qui en constitue le principe actif. On l'utilise en homéopathie en cas d'hypersensibilité physique et morale, mais aussi en cas de blessures par instruments tranchants.

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