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Réserves des "arts et métiers" : au bonheur des sciences

Les "réserves" sont le centre vital du Musée des arts et métiers. C’est ici que les chercheurs étudient, que les commissaires sélectionnent les objets qui alimenteront les expositions, que les innovations d’aujourd’hui finiront peut-être demain leur vie. Brève traversée des rayonnages où séjournent 80 000 pièces, véritable temple de l’histoire des sciences et techniques.

L’intérieur des réservesC’est au sein de ces réserves que sont conservées 80000 objets et 15000 dessins techniques, exceptions faites des pièces exposées au Musée des arts et métiers, ou prêtées à l’extérieur. Depuis 1794, les collections s’enrichissent. Les sections les plus importantes sont celles des transports, de l’énergie, de la photographie et de l’horlogerie.
© Luc BOEGLY/Musée des arts et métiers

On peut y découvrir la première machine à calculer électrique (et non mécanique), qui servira au recensement de la population, y entendre un tube de "rock à papa" tout droit sorti d’un scopitone, sorte de juke-box qui permettait dans les années soixante, à celui qui y glissait sa pièce de 1 franc, de voir le clip de la chanson diffusée. Les mordus de la technique s’enthousiasmeront aussi devant une balance ultrasensible (5 mg !) datant de 1865… Toutes ces pièces sont dans les réserves du Musée des arts et métiers, un lieu dévolu corps et biens à ses collections. Jusque dans les années quatre-vingt-dix, date du début de la rénovation du musée, la majeure partie des pièces s’entassaient dans les combles et les sous-sols des bâtiments, rue Réaumur, à Paris. Une situation indigne pour l’une des plus riches collections au monde d’objets et machines témoignant de l’histoire des sciences et techniques.

Construites à la Plaine Saint-Denis (93), les réserves - 5 000 m2 de magasins et 2 500 m2 d’ateliers -, ont été inaugurées en 1994. Et il a fallu pas moins de trois années pour que tout le matériel technique de conservation et les collections elles-mêmes investissent ce nouveau temple du patrimoine scientifique. Elles sont devenues une référence pour toute l’Europe, comme en témoignent les nombreuses visites de responsables de musées. Deux raisons à la réputation des réserves du Musée des arts et métiers : les solutions techniques permettant de conserver au mieux les collections ont été multipliées. Et l’accès à ces collections a été considérablement simplifié. Du coup, chercheurs, étudiants en histoire des sciences, des techniques ou en muséologie, hantent les lieux : ils n’étaient pas loin de 800 l’année dernière* ; sans compter les commissaires d’exposition. Anne-Catherine Hauglustaine, responsable de la prochaine exposition du Musée des arts et métiers, sur le béton, est tout naturellement venue puiser dans les magasins de la Plaine Saint-Denis pour la préparer.

Que de chemin parcouru depuis la création des Arts et Métiers, en 1794, par l’abbé Grégoire ! À l’époque, les collections étaient alimentées essentiellement par les inventeurs, qui venaient déposer leurs machines et instruments, ou par les professeurs du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) eux-mêmes, qui achetaient des outils pour leur enseignement avant d’en faire don au musée. Elles se sont enrichies aussi à chaque exposition universelle, avec le flot d’innovations que de tels événements drainaient. Sans oublier les cessions de collections provenant des Sociétés des poids et mesures, des PTT (Postes Télégraphes et Télécommunications, ancêtre de la Poste), etc. Un débit qui s’est tari peu à peu entre l’après-guerre et la première moitié des années quatre-vingt-dix. C’est à cette époque que François Mitterrand donna son aval à ce qui sera l’un de ses derniers grands projets culturels : la restauration du Musée des arts et métiers. En l’an 2000, il rouvrait ses portes.

* Les réserves permettent aux chercheurs, aux professionnels des musées et aux enseignants d'accéder à l'ensemble des œuvres de la collection, à la condition préalable qu'ils aient formulé une demande motivée, en prenant rendez-vous par téléphone au 01 53 01 82 51. Les réserves sont également ouvertes au public deux jours par an, lors des Journées du Patrimoine.

