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Samuel Bianchini, entre art et science

Alors que l’ère du multimédia bouleverse les modes de création et de diffusion de l’art, Samuel Bianchini, artiste et chercheur, imagine des œuvres interactives singulières, entre recherche et création. Valeurs croisées, l’une d’entre elles, est présentée aux Ateliers de Rennes - Biennale d’art contemporain. Retour sur un parcours aux frontières de l’art et de la science.

Vue 1 - installation interactive de S. BianichiniUniform, une installation interactive de Samuel Bianchini
© Samuel Bianchini

Nouvelles technologies de l’information et de la communication, Internet : depuis une quinzaine d’années, l’ère du numérique a profondément modifié les modes de création et de diffusion de l’art contemporain, en favorisant la rencontre entre art et recherche scientifique. Finie l’image de l’artiste solitaire, replié dans son atelier, comme celle du chercheur enfermé dans son laboratoire. Ces deux univers, peu enclins à s’associer (malgré le rêve de Léonard de Vinci au XVIe siècle), sont désormais appelés à mutualiser leurs compétences. Car, à l’heure du multimédia, émerge au niveau international une génération de créateurs qui s’emparent des nouvelles technologies pour produire des œuvres hybrides, fruits d’un travail collectif et interdisciplinaire. Une mutation qui pulvérise le triangle traditionnel entre œuvre, auteur et public pour proposer de nouvelles formes artistiques. S’appuyant sur des dispositifs techniques parfois complexes (programmes informatiques, interfaces logicielles et visuelles), ces œuvres multimédias exigent notamment le concours d’informaticiens et d’ingénieurs. En effet, l’artiste peut soit utiliser la technologie existante, soit même susciter de nouveaux développements de recherche, qui répondent à son projet.

D’où une collaboration, jusque-là inédite sous cette forme, entre créateurs et chercheurs. Irriguée par l’innovation technologique, la démarche artistique la stimule à son tour, en lui ouvrant de nouveaux champs d’application. Plaçant l’interactivité au cœur du processus de création, l'artiste permet au public de transformer les productions proposées, que ce soit par le regard, la voix, le toucher, le mouvement ou encore l’usage de la souris d’un ordinateur... Installations, œuvres in situ ou Net art : il ne s’agit plus de "contempler" l’œuvre d'art, mais bien de l’expérimenter.

Samuel Bianchini fait partie de ceux, relativement peu nombreux en France, dont la démarche s’inscrit justement à ces frontières de l’art et de la science. Cet artiste chercheur qui conçoit, non sans humour, des œuvres singulières à partir de la recherche, participe cette année aux Ateliers de Rennes, biennale d’art contemporain (16 mai - 20 juillet 2008), qui se proposent d’interroger les relations entre création artistique et monde de l’entreprise. Dans ce cadre, il collabore avec Orange Labs, le pôle recherche de France Télécom. Parcours atypique, et parfois semé d’obstacles, d’un précurseur qui s’ingénie "à construire un cercle vertueux entre champ artistique, recherche scientifique, innovation technologique et pratiques industrielles, au service du public." Autour d’un maître mot : interactivité.

01.Artiste et chercheur : à la croisée des chemins

Temps libre 1 - installation interactive de S. BianchiniTemps libre, installation interactive représentant un plan fixe sur un paysage : deux aires de golf en bord de mer : un "fairway" et un "green". Elle est présentée en extérieur sur grand écran faisant face aux spectateurs.
© Samuel Bianchini
"Si la théorie est particulièrement enseignée à l’université, la pratique s’acquiert surtout dans les écoles d’art.
" C’est sur ce constat que Samuel Bianchini, baccalauréat F12 (Arts appliqués) en poche, entreprend de mener des études sur les deux fronts (découvrir son portrait). "Sans doctorat, il m’était impossible de faire de la recherche au sens académique du terme. Un passage obligé qui m’apportait de surcroît une crédibilité, et me permettait ainsi d’entrer dans l’institution, en tant qu’enseignant chercheur." D’autant que, pour explorer ces territoires hybrides entre art et science, la France fait montre de frilosité, en dépit d’une forte pression du ministère de la Culture désormais pour faire pénétrer la recherche dans les écoles d’art. "À l’inverse, le Canada a énormément investi dans ce secteur. Les États-Unis et le Japon ont, eux aussi, pris de l’avance, comme certains pays d’Europe du Nord. Enfin la Chine, la Corée et les pays de l’Est s’y intéressent beaucoup aujourd’hui", précise Samuel Bianchini.

