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Rituels aux morts chez nos ancêtres

Débutées en 2004, les fouilles menées dans l'Aude sur le site archéologique de Pech Maho révèlent les traces de mystérieuses pratiques funéraires. Que s'est-il vraiment passé il y a 24 siècles sur ce site ? Partons mener l'enquête dans le passé...

Entrepôt incendié avec mobilier écraséReste d’un entrepôt incendié. On note la présence de mobilier écrasé.
© Eric Gailledrat

Fondé au VIe siècle av. J-C à la limite géographique entre le Languedoc occidental et le Roussillon, Pech Maho est à l’époque un paisible port de commerce gaulois sur la Méditerranée. La tranquillité de ses habitants ne va cependant pas durer éternellement : à la fin du IIIe siècle avant notre ère, le site est attaqué par un ennemi puissamment armé de lourdes catapultes et autres machines de guerre. Détruit par les flammes, l’endroit est abandonné. Pas pour très longtemps, car peu après ce tragique événement, une importante population revient sur place pour y pratiquer des rituels inhabituels : sacrifices et banquets, sépulture collective sur un bûcher, ... De quoi fortement étonner les scientifiques d’aujourd’hui.


Une multitude d’indices

Ossements d’équidés, épée celtiqueOssements d'équidés associés à une épée celtique dans son fourreau.
© Eric Gailledrat
Pech Maho nous a laissé trois témoignages importants : d’abondants restes de nourriture évoquant un grand banquet, les traces d’un massacre de chevaux et un imposant bûcher. Celui-ci est dressé dans le périmètre des anciennes habitations détruites, et une dizaine de personnes y ont été incinérées. Ces morts sont encore habillés et parés de bijoux. Ils sont aussi accompagnés de mobiliers divers et ont reçu un traitement funéraire pour le moins original : primo, les corps ont été brulés tous ensemble, deuxio, il n'y a pas eu de prélèvement des restes. Pratique pourtant commune en cette période comprise entre le Ve et le IIe siècle avant notre ère, appelé second âge du fer, durant laquelle la population recueillait les ossements de leurs morts brûlés pour les enterrer dans des tombes.
En parallèle, les archéozoologues de Pech Maho ont étudié les os d’animaux retrouvés sur place. Ils ont pu démontrer, ossements à l’appui, que plusieurs dizaines de chevaux avaient été tués sur le site. Les méthodes de découpe étaient particulièrement violentes : un seul coup d’épée porté au corps ne ressemblant en rien aux gestes normaux de boucherie. Par ailleurs, un corps humain a été mêlé à ces restes. De quoi laisser penser à des sacrifices...

Les archéologues de la mort

Amas d’ossements d’équidés et de restes humainsAmas d'ossements d'équidés associés à des restes humains.
© Eric Gailledrat
Mais, comment en est-on arrivé à de telles déductions ? C’est le résultat de la mise en commun du travail sur les ossements d’animaux, mené par les archéozoologues, et celui portant sur les dépouilles humaines, mené par les archéothanatologues. Sous ce nom compliqué d’archéothanatologie, que l’on pourrait traduire par "archéologie de la mort", se cache l’étude des sépultures anciennes. Véritable travail d’enquête sur le terrain et en laboratoire, ce domaine scientifique s’appuie sur l’archéologie et l’anatomie. Objectif : découvrir ce que révèlent les os humains dans la tombe, tout en comprenant comment est organisé le cimetière. Sur place, le chercheur utilise des instruments de chirurgien et de dentiste pour repérer des indices sur le squelette.

Le mystère reste entier

Finalement, que révèlent tous ces indices que la science essaie de faire parler ? Que s’est-il passé dans ce tranquille port maritime ? Malheureusement, on ne le saura probablement jamais avec certitude. Les fouilles et les analyses en laboratoire permettent seulement de constater des faits. Aux scientifiques ensuite d’émettre des hypothèses. Ici, l’époque de la destruction du site correspond à une période de guerre entre Rome et la cité phénicienne de Carthage. Les spécialistes ont donc proposé un scénario en lien : il est possible que Pech Maho ait été attaquée par le célèbre général carthaginois Hannibal lors de son passage dans la région ou bien victime d’opérations romaines.
Quant aux indices retrouvés sur place, une fois la ville détruite, ils tendent tous à montrer la célébration d’un rituel funéraire. Des indices similaires ont d’ailleurs été retrouvés sur des sites archéologiques celtiques et hispaniques où l’on a conclu à l’existence de rituels funéraires. Enfin, les traces de rituels ont été retrouvées au même emplacement que les anciens bâtiments les plus symboliques du site. De quoi laisser penser que les auteurs de ces pratiques connaissaient les lieux avant leur destruction. D’anciens habitants ? De proches voisins ? Pas de réponses pour l’heure.

Vue aérienne du site de Pech MahoVue aérienne du site de Pech Maho.
© Ludovic Blatgé

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