01.Lutter contre le vieillissement des pièces

Les deux bâtiments des réserves du CnamLes bâtiments des réserves du Musée des arts et métiers, inaugurés en 1994, sont situés à la Plaine-Saint-Denis (93). Au sein d’une friche industrielle, ils dénotent par leur côté moderne et futuriste. Ils abritent les objets et dessins qui ont marqué l’histoire des sciences et techniques.
© Luc BOEGLY/Musée des arts et métiers
Au beau milieu de la zone d’activité de la Plaine Saint-Denis (93), friche industrielle triste et morne, les réserves du Musée des arts et métiers détonnent par leur esthétique futuriste. Le bâtiment en compte en fait deux : un premier tout en rondeur, d’aspect lumineux, que l’on doit à son revêtement en inox. Le second, parallèle au premier, est un long parallélépipède recouvert de bois qui s’étire sur 80 mètres. C’est à l’intérieur de ce coffre, et dans les "magasins" au sous-sol, que sont conservés les 80 000 objets et 15 000 dessins techniques des collections. Exceptions faites des pièces exposées au musée à Paris, ou prêtées à l’extérieur pour des expositions temporaires.

La plongée dans ces réserves est un dépaysement immédiat. Les pièces sont là, à portée de mains. Il n’y a plus qu’à se laisser porter dans un dédale totalement hétéroclite d’horloges, d’automates, d’instruments de musique, d’outils. Il y a ici de vieux scaphandres, trois clavecins à 16 pieds qui ne fonctionnent plus mais que des spécialistes du monde entier viennent examiner, un modèle de lessiveuse qui servit à la fabrication des premières pâtes à papier, une maquette de charrue... Plus loin, au détour d’une allée, c’est une sorte de coiffeuse immense avec des boîtiers étranges : en fait, un poste télégraphique morse à quatre directions, construit en 1889. Il fallait le savoir !

Vitrine d’objets au sein des réservesLes objets appartenant au musée sont rangés le long de 5700 mètres de rayonnages, les pièces les plus fragiles sont conservées sous vitrines. Afin d’optimiser la préservation des pièces, la température des lieux est très surveillée (18°c), ainsi que le taux d’humidité (45 à 55%).
© Luc BOEGLY/Musée des arts et métiers
Tout ce trésor est méticuleusement ordonné sur 5 700 mètres de rayonnages. On aurait envie de toucher si ce n’était interdit. Seuls certains objets sont accessibles, sous réserve de porter des gants en tissu. Quand la pièce est trop précieuse ou fragile, elle est enfermée dans une vitrine. Les photos et les dessins sont eux rangés dans des tiroirs.

Comme toute personne âgée, les collections ont horreur des changements de temps et de saison. Tout est donc mis en œuvre pour les satisfaire aussi bien dans la partie magasins que dans celle des ateliers de restauration et des salles d’étude. D’abord, un petit 18 °C tout au long de l’année, maintenu notamment par un plancher chauffant et une centrale de traitement de l’air ; à cette température, la majorité des insectes préfèrent quitter la place. Ensuite, une humidité qui se situe entre 45 et 55 %. Ni au-dessous : le bois, le cuir, le papier, le tissu et tous les matériaux organiques risqueraient la dessiccation et s’altéreraient ; ni au-dessus : champignons et bactéries prolifèreraient, les métaux s’oxyderaient et risqueraient de se dégrader. Les poussières, souvent abrasives ou grasses et tachantes, ne sont pas non plus les bienvenues. Un sas à l’entrée des magasins de conservation limite donc les arrivées d’air extérieur. Même la lumière est filtrée : ultraviolets et infrarouges sont de terribles ravageurs. Tout cela explique qu’aucune ouverture n’ait été pratiquée dans la partie des magasins, à part la porte d’entrée et les issues de secours.