Si en musique, grâce aux figures tutélaires de compositeurs tels que Pierre Boulez et Pierre Schaeffer, des institutions de recherche fortes et pérennes comme l’IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique ou les GRM (Groupes de recherche musicale) ont vu le jour, il existe encore peu de structures équivalentes pour les arts visuels en France. Depuis dix ans, le Fresnoy-Studio national des arts contemporains, à Tourcoing, s’efforce pourtant de décloisonner les disciplines, en matière d'audiovisuel, de création numérique et d'hypermédias. Et l’ouverture, à l’automne 2010, de la Gaieté lyrique à Paris, espace de création et de diffusion dédié aux musiques actuelles et aux arts numériques, devrait contribuer à combler ce manque. Difficile, cependant, déplore l’artiste chercheur, de convaincre les milieux de l’art, héritiers de la tradition académique française, du bien fondé de cette articulation entre recherche et création. "Nous nous heurtons souvent à l’incompréhension". Et c’est pour tenter de convaincre les sceptiques qu’il a tenu à soutenir sa thèse au Palais de Tokyo, temple parisien de l’art contemporain.

"Un désintérêt des milieux de l’art, lié aussi à l’âge d’or que traverse aujourd’hui le marché de l’art contemporain", estime Samuel Bianchini. En effet, ce dernier est dopé par l’intérêt des grands groupes et notamment en France, par les acquisitions de François Pinault dont les collections s’exposent au Palazzo Grassi à Venise, et de Bernard Arnault, à la veille de l’ouverture de sa fondation Louis Vuitton pour l’art contemporain, au Jardin d’acclimatation en 2010. "Je me situe, quant à moi, plutôt en amont de cette économie, insiste Samuel Bianchini. Il ne s’agit plus de vendre sur le marché des œuvres existantes, mais de passer des contrats avec des industriels sur des principes de recherche et de création ; et donc de trouver des financements (d'industriels, de laboratoires de recherche) pour produire une œuvre, porteuse d’innovation, avec l’inconnu que cela comporte. Œuvre qui peut éventuellement ensuite intégrer le marché de l’art."

Dispositifs interactifs sur le Web, installations, ou plus rarement œuvres in situ (qui n'ont de sens que dans un cadre donné), les productions de Samuel Bianchini font appel à d’ingénieux développements informatiques. Dans Temps Libre (2004) par exemple, un paysage côtier idyllique - falaise et mer bleue - est présenté, version panoramique, sur grand écran. En contrebas de l’image, apparaît un golf où s’entraînent quelques joueurs, de petite taille compte tenu de l’échelle. Mais en présence de sons, et notamment de la voix, d’autres golfeurs surgissent et s’activent. Plus la voix du spectateur est forte, plus les joueurs se multiplient et s’agitent, dans une gestuelle répétitive, jusqu’au burlesque. S’en dégage alors une sensation de travail forcé qui tranche singulièrement avec le climat de détente et de loisir de l’image initiale. D’abord perçue comme un instantané de "temps libre" caractérisant une catégorie sociale privilégiée, "l’image devient un piège à mesure qu’elle est manipulée. Un retournement de situation est opéré : les "décideurs" - les golfeurs dont on imagine qu'ils ont une position professionnelle et sociale élevée - obéissent maintenant à des spectateurs devenus donneurs d’ordres", explique Samuel Bianchini, sur son site dispothèque.

Temps libre 2 - installation interactive de S. BianchiniLorsque l’on parle, crie ou produit des sons face à Temps libre, ceux-ci sont amplifiés et filtrés afin de créer un écho. Plus l’intonation est forte, plus l’image est activée : les golfeurs sont de plus en plus nombreux, s’animent, se pressent.. au point de devenir burlesque.
© Samuel Bianchini

Emblématique de son travail, cette œuvre, exposée dans le cadre de la Nuit blanche 2005 à Paris, a nécessité le concours d’un ingénieur et d’un compositeur informaticien. Des collaborations favorisées par sa double légitimité d’artiste et de chercheur. "Lorsque je rencontre les chercheurs en sciences de l'ingénieur pour leur présenter un projet artistique, cela les rassure que je sois un de leurs collègues. Même si nous ne travaillons pas dans les mêmes disciplines, nous parlons plus ou moins le même langage et partageons certaines méthodologies." Mais le malaise qui peut parfois survenir au début de la relation peut aussi être constructif. "Il faut simplement arriver à transformer ce décalage." Et Samuel Bianchini de souligner le bénéfice pour les scientifiques d’une telle collaboration, qui valorise leurs innovations technologiques.