02.Les réserves, un lieu de travail

L’atelier de restaurationDix-huit personnes travaillent au sein des réserves dont quatre restaurateurs professionnels. Ils se partagent les différentes salles : laboratoire de chimie, métallerie, menuiserie et traitement de surface.
© Luc BOEGLY/Musée des arts et métiers
Les réserves du Musée des arts et métiers ne sont pas un simple hangar de stockage. "Bien au contraire, le lieu est particulièrement vivant, à l’image de ce que doivent être des collections", témoigne Anne-Catherine Hauglustaine, responsable des expositions temporaires. En effet, les réserves sont bel et bien un lieu de travail. Avec notamment les quatre professionnels du service de restauration, qui se partagent entre les différentes salles : laboratoire de chimie, métallerie, menuiserie et traitement de surface. Des ateliers aussi divers que les tâches demandées aux techniciens. Une voiture comme la "De Dion Bouton" de 1908, ne se restaure pas comme un appareil électronique contemporain ou un automate du XVIIIe siècle. Et l’entretien régulier des collections ne demande pas forcément la même attention que la sortie d’une pièce ou l’arrivée d’une nouvelle. "Par exemple, lorsque "Job le Renard", robot recouvert d’une peau de renard, mis au point dans les années 50, est arrivé ici, raconte Jacques Maigret, conservateur en chef du Conservatoire des arts et métiers (Cnam), sa pelure a subi cinq semaines d’un traitement sous anoxie : privés d’oxygène, les insectes, leurs larves et œufs qui pouvaient l’infester ont forcément été éradiqués." Pour des restaurations très particulières de papiers, de tableaux ou de tissus, des restaurateurs extérieurs au musée viennent parfois sur place prodiguer leurs soins.

Dix-huit personnes travaillent au sein des réserves. Avec les responsables des expositions, basés dans les locaux du musée, à Paris, le chiffre se monte à vingt-cinq. Soit un quart du personnel du Musée des arts et métiers. Tous ont à leur disposition un outil : le Système d’information multimédia du Musée des arts et métiers, Simmam. L’une des innovations de ces réserves a été de tout étiqueter avec un code barre. Impossible alors de "perdre" une pièce : Simmam vous annonce tout de suite où elle se trouve : au laboratoire de restauration pour un vernis, au Musée des sciences de Barcelone, … ou tout simplement sur son étagère. Un vrai gain de temps.

"L’évolution majeure dans la conception des locaux, conclut Jacques Maigret, a été de placer les collections au centre des activités du musée, en en faisant un pôle d’activités culturelles complémentaire des lieux d’exposition." Une réflexion est en cours sur un possible agrandissement des réserves actuelles, afin de leur permettre d’accueillir de nouvelles pièces.

03.Les réserves sortent de leurs murs

Vénus de Milo en béton aggloméréLa vénus de Milo en béton aggloméré est présentée lors de la prochaine exposition du Musée des arts et métiers (ouverture : mai 2006). Réalisée par François Coignet, dans les années 1870, il s’agit d’une reproduction de l’œuvre originale.
© Musée des arts et métiers/CNAM
Le 30 mai 2006, une exposition sur le béton a ouvert ses portes. "Nous aurions pu choisir le verre ou le papier," raconte Anne-Catherine Hauglustaine, responsable des expositions temporaires du Musée des arts et métiers. "Mais, fait rare et peut-être même unique dans l’histoire des sciences et techniques, ce matériau a été inventé à l’époque romaine, puis oublié sans raison apparente et enfin réinventé à la fin du XVIIIe siècle. Attention : pas redécouvert, le béton a bel et bien été réinventé. L’un des premiers à retrouver ses vertus est l’ingénieur John Smeaton, pour la construction d’un phare au large de Plymouth, en 1756."

Etaient exposés une quarantaine d’objets sorties des réserves : truelles, auges (récipient), demoiselles (un ancien outil pour tasser le béton qui vient d’être coulé), … tout l’attirail de l’ouvrier de chantier. On pourra aussi voir des maquettes des premiers bâtiments en béton armé, des brevets de système de constructions, ... Même la Vénus de Milo était de la fête ! Du moins une reproduction des années 1870 en béton aggloméré. "On la doit à François Coignet, l’un des pionniers du béton en France. Elle était prévue pour décorer des balustrades. Ou des jardins, bien avant les nains de jardin, en béton eux aussi", s’amuse la conservatrice.

Béton en LiTraConLes blocs de LiTraCon sont une combinaison de fibres optiques et de béton. La technique, développée par l’architecte hongrois Aron Losonczi, permet de réaliser un béton qui conserve toute sa solidité tout en laissant passer la lumière. Sur la face la moins éclairée, la silhouette d'un arbre ou d'un passant apparaît comme si l’on voyait la scène au travers d'une cloison de papier.
© DR
Aussi riches soient-elles, les collections ne peuvent donner que ce qu’elles ont. Ceux qui ont monté l’exposition sont donc allés chercher d’autres pièces, en France ou à l’étranger, comme cette reproduction photographique d’une imposante voûte hémisphérique du Panthéon de Rome, construite sous l’empereur Hadrien en 118. Elle a été entièrement façonnée en béton, avec une succession de couches dont la densité et l’épaisseur décroissent à mesure que l’on se rapproche du sommet, grâce à l’incorporation de matériaux divers dans le béton telle que la pierre ponce. Cette voûte, dans la réalité, se déploie sur un diamètre de 43,3 mètres précisément. Un record qui ne sera dépassé qu’au XXe siècle, époque où sont mis au point des bétons toujours plus perfectionnés.

Grâce à cette exposition temporaire, de nouveaux bétons sont appelés à entrer dans les réserves. Bien que toujours obtenus à partir d’un vulgaire mélange de ciment, de sable, de cailloux et d’eau, depuis 1930 ils sont "précontraints" pour renforcer leur résistance mécanique, ou bien on les colore, ou encore on les allège. On les force même à laisser passer la lumière ! C’est la prouesse obtenue en 2001 par l’architecte hongrois Aron Losonczi. Son béton est parcouru par des fibres optiques qui, disposées perpendiculairement à la cloison, laissent passer la lumière. Le nom de cette innovation, toujours en cours de développement : le Litracon. Une fois aboutie, elle pourrait trouver sa place dans les magasins des réserves.

04.Nouveaux entrants : beaucoup de candidats pour peu d'élus

L’iPodL’iPod, le baladeur numérique d’Apple, a été choisi lors de la dernière commission des collections, qui se réunit 4 fois par an afin de sélectionner les objets qui rentreront dans la collection du Musée des arts et métiers.
© Apple
Machine à multiplier de Léon Bollé, inventée en 1889 ; première télévision de René Barthélemy, mise en service en 1931 : voici quelques-unes des pièces gardées dans les réserves des Arts et Métiers. Ou exposées dans le musée. Et le XXIe siècle dans cet inventaire ? Difficile pour un conservateur de jouer les historiens du temps présent, de pronostiquer ce qui, parmi les inventions d’aujourd’hui, fera date dans l’histoire des sciences. Avec le renouveau de l’établissement au cours des années quatre-vingt-dix, la "réalimentation" active des réserves a repris. Ce sont les "sages" de la Commission des collections qui ont la charge de cette mission.

Parmi eux, on trouve des membres du musée, des professeurs du Cnam, mais aussi un représentant de la Cité des sciences et de l’industrie, du ministère de la Recherche, ou encore de l’inspection générale des musées de France. Au total, une quinzaine de personnes. Quatre fois par an, elles se réunissent et sélectionnent les objets. L’iPod, baladeur numérique mis au point par les ingénieurs d’Apple en 2001, fait partie des derniers élus. Il a rejoint le premier walkman ("baladeur"), un objet déjà vieux de 30 ans ! Autre exemple d’une invention, toujours contemporaine mais oubliée par beaucoup : le BeBop, ancêtre du téléphone portable, né en 1993 dans les laboratoires Sagem.