02.À l'ère numérique, l'union fait la force

De fait, si arts et sciences peuvent se nourrir mutuellement, l’ère numérique ouvre des perspectives nouvelles dans ce sens. À condition de dépasser le conflit culturel entre artistes, scientifiques et industriels dont les objectifs étaient plutôt considérés, jusque-là, comme opposés. Parce que le développement de la recherche artistique en dépend, les artistes ont dorénavant besoin des innovations technologiques. "L’apport conceptuel, voire formel, des chercheurs est déterminant", affirme Samuel Bianchini. L’artiste crédite donc sur ses œuvres les scientifiques qui y ont collaboré, un peu à la manière dont sont mentionnées les équipes dans un générique de film. Mais si l’œuvre est le fruit d’un travail collectif, c’est bien Samuel Bianchini, et lui seul, qui en assume la dimension artistique. "Il faut que les choses soient dites clairement en amont." De même, il tient à être cité par les scientifiques pour les aspects technologiques et le cas échéant, être associé aux licences (y compris "libres", publiques) et aux brevets déposés.

Uniform- vue 2 -installation interactive de S. BianchiniUniform, installation interactive de Samuel Bianchini. L’image représente un cordon de policiers en tenue anti-émeute, à l’échelle 1. Plus les spectateurs s’approchent de l’image qui leur fait fasse, plus elle devient nette et laisse apparaître un représentant des forces de l’ordre.
© Samuel Bianchini


Les artistes peuvent même être à l’origine de recherches scientifiques ou d’adaptations pour des applications spécifiques. Le projet Potential Flag, par exemple, pour lequel Samuel Bianchini collabore avec le LIMSI-CNRS (Laboratoire d'informatique pour la mécanique et les sciences de l'ingénieur, Orsay), met en scène un drapeau virtuel blanc qui s’agite au gré du vent réel. Mêler représentation et réalité physique est l’un des axes majeurs du travail de l'artiste : "L’enjeu est ici la modélisation du textile : comment arriver à faire du tissu en images de synthèse, c’est-à-dire à traduire du physique en langage informatique, pour faire ensuite vivre cette matière ?" Un enjeu qui exige l’exploitation d’un algorithme (une méthode de calcul) extrêmement complexe, mais dont la finalité pourrait par exemple à l’avenir être utilisée dans le jeu vidéo, la simulation d'architecture, la mode, la décoration (exemple : des papiers peints interactifs) ou encore la communication. Ainsi, alors qu’à travers ses projets l’artiste crée en premier lieu des œuvres, celles-ci peuvent aussi être, d'un point de vue scientifique, des "démonstrateurs" technologiques, sortes de prototypes expérimentaux qui rendent compte et valident de nouveaux développements.

"Les scientifiques sont parfois démunis, parce qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs recherches en terme d'applications. En tant qu’artistes, nous arrivons à une cohérence. En alliant potentiel technologique et contenu adapté, nous apportons de la pensée, du sens." Une opportunité pour les chercheurs, qui nouent alors une relation privilégiée avec le public : l’art a le mérite de s’exposer. "Le laboratoire n’est plus cette tour d’ivoire, à l’abri des regards", dit Samuel Bianchini. En favorisant la porosité des frontières, les œuvres rendent le travail des chercheurs lisible au grand public. Non seulement l’art fait émerger de nouvelles formes d’usages, mais il les rend accessibles. D’autant que, comme le rappelle l’artiste avec conviction, "l’expérience de l’utilisateur est une expérience sensible, esthétique." La preuve ? Le succès remporté par les efforts de design, en matière de téléphonie, d'hi-fi ou encore d’informatique. Apple l’a compris, qui doit en partie la conquête de ses parts de marché à l’esthétique de ses ordinateurs.

C’est pourquoi l’industrie s’intéresse aujourd’hui à la synergie induite par ce croisement entre recherche et création. Un exemple ? Le groupe industriel Thalès participe au financement de Terra Numerica, un gros projet coopératif portant sur la numérisation des territoires (villes, villages, etc.) et de leurs ressources (patrimoine culturel et historique essentiellement). Ces informations sont valorisées par le multimédia, dans un travail collaboratif entre industriels, scientifiques et artistes, ces derniers ayant pour mission de rendre accessible au public ces ressources. L’ambition est d’offrir à chacun, touriste ou professionnel, un accès simple, rapide et personnalisé à ces différentes informations. Labellisé par le pôle de compétitivité Cap Digital, Terra Numerica est mis en œuvre par le CiTu (association de laboratoires des universités de Paris 1 et Paris 8, dédiée à la recherche dans le domaine de la création transdisciplinaire et des médias émergents) dont Samuel Bianchini est membre associé en tant que chercheur.