Comment ces pièces sont-elles choisies ? Avant le passage devant la Commission, les chargés des collections opèrent un premier tri. Jacques Maigret se souvient : "les premières fois que j’ai participé à ce travail, j’avais l’impression de me retrouver chez un brocanteur : aspirateurs, machines à laver, vieux outils, … un véritable bric-à-brac arrive au musée." Les objets sont déposés le plus souvent par des personnes qui croient avoir entre les mains la dernière binette du dernier jardinier cultivant son "jardin ouvrier", ou le premier exemplaire du premier ordinateur français ! "Après s’être documenté et avoir demandé leur avis aux experts, on garde en fait ce qui est unique, poursuit le conservateur en chef. Un aspirateur au prétexte qu’il date de 1930, on l’oublie : cet objet a été inventé au tout début du XXe siècle, c’est donc celui-là qui nous intéressera. En revanche, on garde une pièce si elle est chargée d’histoire."

Le robot “Job le Renard”Le robot “Job le Renard” a été réalisé par Albert Ducrocq entre1950 et 1953, à partir de carton, de bois, d’électronique et d’une peau de renard. Ce renard électronique est l’un des premiers représentants de la génération des animaux synthétiques. Il dispose d’un “flair capacitif” qui lui permet de reconnaître un obstacle à distance. En outre, il est capable d’apprentissage grâce à une “mémoire” à bandes magnétiques. Il ne parle pas, mais communique via deux lampes (1 verte, 1 rouge) qui s’allument au sommet de sa tête.
© Musée des arts et métiers
La grande comme la petite. La petite, en l’occurrence, avec "Job le Renard". Ce robot, fait de carton, de cuir, de bois, d’un peu d’électronique… et d’une peau de renard, a été mis au point entre 1950 et 1953. "Un descendant de nos automates de Vaucanson (horloger mécanicien célèbre du XVIIIe siècle), sourit Jacques Maigret, que l’on doit à Albert Ducrocq." Avant d’être une plume et une voix du journalisme scientifique au XXe siècle, l’homme fut électronicien. C’est lors de la Commission de décembre 2005 que "Job le Renard" a été retenu. Comme tout nouvel arrivant, il a été inscrit sur le "registre d’inventaire", un grand cahier où les désignations, dimensions de chaque pièce, etc. sont rédigées à l’encre de Chine ! Coquetterie de conservateur ? Pas du tout. Ce registre d’inventaire est une obligation légale, régi par le code du patrimoine : “chaque objet doit être inscrit sur un document permanent, unique, infalsifiable, titré et paraphé”. L’encre de chine est jugée la plus permanente. Et comme ce document doit être infalsifiable, les corrections seront ensuite portées à l’encre rouge et paraphées par le conservateur en personne.

Le risque est de passer à côté des inventions jugées sans lendemain, mais qui pourtant marqueront une époque, longtemps après avoir disparu (comme le Minitel qui a marqué les années quatre-vingt en France, et a désormais disparu de nos maisons). Ou, à l’inverse, de négliger des inventions pertinentes même si elle sont restées sans lendemain. "La technologie de la voiture électrique de l’ingénieur Grégoire, typique des années soixante-dix, a depuis été abandonnée, raconte ainsi Jacques Maigret. Mais elle marque cette volonté de l’époque de trouver des solutions alternatives aux moteurs à combustion."

Malgré le travail des commissions, le conservateur en chef concède, un peu amer, que "la politique d’acquisition des réserves reste relativement passive. Ce sont les pièces qui viennent à nous. Rarement, l’inverse." La nouvelle mission que le ministère de la Recherche a confiée aux Arts et Métiers devrait permettre de faire exception à cette règle : il s’agit de mener un programme de sauvegarde des instruments scientifiques du XXe siècle. Toute la France devrait être quadrillée, "dans la logique d’un chantier de fouille archéologique, précise-t-il. On met au jour, on recense, on garde des traces de ce que l’on trouve sous forme de photos ou de dessins." Les laboratoires des principaux organismes de recherche, tels le CNRS, l’Inserm, le Muséum national d’Histoire naturelle, seront visités. Tout comme les sous-sols des universités, notamment l’université de Paris XI, en Essonne, pour lequel l’inventaire a déjà commencé. Ce sera aussi l’occasion de se rappeler au bon souvenir des entreprises industrielles privées - chimie, métallurgie, pharmacie, … - dont les centres de recherche et développement sont de grands pourvoyeurs de brevets et d’innovations. Une quête qui devrait prendre des années.

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