03.niform, ni soumise : l'interactivité au cœur des œuvres

Surtout, Samuel Bianchini place l’interactivité au centre de sa démarche, artistique et scientifique. Dans, niform (2007), installation interactive, les spectateurs plongés dans le noir sont confrontés à une image panoramique fixe et totalement floue, laissant apparaître de vagues silhouettes. Il s’agit en fait d’un cordon de policiers anti-émeutes, grandeur nature, "Le groupe, uniformisé par le flou, l’est aussi par l’uniformité vestimentaire de la vingtaine d’hommes qui le compose." En se déplaçant, le spectateur est en mesure d’agir sur la mise au point de l’image. Plus il s’en approche, plus la partie qui lui fait face devient nette (les zones de netteté se multipliant avec les spectateurs), jusqu’à ce qu’il se trouve devant un représentant des forces de l’ordre, individualisé. "D’une image uniforme, chaque spectateur passe à une focalisation dans l’image, vers un homme singulier… ". S’appuyant sur un dispositif innovant et puissant qui prend en compte l’activité du spectateur, cette œuvre a aussi été réalisée avec le CiTu et le concours scientifique du LIMSI-CNRS. "L’interface a une double mission : la captation d’une part, à travers l’utilisation de la vidéo ou d'autres types de capteurs, l’effection d’autre part qui restitue les données intégrées, et les rend perceptibles par l'homme, explique Samuel Bianchini. Aujourd’hui, les enjeux de recherche concernent plutôt la captation : comment les machines et les images nous perçoivent ?"
Valeurs croisées - installation interactive de S. BianchiniValeurs croisées, installation interactive présentée à la Biennale de Rennes 2008. Un mur est recouvert de 2000 compteurs lumineux monochromes. Suivant les mouvements des spectateurs, grâce à un système de captation vidéo, les compteurs créent l’empreinte numérique des corps.
© Samuel Bianchini


Comme la plupart des productions de l’auteur, niform implique une "participation du spectateur", une "mise en œuvre avec le public", d’où une redistribution des rôles alloués à chacun, artiste et spectateur. Pour Samuel Bianchini, en renouvelant la muséographie, l'approche des artistes qui travaillent sur ces nouvelles formes de création, sur le net et ailleurs, transforme en profondeur les modalités traditionnelles de contemplation de l’œuvre d’art. "Elle induit implicitement une désacralisation de l’art", s’amuse l'artiste, qui attribue au passage à cet état de fait une certaine résistance des milieux professionnels. Le musée en passe d’être relégué au musée ? Bien sûr que non, mais la fin de sa suprématie tant les espaces de diffusion se diversifient, et l’ouverture à d'autres modalités d'exposition, par l’expérimentation notamment. En outre, enrôlé dans le processus de création, le public découvre une nouvelle expérience des médias qui n’est plus à sens unique, entre émission et réception d’un message fixe. En effet, en agissant à son tour sur l’œuvre, le spectateur la modifie.

Enfin, pour les Ateliers de Rennes qui réunissent pour la première fois plus de soixante artistes français et étrangers autour d’une réflexion sur les relations entre l’art et l’entreprise, Samuel Bianchini a imaginé une œuvre au titre clin d’œil, Valeurs croisées. Celui-là même de la thématique retenue par cette biennale d’art contemporain, initiée par un mécène, le groupe agroalimentaire Norac. "Nous avons choisi ce titre, parce que la création de valeurs est une problématique commune à l’art et à l’économie. Aujourd’hui, on marchandise tout, la culture comme le reste, comme si l’humain se limitait aux seules dimensions quantifiables", déclare Raphaële Jeune, commissaire. Samuel Bianchini participe aux SouRCEs des Ateliers, un protocole de résidences d’artistes en entreprise. À la faveur d’un contrat de recherche externalisé, il a conçu, en collaboration avec Orange Labs, réseau recherche et développement de France Télécom, un projet qui interroge cette tendance très actuelle à la "mesure" tous azimuts. Son idée ? Un mur de quelque 2 200 compteurs qui chiffre en temps réel la distance des corps physiques s’en approchant. "Comme l’activité des corps est chiffrée, l’espace d’exposition devient presque un lieu de travail, de mesure de cette activité." Une installation qui prend tout son sens in situ, dans le cadre de cette biennale justement axée sur le monde du travail et de l'entreprise.

Pour Samuel Bianchini, il s’agit aussi de replacer, de manière simple et efficace, l’usager final au cœur de la recherche scientifique. Dès lors, celui-ci n’est plus seulement considéré comme un consommateur de produits technologiques, souvent présentés à travers d’indigestes modes d’emploi. Il est directement associé, l'interactivité impliquant une négociation permanente entre usage et innovation. D’où des dispositifs de co-réalisation, à l’encontre du prêt à consommer (et du prêt à penser). Car sous leurs airs ludiques, les œuvres de Samuel Bianchini véhiculent une éthique : "L’idée d'une évolution permanente des productions m’intéresse, conclut-il. Cet échange entre technologie de pointe et public va dans le sens d’une société de l’intelligence et de l'expérience esthétique partagées, à l’inverse de celui d’une société de contrôle."

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